lundi 14 janvier 2019

Chronique : GRAND FINAL + INRED + BOOTCHY TEMPLE


GRAND FINAL
La mort, LP, CD, Digital
Autoproduction
Le duo guitare / batterie survivant des Dickybird revient avec un album qui vous tarte la gueule ! Vous ratatine les esgourdes et vous ruine le moral. Et on plus cous allez en redemander !
Loin des clichés du duo guitare macho et batterie tenu par la gonzesse ici c’est l’inverse, et Grand Final en remontre à toute la concurrence avec sa Noise rampante son Swamp Rock barbelé tirant vers un psychédélisme noire !
Sur des morceaux courts tout autant que sur les titres qui s’étirent en expérience tribal Noisy Rock Grand Final fait preuve de plus de personnalité que 95 % de la production actuelle !
En plus cet album va sortir en édition limité sous forme d’un coffret de quatre 45 tours illustré par le travail de deux photographes. Du bel ouvrage manifestement !
Tout comme la musique, avec ce son ample et sec, notamment dans les prises de batterie. Cependant la guitare n’est pas en reste, et par dessus tout ça la voix de Doris est un plus indéniable !
Comme l’alligator tapie dans l’onde Grand Final s’apprête à vous bouffer tout cru ! Bien que l’album finisse sur une touche de beauté & de douceur !
[BT]
INRED
Just about anything is possible, CD, Digital
Autoproduit
1er album pour ce quintet parisien qui ne rentre pas vraiment dans les cases ce qui le rend très intéressant ! Entre Rock, New Wave, Indie Pop, Post Punk et bricolage... très post post moderne, presque Art Rock.
Crée par l’ancien chanteur de Baroque Bordello, qui donne ici une nouvelle extension à son inspiration à côté des chemins rebattus.
Les chansons sont ouvragées et ambitieuses. Sans s'étirer elles se donnent le temps de s'immiscer en vous ! 'Arrangements' inattendus et tempos médium, belle voix lead et chœurs discrets ainsi que parfois une 2ème voix féminine... Sonorités bien vues et bienvenues. Du bel ouvrage artisanal fait avec le cœur !!!
[BT]
BOOTCHY TEMPLE
Glimpses, LP, CD, Digital
Howlin’ Banana Rds / Modulor
3ème album pour ce quintet landais qui est obsédé par le Twee Pop anglaise, et une certaine vision de l’Indie Rock américain ligne claire (Rem / Guadalcanal Diary / Beat Happenings).
L’ossature de leurs 13 chansons se fait autour d’une guitare acoustique ou d’harmonie à l’électrique mais avec un petit son presque aigrelet entre les Byrds, le Paisley Underground, la Jangle Pop et le côté plutôt anglais (C86 et Sarah Rds),
Outre que leurs Pop songs sont parfaitement ouvragées, composées idéalement, interprétées avec finesse et mise en son délicatement, les Bootchy Temple réussissent l’exploit d’allier le charme de l’antique et l’ultra modernité de l’Indie actuelle syncrétique.
Les claviers (orgues, piano, synthé vintages) sont utilisé de façon importante mais s’intègrent sans esbroufe, ni excès…
Je les découvre seulement maintenant mais j’ai plongé là-dedans avec bonheur ! Un album bien complet, maîtrisé et excitant !
[BT]

