jeudi 22 août 2019

Chronique : TENNIS CLUB + BOOMERANG RAPIDO + BUCK + LEFT LANE CRUISER


TENNIS CLUB
Pink, 10’’, Digital
Elefant Rds
Encore un très beau disque dans la collection de 25 cm ‘New Adventures In Pop’ lancé par Elefant Rds. Ce trio du Missouri pratiquent une sorte de Surf Pop Low budget (mais pas lo-fi) à base de chansons courtes et enjouées, sautillantes et ensoleillées. Qui doit pas mal à des groupes comme les Television Personnalities (mais après un traitement aux euphorisants) ou aux Subsonics (mais en version plage).
A cela on peut adjoindre des éléments de Jangle Pop, des petites choses qui évoqueraient une version proto acoustique de la scène C86 (en effet ici les guitares sonnent claire), et l’innocence de quelques brillants groupes Indie Rock américain de la fin des 80’s (ceux regroupés autour du label K. Rds, et autres Guadalcanal Diary…).
9 chansons Pop sensibles, délicatement ouvragées, et joliment tournées, qui distillent durant une petite vingtaine de minutes une grosse dose de plaisir auditif, et qui font frissonner de bonheur vos terminaisons nerveuses !!!
Délicieux !!!
Et si vous avez envie de découvrir leur 1er album sorti seulement en cassette allez là :
[BT]
BOOMERANG RAPIDO
Rises again,
Bandit Media
J’aime bien le patronyme de ce quatuor d’Oslo qui auto produit son 1er album. Et c’est une très belle réussite !
Ils synthétisent le High Energy Rock’n’Roll comme il s’est beaucoup fait par chez eux, le Garage Punk un peu Revival 80 (comme quelques excellents groupes scandinaves l’ont pratiqués), un rien de Power Pop saupoudré d’un nuage d’Indie Rock.
Avant cet album Boomerang Rapido avait seulement sorti un single. En tout cas au niveau maîtrise technique, sonore et composition ils assurent grave ! Avec notamment un son simple mais efficace comme il faut.
Les 2 guitaristes assurent le plus gros des voix et tricotent joliment des riffs et autres mélodies ce qui constituent le gros des chansons. Celles-ci semblent simplement ici pour procurer du plaisir : manifeste sur les protagonistes du disque, et tout autant pour moi.
Attention ici pas de Goof Punk, ni de Surf niaise, mais plutôt un solide Heavy Rock qui sait que le plus important reste de proposer de vraies bonnes chansons. Celles-ci ne sont pas confites dans le passé et sonnent totalement intemporelles. Donc sans les trucs du revivalisme ce qui reste se sont 9 titres qu’on a encore envie de réécouter !
[BT]
BUCK
Among the fears, LP
Beast Rds / L’Autre Distribution
Surprise quand arrive ce 2ème album de Buck… now there are four. Moi je me souvenais d’eux comme un duo basse / batterie qui jouait une sorte de Swamp Blues cracra et pas bloqué dans le passé. Les voici devenu un ‘vrai’ groupe mais toujours avec une formation atypique puisque se sont adjoint aux 2 autres un saxo et un orgue.
Cette formation non traditionnelle change pas mal la musique de Buck qui navigue un peu dans les environs de celle des Bad Seeds (la tessiture de la voix renforçant aussi cette impression) et pas mal de ces groupes australiens qui mélangent intensité émotionnelle et racines Blues maladives (Burn In Hell…) ou les Chicken Snake ailleurs.
Il y a également quelque chose des Dead Brothers dans la musique de Buck… Bref rien de très gai, mais la pochette noire profond indique bien où on va… dans un marécage épais et triste où on n’arrête pas de pleurer la fin des Cramps, mais où le respect est maximum : donc on ne singe pas leur musique, on retraduit leur univers autrement…
La visite de leur musique nocturne est d’une bien belle beauté (comme on y dit par chez moi) !
Donc leur présence sur Beast Rds est des plus logique ! Cet album s’intègre parfaitement à un univers musical qui n’est pas coincé sur une provenance, une époque, un style, ou un son...
[BT]
LEFT LANE CRUISER
Shake and bake, LP, CD, Digital
Alive Rds
9ème album déjà si on n’inclus pas celui fait en collaboration avec James Leg… pourtant il semble qu’il ai eut une grande importance dans la vie du groupe puisque depuis, et de temps en temps le duo de base s’adjoint un claviériste/organiste… comme c’est le cas sur ce Shake & Bake. Sauf que celui qui joue ainsi avec eux et aussi celui qui à enregistré le disque. Et que les Left Lane Cruiser continuent à tourner à deux. Mais évidement sur disque il peut y avoir une grosse envie d’étendre un peu le spectre musical. Mais sans excès !
Voici donc un nouvel album où la guitare aussi bien qu’à l’habitude (acoustique, corde acier et amplification) la batterie est sèche, et la voix toujours aussi rocailleuse et adaptée aux styles musicaux traversés…
Blues Trash, Boogie de Juke Joint, Death Country… avec âme à fleur de peau. Depuis leur tout 1er album et la claque prise quand je les avais vu à Grenoble au Ciel il y a plus de 10 ans de ça , j’ai toujours plaisir à retrouver les Left Lane Cruiser. Et ça n’est pas ce nouvel album qui va me faire changer d’avis.
10 nouvelles chansons chargées en émotions et testostérones… variées, mais toujours dans la ligne du parti ce qui est une très bonne chose puisque c’est ça qu’on aime !
[BT]

