lundi 14 janvier 2019

Chronique : GRAND FINAL + INRED + BOOTCHY TEMPLE


GRAND FINAL
La mort, LP, CD, Digital
Autoproduction
Le duo guitare / batterie survivant des Dickybird revient avec un album qui vous tarte la gueule ! Vous ratatine les esgourdes et vous ruine le moral. Et on plus cous allez en redemander !
Loin des clichés du duo guitare macho et batterie tenu par la gonzesse ici c’est l’inverse, et Grand Final en remontre à toute la concurrence avec sa Noise rampante son Swamp Rock barbelé tirant vers un psychédélisme noire !
Sur des morceaux courts tout autant que sur les titres qui s’étirent en expérience tribal Noisy Rock Grand Final fait preuve de plus de personnalité que 95 % de la production actuelle !
En plus cet album va sortir en édition limité sous forme d’un coffret de quatre 45 tours illustré par le travail de deux photographes. Du bel ouvrage manifestement !
Tout comme la musique, avec ce son ample et sec, notamment dans les prises de batterie. Cependant la guitare n’est pas en reste, et par dessus tout ça la voix de Doris est un plus indéniable !
Comme l’alligator tapie dans l’onde Grand Final s’apprête à vous bouffer tout cru ! Bien que l’album finisse sur une touche de beauté & de douceur !
[BT]
INRED
Just about anything is possible, CD, Digital
Autoproduit
1er album pour ce quintet parisien qui ne rentre pas vraiment dans les cases ce qui le rend très intéressant ! Entre Rock, New Wave, Indie Pop, Post Punk et bricolage... très post post moderne, presque Art Rock.
Crée par l’ancien chanteur de Baroque Bordello, qui donne ici une nouvelle extension à son inspiration à côté des chemins rebattus.
Les chansons sont ouvragées et ambitieuses. Sans s'étirer elles se donnent le temps de s'immiscer en vous ! 'Arrangements' inattendus et tempos médium, belle voix lead et chœurs discrets ainsi que parfois une 2ème voix féminine... Sonorités bien vues et bienvenues. Du bel ouvrage artisanal fait avec le cœur !!!
[BT]
BOOTCHY TEMPLE
Glimpses, LP, CD, Digital
Howlin’ Banana Rds / Modulor
3ème album pour ce quintet landais qui est obsédé par le Twee Pop anglaise, et une certaine vision de l’Indie Rock américain ligne claire (Rem / Guadalcanal Diary / Beat Happenings).
L’ossature de leurs 13 chansons se fait autour d’une guitare acoustique ou d’harmonie à l’électrique mais avec un petit son presque aigrelet entre les Byrds, le Paisley Underground, la Jangle Pop et le côté plutôt anglais (C86 et Sarah Rds),
Outre que leurs Pop songs sont parfaitement ouvragées, composées idéalement, interprétées avec finesse et mise en son délicatement, les Bootchy Temple réussissent l’exploit d’allier le charme de l’antique et l’ultra modernité de l’Indie actuelle syncrétique.
Les claviers (orgues, piano, synthé vintages) sont utilisé de façon importante mais s’intègrent sans esbroufe, ni excès…
Je les découvre seulement maintenant mais j’ai plongé là-dedans avec bonheur ! Un album bien complet, maîtrisé et excitant !
[BT]

