mardi 17 septembre 2019

Chronique : EZRA FURMAN + CONTROL FREAKS + PSYCHOTIC YOUTH + LYSISTRATA


EZRA FURMAN
Twelve nudes, LP, CD, Digital
Bella Union / PIAS
Mince alors je découvre ce ‘jeune homme’ alors qu’il sévit depuis au moins 2007 sous diverses formations dont il est le chanteur / guitariste / compositeur / leader… faut dire qu’il met en avant une forte personnalité, manifestement hyper sexuée et transgenre…
Ce Twelve Nudes est, si j’ai bien compté le 8ème album qui porte son nom…
Il se dit très marqué par ‘Transformer’ de Lou (lou) Reed et Jay Reatard, deux belles figures tutélaires qui n’écrasent pas le petit gars de Chicago qui à l’air de bien se ficher de tout, hors le fait de produire de bons disques.
Et ici, il y parvient parfaitement !
Ce qui me donne indéniablement très envie d’écouter se œuvres précédentes !!
Ce Twelves nudes démarre brillement, et tambours battants avec une chanson vindicative, sauvage et vicieuse qui vous attrape par les burnes. Un instant hit !
La suivantes et une sorte de Mid-tempo limite balade maladive et bancale qui évoque un Kylie Craft vénéneux ! La class ultime, baby ! En plus le Rock de chiffons, le mascara, le vernis à ongle moi c’est bien ma came.
Parfois les chansons font penser au malaise doucereux que savait si bien créer Franck Black quand il s’intéressait encore à la musique et avait des choses a exprimer…
Bref, des œuvres comme celle-là il n’en tombe que fort rarement entre mes esgourdes, mais à chaque fois elles réchauffent la vie et la rend vraiment supportable ! Le genre de disque truffé de petites pépites qui donnent envie d’empoigner une guitare !
Tout ça est si simple, limpide et évident qu’on se demande pourquoi les autres n’arrivent pas à en faire autant !?!
Pour le moins : l’album du mois !!!!
[BT]
The CONTROL FREAKS
She’s a Bomb, LP, Digital
Slovenly Rds
Et voici le 2ème album de ce quartet de San Francisco qui se réclame du Budget Rock (dans l’esprit, bien plus que dans le son). Donc pas étonnant que Slovenly Rds ait craqué sur leur musique !
Une sorte de Fast Garage Punk comme on le faisait bien dans les 90’s… mâtiné de Punk 77. Avec une indéniable touche Power Pop (ultra musclée), et des clin d’œil Pop Punk de fort bon aloi !
L’alternance des voix masculine et féminine (qui parfois se retrouve aussi sur une même chanson) est un apport important à l’intérêt pour cet album, même si au final les tessitures des 2 sont assez proche.
Roulements de toms, backbeat, mid tempo, clap hands… sur des bases qui restent simples les 13 chansons ici présente montrent une variété bien Rock’n’Rollienne !
Riffs, hooks, cisalements guitaristiques… chœurs, mélodies… les chansons ont tout ce qui faut, là où il faut pour accrocher les oreilles et le cœur de tout amateur de Rock qui se respecte ! Car les Control Freaks (j’adore leur nom) ont une vraie capacité à écrire des titres mémorables, et à agencer leur album pour que l’intérêt soit constant !
Un orgue apparaît même et les Control Freaks lui apporte un traitement fort intéressant, sexy, judicieux et puissant…
Le pied, Baby !
[BT]
The PSYCHOTIC YOUTH
21, LP, Digital
Waterslide Rds / Red West Production
Une paire de mois avant que ne sorte sur Dangerhouse Skylab un 12 pouces contenant 6 titres de ces vétérans suédois (un disque dont le titre ‘Straigt From The Garage’ indique bien l’orientation https://dangerhouse.fr/skylab.php et dont je vous reparlerai bientôt), voici leur 10ème album studio.