mardi 20 août 2019

Chronique : JORDAN JONES + SINGAPORE SLING + LOUIS TILLETT & CHARLIE OWEN


JORDAN JONES
S/T, LP, Digital
Beluga Rds / Spaghettiy Town Rds
Le plein d’innocence pour ce gars qui débarque de nulle part (du moins pour moi). Et qui arrive avec dans sa musette une belle collection de chansons Pop musclées ayant tout ce qu’il faut, la où il faut et même un peu plus encore : un supplément d’âme.
Sans esbroufe ni excès, voici 10 chansons très écrites et interprétées avec finesse, dans un style qui pourtant pourrait sombrer dans le surplus de chantilly écœurant.
Les arrangements sont importants, et le son bien scintillant, limite clinquant mais EN restant toujours du bon côté de la route. Ce qui est sûrement dû aux éléments très Power Pop (canal historique, mais également versant Indie 90) que contiennent cet album !
Un peu comme si Kylie Craft avait embauché Velvet Crush comme backing band ! Voui voui on est à ce niveau de compos là !
Ça calme je vous dis !
De cet album on tombe amoureux immédiatement, et ensuite on a tellement de plaisir à le réécouter !
Du bonheur en branche !!!!
[BT]
SINGAPORE SLING
Killer classic, LP, Digital
Fuzz Club Rds
En plein trip Suicide / Jesus & Mary Chain, voici venir le 9ème album du gars de Reykjavík… On sait que là-bas ils mettent des trucs bizarre dans l’eau et que ça donne souvent des musiciens très intéressants. Singapore Sling ne déroge pas à la tradition.
Il partage une obsession pour le Rockabilly & les girl groups avec des gens comme les Dum Dum Boys / Sigue Sigue Sputnik, XYZ et les références données en préambules. Tout autant que pour les synthé, les trucs proto électro, certaines scènes allemandes des 70’s, et anglaise de la froidure des 80’s…
Nous voici avec un disque où le travail sur les structures de chansons qui semblent venir des late 50’s / early 60’s est transfiguré par les sonorités des machines, et des effets.
Sans excès car on reste systématiquement dans un format chanson, mais de façon assez passionnante. Ces mélangent aboutissent à une musique pleinement de notre temps !
[BT]
LOUIS TILLET & CHARLIE OWEN
The Ugly Truth, LP
Bang! Rds
Une fois encore les basques de Bang! Rds mettent à disposition des amateurs de vinyle un album originellement sorti uniquement en CD. C’était en 1993 que pour la 1ère fois le musicien, compositeur, chanteur Louis Tillet s’associait avec Charlie Owen (des Beasts Of Bourbon… d’où la connexion avec Bang! Rds), il y aura un 2ème album en 1995.
Autant je suis à fond sur les Beasts Of Bourbon, autant je n’avais jamais entendu parler de ce Louis Tillet (https://www.louistillettmusic.com) avant de recevoir ce lien de promo.
Comme je suis toujours soufflé par ce que réédite ce label, j’écoute l’album plusieurs fois avant de lire quoi que se soit sur les protagonistes…
Voilà un intense album par des gens pour qui la musique est une religion. Un disque pour des auditeurs exigeants et impliqués.
Quant à définir la musique qu’on entend ici… je dirais une sorte de Folk lunaire, un peu Weird, un peu marécageux, un peu Death Country… Avec un léger accent Swamp Rock…
Bref un peu Southern Gothic comme ils le pratiquent down-under !
Cependant ici il n’est pas question d’un duo guitares acoustiques épurés, et certaines chansons bénéficient même d’une instrumentation foisonnante.
Ambiance acoustique et pastorale mais avec une grande profondeur d’âme (pour ceux qui ne l’ont pas encore vendu au diable). Est-ce que vos oreilles et votre cœur est encore prêt pour ce genre de musique incandescente ?
Je vais demander l’asile musicale en Australie !
[BT]