lundi 7 janvier 2019

Chronique : PACERS + ALL-SEEING EYES + WILD ZOMBIES + DIG IT n°73


The PACERS
Forget everything you know, LP
Psych-A-Rella Rds
J’avais déjà été très emballé par leur single précédent, et voici qu’arrive leur 1er album qui me fait gigoter comme si j’avais la danse de Saint Guy. Dans le monde du Revival Sixties ces Pacers frappent fort, très fort !
Entre Garage Sixties Punk à l’américaine et des racines anglaises très évidentes (Mersey Beat et surtout Freakbeat) les 11 chansons ont une class folle !
Entre Fuzz et mélodie l’album des Pacers se positionne bien campé sur ses 2 guibolles afin de tenir la pose parfaite (celle que les plus iconiques des guitaristes arborent sur scène).
Cet album à double détente démarre bien, mais c’est la 2ème chanson qui m’a fait plonger dans la profondeur de sa musique qui sait tour à tour être euphorisante, trépidante, dansante (façon Party!!!) et aussi mélancolique et presque introspective.
Ce qui pour un album de Revival nous met bien au dessus de la mêlée !
Dans le genre la médiocrité ne peut être de mise et les Pacers arrivent avec un disque qui sonne comme une sorte de classique du genre qu’on redécouvre après une longue éclipse, une sorte d’album fantasmé du Garage Revival des années 80 propulsé en 2019 !
Pour situer le nouveau sachez que leur label co-organise, avec Shinding Magasine, des soirées concerts à Londres… voyez le niveau d’exigence !
[BT]
ALL-SEEING EYES
In us we trust, LP, Digital
Mauvaise Foie Rds
Quand les gars de Mauvaise Foie Rds (une bien bonne maison croyez moi) m’ont annoncé qu’ils sortaient pour l’Europe l’album du nouveau groupe de Johnny Walker ex Soledad Brothers et Cut The Hill Gang je me suis à la fois dis qu’ils avaient pêché un ‘gros poisson’ et que ça allait pas mal charclé dans le Blues Trash.
Et finalement pas tant. All-Seeing Eyes c’est un trio dont a section rythmique est constitué de 2 membres du groupe de Cincinnati The Guitars et pas un projet solo, chacun à apporté sa pierre à l’édifice notamment avec plus d’instruments que ce qu’on attend d’un trio (dont des claviers qui viennent enrichir la musicalité du disque).
Musicalement donc All Seeing Red oscille entre Country Blues bien agricole, Swamp Rock et une sorte de Freakbeat rural du Sud profond qui sort un peu de l’ordinaire !
En reprenant parfois des ‘airs connus’ tel cette vieille scie instrumentale de ‘Commanche’ réadapté à leur sauce, ou le ‘Et Moi Et Moi Et Moi’ de Dutronc brillamment réorchestré, All-Seeing Eyes s’attaque aussi au ‘Young Man Blues’ popularisé par les Who (mon groupe préféré de tous les temps) et s’en sort haut la main avec une version intense qui mérite d’exister et qui est très excitante à écouter !
Sur les autres titres de l’album All-Seeing Eyes montre qu’ils ont du talent pour balancer SON truc à lui, qui sans être une véritable révolution les positionne à la croiser de plusieurs chemins, un endroit qu’ils sont les seuls à visiter !
[BT]
The WILD ZOMBIES
Cooked in a fire of ecstasy, LP, CD, Digital
Audiocab Rds