10 déjà !
Le précédent était chez Screaming Apple, celui-ci fait voyager puisque que c’est une co-prod entre le Japon et la Suède. Avoir autant la bougeotte rien de plus normal pour un groupe qui à toujours assumé / affirmé un esprit Surf.
Ce qui nourrit sa Power Pop… qui s’adjoint également de nombreuses touches Garage Sixties.
Il faut être prudent avec cet album car de prime abord on se retrouve à se dire : ok, c’est de la Power Pop assez classique… foutrement bien faite, mais…
Mais, mais au bout de 5 ou 6 chansons on est à fond immergé dedans !
Et on se retrouve très emballé par cette collection de 15 chansons où l’efficacité prime avant tout. Les Psychotic Youth sont sur le pont depuis 1985 et continuent à faire ça pour le plaisir. Le leur est évident ! Le mien tout autant !
Beaucoup de guitares scintillantes dans un esprit purement Power Pop, des chœurs comme c’est toujours nécessaire, des mélodies comme s’il en pleuvait, une rythmique simple et efficace, et parfois un orgue discret en soutient !!!
Du fort bon ouvrage, qui régalera tous les fans du genre !
[BT]
LYSISTRATA
The thread, LP, CD, Digital
Vicious Circle
Ces jeunots débarquent avec une très flatteuse réputation de tuerie live, donc j’attendais ce disque avec impatience.
Et j’ai pas été déçu.
Bizarrement le 1er titre m’a fait penser au Down By Law de la meilleure époque qui aurait tourné Art Rock. Etonnant. D’ailleurs c’est ce qui rend cet album attachant et passionnant de bout en bout : ces collisions stylistiques au sein d’une même ‘chanson’. Imaginez un Fugazi de 2017 copulant avec un At The Drive In qui serait revenu en forme ! Avec une touche de Hot Hot Heat et des Hot Snakes… Mais en fait Lysistrata ne ressemble à personne (et va même jusqu’à piquer au Hard Core mélo parce qu’ils s’en fiche, seul compte le résultat).
Les petits Punk de Lysistrata peuvent en remontrer à Metz et autres Fidlar concernant la ‘furiosité’ et ils pondent aussi des morceaux en biberonnant du Noise Rock, du Trash Punk, de l’Indie Rock, de la Pop ultra musclé... Avec une morgue toute anglaise (ou new yorkaise).
Le son sec comme un coup de trique et, ultra puissant de cet album vous saute à la gueule comme peu de disque l’ont fait ces dernières années. Mais attention si Lysistrata vous agressent jamais ils ne vous violentent car c’est tellement bon que non seulement on est consentant mais on en redemande !
Ils sont fichus de s’embarquer dans des titres de 8 mn et de les faire sonner comme une décharge Punk d’1’30. Et d’amalgamer des éléments Post Rock / Math machin sans être ni chiant ni pompeux. En fait quel que soit le format leur impact est imposant !
[BT]
En concert : Samedi 21 Septembre : FAT WHITE FAMILY (Indie Rock, Uk) + YAK (Indie Rock, Uk) + LYSISTRATA (Indie Punk) + The PSYCHOTIC MONKS (Psych Post Punk) + DECIBELLES (Indie Rock Noise) + BANDIT BANDIT (Psych Rock duo), au Transbordeur, à Villeurbanne (69)
Et :
Samedi 12 Octobre : LYSISTRATA (Indie Punk) + KORTO (Psych Rock), à Château Rouge, à Annemasse (74)
Et :
Vendredi 15 Novembre : Vicious Circle Tour, avec : LYSISTRATA (Indie Punk) + IT IT ANITA (Indie Noisy 90, Belgique), aux Abattoirs, à Bourgoin Jallieu (38)