lundi 7 janvier 2019

Chronique : PACERS + ALL-SEEING EYES + WILD ZOMBIES + DIG IT n°73


The PACERS
Forget everything you know, LP
Psych-A-Rella Rds
J’avais déjà été très emballé par leur single précédent, et voici qu’arrive leur 1er album qui me fait gigoter comme si j’avais la danse de Saint Guy. Dans le monde du Revival Sixties ces Pacers frappent fort, très fort !
Entre Garage Sixties Punk à l’américaine et des racines anglaises très évidentes (Mersey Beat et surtout Freakbeat) les 11 chansons ont une class folle !
Entre Fuzz et mélodie l’album des Pacers se positionne bien campé sur ses 2 guibolles afin de tenir la pose parfaite (celle que les plus iconiques des guitaristes arborent sur scène).
Cet album à double détente démarre bien, mais c’est la 2ème chanson qui m’a fait plonger dans la profondeur de sa musique qui sait tour à tour être euphorisante, trépidante, dansante (façon Party!!!) et aussi mélancolique et presque introspective.
Ce qui pour un album de Revival nous met bien au dessus de la mêlée !
Dans le genre la médiocrité ne peut être de mise et les Pacers arrivent avec un disque qui sonne comme une sorte de classique du genre qu’on redécouvre après une longue éclipse, une sorte d’album fantasmé du Garage Revival des années 80 propulsé en 2019 !
Pour situer le nouveau sachez que leur label co-organise, avec Shinding Magasine, des soirées concerts à Londres… voyez le niveau d’exigence !
[BT]
ALL-SEEING EYES
In us we trust, LP, Digital
Mauvaise Foie Rds
Quand les gars de Mauvaise Foie Rds (une bien bonne maison croyez moi) m’ont annoncé qu’ils sortaient pour l’Europe l’album du nouveau groupe de Johnny Walker ex Soledad Brothers et Cut The Hill Gang je me suis à la fois dis qu’ils avaient pêché un ‘gros poisson’ et que ça allait pas mal charclé dans le Blues Trash.
Et finalement pas tant. All-Seeing Eyes c’est un trio dont a section rythmique est constitué de 2 membres du groupe de Cincinnati The Guitars et pas un projet solo, chacun à apporté sa pierre à l’édifice notamment avec plus d’instruments que ce qu’on attend d’un trio (dont des claviers qui viennent enrichir la musicalité du disque).
Musicalement donc All Seeing Red oscille entre Country Blues bien agricole, Swamp Rock et une sorte de Freakbeat rural du Sud profond qui sort un peu de l’ordinaire !
En reprenant parfois des ‘airs connus’ tel cette vieille scie instrumentale de ‘Commanche’ réadapté à leur sauce, ou le ‘Et Moi Et Moi Et Moi’ de Dutronc brillamment réorchestré, All-Seeing Eyes s’attaque aussi au ‘Young Man Blues’ popularisé par les Who (mon groupe préféré de tous les temps) et s’en sort haut la main avec une version intense qui mérite d’exister et qui est très excitante à écouter !
Sur les autres titres de l’album All-Seeing Eyes montre qu’ils ont du talent pour balancer SON truc à lui, qui sans être une véritable révolution les positionne à la croiser de plusieurs chemins, un endroit qu’ils sont les seuls à visiter !
[BT]
The WILD ZOMBIES
Cooked in a fire of ecstasy, LP, CD, Digital
Audiocab Rds
1er album pour ce quatuor toulousain qui à parfaitement trouvé sa place aux désormais mythique Swampland Studio avec Lo Spider qui leur à donné un putain de bon son de ferrailleurs pour leur Voodoo Trash Blues poisseux comme une mangrove et chaud comme un gumbo !
Un groupe qui n’a pas peur d’être primitif, qui aime le bottleneck, le Blues Trash, le Rockabilly, le Swamp Rock, le Garage, le Psycho, le Hillbilly… bref tout une idée du Rock de cul terreux ! Et ils le font si bien !
Un peu comme si un groupe de chez Voodoo Rhythm Rds faisait la bande son de la série TV Treme !
c’est vif, brut, rapide, mais aussi fin quand nécessaire.
C’est du brutal (j’ai connu une polonaise qui en prenait au petit déjeuner).
Play fuckin’ loud comme on dit !
Dans ce schéma musical je trouve que les albums deviennent assez assommant avant la fin, mais ici avec les Wild Zombies il n’en est rein !
[BT]
DIG IT n°73
56 pages A4, 6 euros
Une fois encore voici plein de bonheur de lectures, et de bien bonnes découvertes, sans compter les vieux amis qu’on a toujours plaisir à retrouver !
Donc au sommaire : The Absorptions (où l’histoire d’un faux groupe devenu vrai), Jim Younger’s Spirit à propos de leur 2ème album. Un très long papier sur Will Carruthers le bassiste (entre autre) de Spacemen 3 à propos de son livre de souvenirs + une sélection des travaux de Sonic Boom dans ses divers projets (Spacemen 3, Spectrum… à titre perso j’aurai rajouté Experimental Audio Research, pour ceux qui voudrais découvrir son œuvre : https://sonicboomspacemen3.bandcamp.com) dommage que le bouquin soit qu’en anglais parce que cet article donne vachement envie de le lire.
Un papier sur Nico et les films (le biopic et celui dans lequel elle a jouée), les frenchy Power Pop de TaraKings dont il faut absolument que je me procure l’album !
Une interview de l’écossais créateur et organisateur des soirées Lux Live et un compte rendu en immersion de l’édition 2018.
Une longue présentation du livre consacré à Monsieur Lucas Trouble. Les (excellents) Lullies en interview ! Mister Pachuco raconte l’histoire de son groupe Punk (Marseille au début des 90’s) Bleifrei, une belle tranche de vie !
Une longue et instructive interview de Franck Frejnick co-créateur de Nineteen Something. Une rubrique que j’adore : JJ Says soit une histoire bien Rock narrée par Monsieur JJ Rassler (guitariste entre autre de rien de moins que les DMZ).
Un compte rendu de la version 2018 du Cosmic Trip Festival. Un papier sur mes chouchous écossais de The Primevals. Une interview de Margaret Doll Rod’s à propos de son nouveau projet Heartthrob Chassis. Un long papier sur le copieux coffret The Vintage Years consacré à Wishbone Ash.
Et un long papier (qui n’est qu’une 1ère partie) consacrée à la musique à la Nouvelle Orléans.
A tout ça se rajoute les grosses sections de chroniques disques, et aussi bouquins (notamment celles de l’indispensable Patrick Foulhoux, mais toute la bande aux crayons est constituée de pointures) !
Abonnement 4 numéros pour 24 euros port compris !
En plus de leur fantastique fanzine, l’équipe Dig It réalise une formidable émission de radio hebdomadaire sur Canal Sud à Toulouse, qui s’écoute et se télécharge ici : http://digitradio.unblog.fr/
[BT]