1er album pour ce quatuor toulousain qui à parfaitement trouvé sa place aux désormais mythique Swampland Studio avec Lo Spider qui leur à donné un putain de bon son de ferrailleurs pour leur Voodoo Trash Blues poisseux comme une mangrove et chaud comme un gumbo !
Un groupe qui n’a pas peur d’être primitif, qui aime le bottleneck, le Blues Trash, le Rockabilly, le Swamp Rock, le Garage, le Psycho, le Hillbilly… bref tout une idée du Rock de cul terreux ! Et ils le font si bien !
Un peu comme si un groupe de chez Voodoo Rhythm Rds faisait la bande son de la série TV Treme !
c’est vif, brut, rapide, mais aussi fin quand nécessaire.
C’est du brutal (j’ai connu une polonaise qui en prenait au petit déjeuner).
Play fuckin’ loud comme on dit !
Dans ce schéma musical je trouve que les albums deviennent assez assommant avant la fin, mais ici avec les Wild Zombies il n’en est rein !
[BT]
DIG IT n°73
56 pages A4, 6 euros
Une fois encore voici plein de bonheur de lectures, et de bien bonnes découvertes, sans compter les vieux amis qu’on a toujours plaisir à retrouver !
Donc au sommaire : The Absorptions (où l’histoire d’un faux groupe devenu vrai), Jim Younger’s Spirit à propos de leur 2ème album. Un très long papier sur Will Carruthers le bassiste (entre autre) de Spacemen 3 à propos de son livre de souvenirs + une sélection des travaux de Sonic Boom dans ses divers projets (Spacemen 3, Spectrum… à titre perso j’aurai rajouté Experimental Audio Research, pour ceux qui voudrais découvrir son œuvre : https://sonicboomspacemen3.bandcamp.com) dommage que le bouquin soit qu’en anglais parce que cet article donne vachement envie de le lire.
Un papier sur Nico et les films (le biopic et celui dans lequel elle a jouée), les frenchy Power Pop de TaraKings dont il faut absolument que je me procure l’album !
Une interview de l’écossais créateur et organisateur des soirées Lux Live et un compte rendu en immersion de l’édition 2018.
Une longue présentation du livre consacré à Monsieur Lucas Trouble. Les (excellents) Lullies en interview ! Mister Pachuco raconte l’histoire de son groupe Punk (Marseille au début des 90’s) Bleifrei, une belle tranche de vie !
Une longue et instructive interview de Franck Frejnick co-créateur de Nineteen Something. Une rubrique que j’adore : JJ Says soit une histoire bien Rock narrée par Monsieur JJ Rassler (guitariste entre autre de rien de moins que les DMZ).
Un compte rendu de la version 2018 du Cosmic Trip Festival. Un papier sur mes chouchous écossais de The Primevals. Une interview de Margaret Doll Rod’s à propos de son nouveau projet Heartthrob Chassis. Un long papier sur le copieux coffret The Vintage Years consacré à Wishbone Ash.
Et un long papier (qui n’est qu’une 1ère partie) consacrée à la musique à la Nouvelle Orléans.
A tout ça se rajoute les grosses sections de chroniques disques, et aussi bouquins (notamment celles de l’indispensable Patrick Foulhoux, mais toute la bande aux crayons est constituée de pointures) !
Abonnement 4 numéros pour 24 euros port compris !
En plus de leur fantastique fanzine, l’équipe Dig It réalise une formidable émission de radio hebdomadaire sur Canal Sud à Toulouse, qui s’écoute et se télécharge ici : http://digitradio.unblog.fr/
[BT]