vendredi 13 septembre 2019

Chronique : COCKROACH CLAN + DAVID WOODCOCK + CHUCK NORRIS EXPERIMENT


COCKROACH CLAN
Songs About Blunt Knives and Deep Love, LP, Digital
Fysisk Format
3ème album pour ces vétérans norvégiens, après un hiatus de 22 ans avec le précédent. On entend ici des nouvelles versions de leurs anciens titres (mais qui les connais ?) et de nouvelles chansons. Une collection de 12 titres qui vont faire sauter de bonheur les fans de Street Punk.
Les Cockroach Clan réussissent à préserver le parfait équilibre entre gros son qui sied parfaitement à leur style et les mélodies accrocheuses de leurs chansons.
La voix de leur ‘leader’ est parfaite pour ce type de musique se plaçant dans la lignée Cock Sparrer, The Oppressed, Argy Bargy... avec quelques fragrances Celtic Punk qui 'modernise' un peu les références et donne beaucoup de fraîcheur à leur style ! D'autant qu'ils savent bourriner et forcer sur la rythme tout à fond, quand il le faut
Ça faisait presque 5/6 ans que je n'avais pas écouté un album de Street punk aussi emballant !!!!
Assez classique, mais avec une PUTAIN d'efficacité ! Le genre de disque qui ne te détartre pas les dents mais te pète les ratiches !!!
[BT]
DAVID WOODCOCK
Normal life, LP, CD, Digital
Blow Up Rds
2ème album pour le monsieur, plus de 4 ans d’attente, mais vu la musique très ouvragées qu’il pratique ça n’a rien de très étonnant.
Une musique qui à un vaste registre... Entre Divine Comedy et Ricky Lee Jones... sans être influencée par l'une ou l'autre. David Woodcock à un état d'esprit qui ne le bloque pas dans un style. Et des capacités musicales qui lui donnent la possibilité de composer et interpréterêter la musique qu'il a en tête.
Nous voici avec 13 chansons entre Pop Music, Piano Bar (pour le côté mélancolique, et la diversité des rythmes utilisés), Art Rock, avec un regard vers les bandes originales de films, le cabaret, mais sans sombrer dans les délires de musiciens pour musiciens. Jamais David Woodcock n'oublie qu'il compose des chansons.
Simplement il veut qu'elles soient TOUTES unique et travaillées avec grands soins. Sans prétentions, ni excès, mais avec la précision de l'artisan fier de son travail.
Fier à juste titre tant cet album au long court (enregistré sur une période de 2 ans) avec la richesse mélodique et instrumentale qui le caractérise, est là pour durer !
Comment je le sais ? Je l'ai reçu courant juin... ça fait déjà plus de 3 mois que je vis avec. Et chaque fois que j'y reviens je me régal et découvre de nouvelles choses.
Car si la musique est 'complexe' c'est sous le masque de la simplicité et de l'efficacité que ça apparaît.
Un album au charme immédiat. Tout autant qu'une œuvre qui distille ses mélodies en vous progressivement !
Jamais mou ou mièvre cet album plein de vie prouve que la vie normale de David Woodcock est bien plus belle que la votre alors à nous de la piller !
[BT]
CHUCK NORRIS EXPERIMENT
Shortcuts, 7 inchvinyl album, CD, K7, Digital
No Balls Rds
Le quintet suédois sort son nouvel album en format 45 tours… Si si car il contient 10 titres en 12 mn !
Ça dépote mon pote !
Et ce sont les allemands de No Balls Rds (j’adore ce nom de label) qui s’offrent ce petit plaisir pour célébrer leur 100ème sortie !!! Avec une fois encore avec les Chuck Norris Experiment une édition limité
Je serai bien en peine de dénombrer combien d’album ils ont enregistré depuis 2005 (et concernant les singles digitaux ou non c’est encore plus compliqué).
Compliqué ce n’est pas ce qu’on peut dire de leur musique.
Un Punk Garage Punk comme on en faisait dans les 90’s : puissant, clair, mélodieux, rugueux et agressif. Toujours maîtrisé. Court, percutant, parfois rapide mais jamais inaudible.
Des chansons, des vraies !
Rythmées. Très rythmées.
Et qui n’ont pas besoin de s’éterniser !!!
Le top du genre !
[BT]