jeudi 15 août 2019

Chronique : LOS PEPES + DIG IT 75 + EMILY FAIRLIGHT


LOS PEPES
Positive Negative
Wanda Rds / Adrenaline Fix Rds
Ce 4ème album démarre en version turbo compressée avec un titre de Punk 77 survitaminé et très speed. Mais comme toujours les Pepes vont montrer qu’ils sont performants en tous terrains et sur tous types de tempos.
Des riffs bien accrocheurs, un son de guitare tranchant comme pour préparer un carpaccio avec vos oreilles, des refrains bien catchy et des chœurs toujours présent parce que c’est ce qu’il faut et c’est ce qu’on aime !
Ici on navigue entre Power Pop, Punk 77, Garage, Surf Pop, Rock éternel et Pop Punk… Avec un groupe qui est tout en haut de la vague avec les meilleurs du genre !!!
Le son bien propre mais agressif met en valeur tous les éléments ici présent : un bien bon chanteur, des guitares qui défouraillent mais pas en permanence, une rythmique super solide et capable de subtilité.
Bien sur les rails, homogène ET diversifié.
Un album qui accroche tout de suite les oreilles, et qui sait rester dans votre cerveau grâce à la diversité de ce qu’il propose, et l’excellente qualité de ses compositions !
Le pied !
[BT]
DIG IT n°75
56 pages A4 noir&blanc, 6 euros
Abonnement 4 numéros 24 euros port compris
Il n’est pas toujours très aisé d’exprimer son plaisir surtout quand celui-ci se renouvelle très régulièrement ! Et c’est bien de ceci dont il est question ici avec cette 75ème (ça calme) sortie de chez Dig It Fanzine ! Il ne doit pas m’en maquer plus de 4 ou 5, et à chaque fois que j’en reçois un dans ma boite aux lettres j’ai une poussée d’excitation tant je sais que sa lecture va me faire découvrir un paquet d’excellents moments de musique que je vais me coltiner pendant de longues semaines, de longs mois… voir de longues années pour les meilleurs…
En plus, bonus non négligeable pour moi, j’y puisse beaucoup d’informations pour mon émission…
Et ce n°75 ne déroge pas à la tradition ! Avec un gros paquets de découvertes…
On démarre fort avec 5 pages consacrées à l’autobiographie en anglais uniquement de Wayne Kramer (du MC5 évidement), passionnant !
On enchaîne avec une longue interview du coupe transcontinental The Courettes, charmant !
Et on a aussi droit à 3 pages d’interview de XYZ le duo de Didier Balducci (Dum Dum Boys, Die Idiots, NON!, Nick Prizu, Mono-Tone Rds) et Ian Svenonius (Son Of Ulysses, The Make-Up, Chain And The Gang, Escape-ism…) qui fait bien envie d’entre la suite en commun, et séparément !
Ensuite se sont les 2 boss de Kizmiaz Rds qui passent à la question pour célébrer les 10 ans du label !
A travers 2 longs compte rendus on compare le Burger Boogaloo Festival et le Funtastic Dracula Carnival… choisis ton camp camarade !
On part sur la côte (enfin cette fois-là en Bourgogne, vous comprendrez en lisant ce n°75) passer un bon moment avec Les Playboys.
On partage une tranche de souvenirs liées à ces inusables Rockers Punk de Les Rats.
On va passer du temps avec de jeunes groupes : Cathedrale (from Toulouse baby), The Rats Of New York (devine ?) et les ariégeois (si si) de Slift.
Avant de (presque) clôturer avec les vétérans toujours verts de Dee Rangers.
Sans oublier 2 rubriques récurrentes que j’adore : les chroniques de Patrick Foulhoux, et le papier de mister JJ Rassler.
Et une grosse douzaine de pages de chroniques de disques (et de bouquins liés au Rock) par les patrons que vous pouvez également retrouver chaque semaine dans le Mighty Dig It Show, la meilleure émission de France consacrée au Garage et ses dérivés ! Tous les jeudis à 21h30 sur Canal Sud à Toulouse et en direct sur www.canalsud.net ! Podcast sur http://digitradio.unblog.fr/ et vous pouvez vous abonner à leur podcast en envoyant un mail ici : digitfanzine@gmail.com
DIG IT !
c/o Armadillo, 32 rue Pharaon 31000 Toulouse
05.62.26.28.57
[BT]
EMILY FAIRLIGHT
Mother of Gloom, LP, CD, Digital
Occultation Recordings / Fishrider Rds
2ème album pour la globe trotteuse Folk néo-zélandaise (le 1er en 2011, ça en fait du temps à voyager et à faire des petits boulots divers et variés pour financer tout ça). Séduit par les très grandes qualités de ce disque (l’excellent) label anglais Occultation Rds à décider d’en assurer la sortie de ce côté de la planète.
Brillante idée !
Car la demoiselle propose un album de Country Folk mondialisé du 21ème siècle (sans sombrer dans la world musique tiers mondiste à la mode) !
Imaginez la puissance émotionnelle des Cowboy Junkies transporter dans notre période d’ultra moderne solitude.
C’est beau à pleurer dans sa bière, et/ou à croire encore à l’être humain.
Beaucoup d’éléments ‘classiques’ de la country et/ou du folk se retrouvent ici : violon, sonorités façon pedal steel, accordéon, cuivres… mais ne sont jamais utilisé de façon pesante, ni disgracieuse.
Car ce qui caractérise cet album beau et profond c’est bien la grâce qui en émane.
Ce disque enregistré à Austin à été fait à 2. Chacun assurant pas mal d’instruments divers et variés qui apportent une profondeur et une densité aux chansons qui sont sublimées par la voix d’Emily Fairlight qui la place dans la grande tradition des fortes femmes qui ont fait carrière sans se laisser marcher sur les pieds !
[BT]