lundi 31 décembre 2018

Chronique : SYLVAIN ANSOUX + STEEPLE REMOVE + LOOKERS + SEID + ROCK HARDI n°54


SYLVAIN ANSOUX
Grenoble confidentiel
Le Lys Bleu, 156 pages, 13,40 euros
3ème roman pour cet auteur Grenoblois. Qui cette fois plonge au fond de la cuvette aux confins du Polar et du Roman Noir !
Polar pour le côté enquête en bordure de la petite délinquance des dealers locaux, et de celle en col blanc des politiciens. Roman Noir pour les personnages cassés par leurs passés en zones de conflits ou en zone péri -urbaine, et également pour les minis études sociologiques du terroir de la ‘Kapitale’ des Alpes...
Est-ce que la laideur architecturale de la ville induit la laideur des sentiments des personnages ?
Phrases courtes et ciselées. Intrigue serrée avec de vrais rebondissements étonnants mais cohérents (ce qui, en ces temps de fascination tous azimuts pour les séries télé, est devenu trop rare dans la littérature) et volonté de raconter ce temps et ce lieux totalement maîtrisé !
Une lecture revigorante, stimulante et qui se dévore goulûment !!!
[BT]
STEEPLE REMOVE
Vonal Axis, LP, Digital
Fuzz Club Rds
Ah ben merde alors celui-là je ne m’y attendais pas. Un nouvel album, le 5ème pour le quartet de Rouen, dont j’avais un peu perdu la trace depuis un moment (leur album ‘Radio Silent’ de 2005). Alors qu’ils viennent tout juste d’attaquer leur 3ème décennie d’activité ils dévoilent cette album envoûtant et obsédant !
Leur Noisy Pop planante où les guitares, le Moog et les voix s’interpénètrent dans des sonorités cotonneuses et vénéneuses qui vous enveloppent comme une une plante carnivore dévore sa proie, avec douceur mais définitivement !
Shoegaze, Post Punk, Kosmische Musik, C86, Noise, proto électronique vintage, bricolages, Psyché Pop, Afro Beat… tout cela, et bien plus encore.
Un héritage issus des 5 dernières décennies de musiques Indé et underground, venant de diverses sources, cultures, pays et continents qui sont réaménagé, réinterprété, recolorisé, totalement démonté et refabriqué par les Steeple Remove pour nous proposer un disque farouchement personnel !
Les effets sonores sont au service de mélodies et de chansons qui vous extraient de l’attraction terrestre pour vous embarquer dans leur univers sonore tout personnel. Languide, obsessionnelle, tantrique, tribale, répétitif jusqu’à la transe, les rythmes et les mélodies de cet album sont fait pour forer profond dans votre psyché !!!!
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The LOOKERS
Real things
Bloody Mary Rds
14 chansons dans ce 2ème album après plein de EPs et une co-production avec Mauvaise Foi Rds que j’avais (déjà) adoré !
Musicalement ce trio me fait penser à un croisement entre des groupes dont je suis fans tels quel les Love Boats et les Violent Femmes… comme eux les Lookers cisèlent des Pop songs plutôt trépidantes, up tempo, mélodieuses, accrocheuses et euphorisantes. Mais ils sont aussi capable de moments plus posé et ‘introspectifs’.
On est loin de l’Indie Pop ‘traditionnelle / traditionaliste’ avec les Lookers. Ils aiment les guitares en son clair, un peu aigrelets comme dans la Jangle Pop et le Paisley Underground, mais il est fort compliqué de les caser dans une catégorie musicale et ça c’est très rafraîchissant, comme cet album très bien construit, où les chansons se répondent et se renvoient la balle avec beaucoup de style et d’élégance, formant un tout cohérent, efficace et qui vous booste bien au cul !
[BT]
SEID
Weltschmerz, Baby!, LP, CD
Sulatron Rds
J’aime bien les sous titres que ces norvégiens donnent à leur musique : ‘Cosmic Pirate Rock’ et ‘Hard psych, cosmic prog !’.
Avec ça vous n’êtes pas très loin de ce qui vous attend sur ce 5ème album.
Un vrai Rock très aventureux, probablement chanté en norvégien, en tout cas dans une langue qui est assez inhabituelle et qui nous sort des schémas mentaux traditionnels, comme leur musique a le même objectif ça se marie parfaitement !
Basée sur les claviers, divers et variés, sur les effets sonores/soniques, les guitares la musique du quatuor (et de ses nombreux guests) marie très harmonieusement de nombreuses traditions musicales : Psych Rock / Kraut / Prog / Pop… avec une attitude qui pourrait les faire flirter avec la musique de film.
Empruntant des éléments de diverses décennies (60’s, 70’s, 90’s, soit le moment ou Seid s’est formé, et même plus récents encore), ainsi qu’à une certaine tradition de musiques aventureuse de Scandinavie (les jazzmen ‘avant garde’ suédois, Jimi Tenor…) Seid produit un album qui est loin du revivalisme psyché putassier actuel.
C’est bel et bien un disque d’un Rock qui n’a pas peur de s’extraire de la pesanteur du monde (ultra) moderne !
C’est tout simplement beau ce voyage à travers diverses aires géographique réelles et imaginaires !
[BT]
ROCK HARDI n°54
68 pages A5 + CD sampler, 8 euros
En voilà une bonne idée que de mettre les pétillantes BABY SHAKES en couverture ! Ici on adore leurs albums et on s’est régalé de leur concert de Romans Sur Isère il y a quelques mois !!! Donc c’est le pied de lire leur interview dans ces pages !
Egalement interrogé dans ces pages Thierry Salet qui vient de publier le livre « La France et Johnny Thunder » chez Julie Editions, dont le boss et aussi dans ce n°54. La section spéciale Johnny Thunder se termine avec une très intéressante sélection de 10 de ses chansons.
Parmi ceux qui passent à la questions du Rock Hardi il y a quelques unes de mes découvertes préférées de 2018 comme PLEASURES et The JONES. Ainsi que les inusables Pat Kebra (qui nous parle des rééditions numériques des disques d’OBERKAMPF), et LoneSome DoG qui nous narre l’aventure de son Arkestra !
En lisant ce nouveau Rock Hardy je dois me pencher sur le cas de TEENAGE HEARTS et Les VINCENTS plus celui des hollandais de The KRYNG sans oublier les californiens de BLACK MAMBAS.
Un n°54 qui contient aussi d’abondantes et pertinentes chroniques de 45 tours, de livres consacrés au Rock, de polars, de Bds, et évidement d’albums…
Comme toujours Rock Hardi arrive avec son CD sampler qui contient des titres de : Les Vincent , The Jones, The Kryng (2), LoneSome DoG Arkestra(2), Pleasures (2), Teenage Hearts (2) et Oberkampf (2).
Que du bonheur !
[BT]

jeudi 27 décembre 2018

Chronique : JAGGER HOLLY + PHONE JERKS + DUNCAN REID + THIERRY FROGER


JAGGER HOLLY
The last of the international playboys, LP, CD, Digital
Monster Zero Rds / Mom’s Basement Rds / Outloud Rds
Jagger Holly c’est le guitariste chanteur compositeur qu’on avait déjà repéré dans les Spastic Hearts et Johnie 3. Il exerce désormais son ministère sous son ‘propre nom’, et sort là son 2ème album qui réunira derrière sa bannière tous les fans de Power Pop, de College Rock, de Pop Punk de Glam, de Garage Pop, de Bubble Gum, de Punk 77… bref si votre truc c’est les Pop song musclées alors jetez-vous sur cet album c’est une usine à tubes !
Vous aimez les mélodies sucrées qui se retiennent immédiatement, les chansons qui balancent, le Rock qui botte le cul… ben sachez qu’ici vous trouverez le traitement qu’il vous faut !
Simple, direct, efficace, indémodable !!
[BT]
PHONE JERKS
S/t, LP, Digital
Alien Snatch Rds
Punk Garage Punk Budget Rock (enfin pas complètement cradingue quand même, plutôt l’état d’esprit que le clicheton ultra lo-fi inaudible) un peu des Ramones des tout tout débuts. Pas mal de trucs façon Rip Off Rds mais là aussi sans les clichés.
Je me dis même que ce quatuor canadien à peut-être pas mal écouté de trucs de chez Lookout Rds pour le côté mélodies jouées ultra vite mais en restant catchy.
La voix de la batteuse sur certains titre en lead, souvent sous forme de cris, de chœurs ou de deuxième voix apporte beaucoup à l’ensemble. Et se marie tellement bien avec la voix éraillée mais mélodieuse et bien Punk’n’Roll du lead singer !
Ça chauffe sur les riffs aussi avec une belle connexion Punk 77 qui contribue à sortir cet album de la formule Garage Punk rapide. De même que certains emprunts au Rock’n’Roll 50’s.
[BT]
DUNCAN REID & The BIG HEADS
Bombs away, LP, CD, Digital
Little Big Head Rds
Moi ce qui m’époustoufle c’est la capacité de ce monsieur à écrire encore et encore des putain de Pop songs qui sonnet si évidente à la première écoute et reste en vous comme des tubes ressurgissant à chaque écoute comme des classiques inusables !
Un fois avec son gang Duncan Reid propose un album (le 3ème) rempli de mélodies sucrées et musclées. Une sorte de bréviaire de tout ce qu’on aime dans la Power Pop, avec petite touche de ce qu’on a appelé New Wave aux commencement (Costello, Joe Jackson) pour le traitement du son, un poil de Bubble Gum pour le côté aérien et de Glam pour les paillettes.
Tout ça pour sublimer des mélodies ultra catchy qui se fraient un chemin dans tous votre corps, de la tête aux genoux… Du cervelet au cerveau reptilien !
14 chansons réjouissantes, entraînantes, enthousiasmantes et jamais jamais lassantes !!!
[BT]
En concert : Mardi 29 Janvier : The MORLOCKS (Légendes Garage Punk, Usa) + DUNCAN REID & The BIG HEADS (Power Pop, Uk), à La Cordonnerie, à Romans Sur Isère
THIERRY FROGER
Les nuits d’Ava
Actes Sud, 300 pages 20 euros
2ème roman pour cet auteur français contemporain qui m’a totalement embraqué (ce qui est extrêmement rare de la part d’un frenchy vivant).
La langue du monsieur et simple mais le vocabulaire très précis. L’histoire mêle plusieurs temporalités, des vies et des personnages divers et variés : le narrateur (double de l’auteur ?) qui part de presque notre époque contemporaine pour une quête fantasmagorique de 4 photos de nus d’Ava Gardner, posant en reproduisant 4 fameux tableaux de nus, dont ‘L’origine du monde’. On croise donc ici Courbet (le peintre bien évidement), la sublime actrice et quelques personnes qui tournèrent autour (Sinatra, Castro, Hemingway, Fellini, un chef opérateur, Howard Hugues, un ou des mafieux), une ex femme, une fille, un pédant professeur d’Histoire de l’Art…
Si très souvent ce type d’histoire qui mêle les narrateurs et les périodes me paraissent très souvent factice, une sorte de tic contemporain de la littérature qui à piqué ça au cinoche ou aux séries TV une sorte de morceau de bravoure souvent très vain. Avec ces Nuits d’Ava il n’en est rien !
Ce livre est une jolie réflexion sur l’Art, les icônes, la beauté, les mythes, la nostalgie, le temps qui effiloche…
C’est délicat, beau et prenant.
« Retrouver les choses premières,
La beauté d’Ava Gardner »
(Alain Souchon)
Ce qui est réussit dans ce roman !
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lundi 17 décembre 2018

Chronique : EMBROOKS + TRANCE + ZERODENT + JUSTINE & The UNCLEAN + RUMJACKS


The EMBROOKS
We who are, LP, CD, Digital
State Rds
Retour de ce trio séparé (à l’amiable) depuis 2005. Ils/elle avaient déjà publié un single en 2016 annonciateur de leur réactivation. Ils/elle auront pris le temps de peaufiner leurs chansons (12) pour donner ce très bel ouvrage !
Entre Garage Punk Sixties / Freakbeat / Weird Folk / Pop aérienne on prend tout ça et on le mélange. On secoue fort et ça aboutit à un cocktail bien puissant, très goûtu, qui sait vous enivrer sans vous arracher la tête pour autant !
Il faut dire que les 3 membres du groupes ont un gros pédigrée dans la (les) scène Revival Sixties, un vrai talent, de la fraîcheur à revendre, et du plaisir à jouer !
Ça s’entend très nettement ici sur des compositions extrêmement abouties, très travaillées, avec des ‘arrangements’ simples mais très très efficace. Et un son puissant & clair qui est parfait pour ce genre de musique !
Du bien bel ouvrage !
Oui ! Un retour qui fait plaisir et ravigote les oreilles ! Et le cœur !
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The TRANCE
Farewell to a world untorn, LP
Time For Action Rds
Voici pour la 1ère fois en vinyle une version remasterisée et avec 3 titres bonus de l’album des autrichiens de Trance. Ça nous replonge dans la scène Re Revival Mod des 90’s qui à marquée l’Europe de quelques groupes excellents ayant une carrière et un impact limité, mais des albums vraiment très bons !
Et c’est le cas ici ! Et pas qu’un peu !!!
Déjà à l’époque on parlait de cet album avec admiration. Et le nombre d’années écoulées n’ont pas altérées son charme au contraire.
Constitué de membres (ou ex) de The Jaybirds (autres tenant du Re Revival Mod du continent) The Subcandies, The Road le quatuor mélange de façon extrêmement personnelle Hammond 60’s Groove, un son & des riffs tendus et cristallins qui doivent autant au Mod Revival qu’au Paisley Underground, et pas mal d’éléments de Freakbeat.
Mais surtout ce qui marque sur ces 12 chansons c’est que The Trance ne s’est pas limité dans sa créativité et à fait bien autre chose que de recracher ses influences. Conservant seulement des sixties l’ambition de créer une musique qui n’appartient qu’à eux.
Certaines chansons sont en ruptures avec les autres ce qui contribue à la richesse et à l’intensité du disque, son unicité, et son intérêt. Et ça ne nuit même pas à sa cohérence…
Si parfois l’utilité de certaines rééditions m’échappent totalement, ça n’est pas du tout le cas de ce disque. Qui allie le charme de l’ancien, l’innocence et la naïveté des œuvres de jeunesse, la maturité musicale, et l’ambition tout en restant groovy & sexy.
Edition limité à 200 exemplaires (dont la moitié en version couleur).
[BT]
ZERODENT
Landscape of merriment, LP, Digital
Alien Snatch Rds
Ce groupe qui publie là sont 2ème album est de Perth, mais ne fait pas dans la Power Pop dans la tradition de la ville. Mais plutôt une sorte de Punk... mais loin du cliché. Puisant un tout petit peu dans le Post Punk, dans le Hard Core californien des tout début (l’état d’esprit de la musique libre plutôt que les clichés venus plus tard), et même un peu de la No Wave (là encore plutôt l’esprit ouvert).
En fait il n’est pas simple de raccrocher Zerodent à une ‘scène’ et c’est très bien ainsi.
C’est ce qui donne sont intérêt à cet album. La multiplicité des moods et ambiances. Parfois proche de l’Art Rock, à d’autres moments teintées d’Indie Rock.
Tendues et serrées ces 12 chansons sont capable de respirations, de contre temps et de brisures de rythmes, de mélodies et parfois même d’un peu de groove ! Plutôt minimaliste, mais jamais clichées
Zerodent viendra tourner eu Europe en 2019. Excellente nouvelle ça !
Alors on se prépare à les recevoir en réécoutant cet album follement réussit !
[BT]
JUSTINE & The UNCLEAN
Heartaches and hot problems, CD, Digital
Rum Bar Rds
Du Rhum, des femmes et… des bonnes chansons ! En l’occurrence 6 sur ce nouveau mini album de Justine & the Unclean. Qui va faire frémir tous les fans de Glam / Power Pop / Garage avec chant féminin !!!
Dans le genre c’est une de ces sucreries à laquelle il n’y a pas moyen de dire non.
6 superbes chansons plutôt mid tempo, totalement intemporelles et idéalement cuisinées comme on aime ! Le régal du palais et des oreilles ! Le genre de disque qui vous fais frémir du bout des orteilles jusqu’à pointes de vos cheveux. Un disque qui s’écoute encore et encore, entre autre pour sa capacité à donner de la joie et une pèche d’enfer !
Ce quatuor mixte (2 femmes, 2 hommes) de Boston propage ce que cette ville à toujours donné au Rock : de la sueur, des mélodies, du fun et des putains de bonnes chansons !
Elles/ils ont déjà publié un album sur le même label. Je vais me jeter dessus dès que j’ai fini mon overdose de ce Heartaches & Hot Problems !
[BT]
The RUMJACKS
Saints preserve us, LP, Digital
Autoproduction
4ème album pour ce quintet de Sydney, qui pratique un Celtic Punk qui tire pas mal vers le Folk. Sorte de croisement idéal des Pogues et de les Dropkicks Murphys.
J’aime beaucoup cet album pour ces titres les plus Folk Punk, et aussi pour ceux qui partent vers le Street Punk. En revanche ceux qui sont dans une veine Ska Punk me casse les pieds (comme en toujours le Ska Punk).
Cependant le bilan de ce disque est très largement ‘bénéficiaire’ avec 10 titres sur 12 qui collent bien au plafond. Capable de variété dans les chansons, et de l’une à l’autre les Rumjacks ont le mérite de ne pas lasser avec un album trop monolithique !
La voix du chanteur / leader / compositeur est vraiment faite pour ce genre de musique. L’apport d’instruments ‘traditionnels’ est un gros plus, et les quelques collaborations (The Real McKenzie, Mickey Ricksaw) sont judicieuses également.
Un très bon album, enregistré en Italie ce qui est plutôt rare de la part d’un groupe australien… qui comme beaucoup de ceux de down under trouve pas mal de soutien en Europe !
Et ça se comprends !
[BT]