jeudi 5 septembre 2019

Chronique : EMPIRE STRIKES + The CRAVENS + STONER de Jean-Charles DESGROUX


The EMPIRE STRIKES
Charms, LP, Digital
Ghost Highway Recordings / Savage Magic Rds)
Voici venir le 3ème album de ces finlandais dont j’avais plusieurs fois vu passer le nom sans jamais écouter leur musique. Mais là vu qu’ils viennent bientôt jouer à Chambéry, et que cet disque tombe chez Ghost Highway qui est un bien beau label, je m’y suis attelé. Et je me suis trouvé fort décontenancé… ce qui n’arrive plus si souvent !
Surpris par ce Rock parfois bien ‘n’Roll assez clinquant, scintillant, produit et généreusement arrangé (chœurs féminin, claviers, cordes, cuivres…), presque ‘commercial’… en tout cas taillé pour passer sur certaine Radios.
En fait cet album me fait penser à ce que le David Johansen des grandes années ferait comme musique s’il était versé dans nos années actuelles… Avec une petite (toute petite) touche Hair Metal des 80’s. Et pour le versant le plus musclé du disque un peu de l’esprit High Energy Rock’n’Roll…
Bref on est loin du Rock de bourrin dont je vous abreuve régulièrement. Mais pas très loin quand même car on sent bien des influences allant du Heavy R’n’R au Punk 77. Mais le tout est mâtiné d’arrangements luxuriants et d’une production qui met tout ça en valeur !
Ce qui donne au final un album très équilibré et varié. Avec des tempos et des moods différents (voir divergents) du plus musclé au plus mélodieux… ça rend l’écoute très riche et bonifie le disque à chaque passage !
[BT]
En concert : Mercredi 2 Octobre : The EMPIRE STRIKES (Solid Rock, Finlande), au Brin de Zinc, à Chambéry – Barberaz
The CRAVENS
The dark side of love, CD, Digital
Autoproduction
Les membres de ce groupe sont en activité dans divers groupes depuis la première moitié des années 80, pour des ‘carrières’ sans doute riches en expériences mais pas forcément marquantes de ce côté-ci de l’Atlantique.
The Cravens existent depuis 2013. Comme le donne à penser le titre de cet album le quintet floridien se concentre sur le song writing, dans la grande tradition américaine !
Entre Rock, Folk, et Country voici 7 GRANDES chansons qui sont loin des clichés Americana (poussière, grande dépression, grands espaces…) !
Ici on a des guitares mélodieuses et scintillante mais sans excès dans l’éclat qui tissent leur toile servant d’écrin aux voix (lead et chœurs) au service de CHANSONS !
Ça se déguste comme votre vin préféré, c’est à dire à n’importe quel moment de la journée pour vous fournir cette petite dose de bonheur qui donne tout son relief à la vie.
Manifestement ici il est question que du plaisir de jouer tous ensemble sans objectif ‘commerciaux’ juste de la sueur et des bonnes vibrations… Voilà comment ça devrait toujours être !!!
[BT]
JEAN-CHARLES DESGROUX
Stoner – Blues For The Red Sun
Editions Le Mot Et Le Reste, 307 pages, 22 euros
Je craignais le pire en m’attaquant à la lecture de ce livre. Car je suis très très fan de ce ‘sous genre’, allant parfois jusqu’à la complaisance envers certains groupes plutôt moyens inclus dans cette scène…
Quand je suis de méchante humeur (ce qui m’arrive de plus en plus souvent) je dis que le Stoner est l’étiquette qui a été inventée pour fourguer du Hard Rock aux crétins de fans d’Indie Rock ! (Ah oui, très important pour comprendre la suite, j’ai été, je suis et je serai toujours un Heavy Metal Kid !!!).
En me penchant sur la cas de l’auteur j’ai découvert que Monsieur Jean-Charles Desgroux avait déjà publié une bio d’Alice Cooper (et une d’Iggy) ainsi qu’un bouquin chez ce même éditeur intitulé “Hair Metal – Sunset Strip Extravaganza!” ce qui force mon respect !!! Et pas qu’un peu !
Revenons à ce « Stoner », la première partie du livre est très écrite (mais dans le bon sens du terme) racontant les genèse et l’histoire de ce courant d’avant ses prémisses jusqu’à nos jours, avec de grosses parties (obligatoires) sur Kyuss et Queen Of The Stone Age (2 groupes qui perso m’ennuient, mais qui sont évidement indispensables).
Après une longue première partie sur le Desert et les balbutiements de la scène (qui est ultra plaisante à lire) s’enchaînent de courts chapitres sur quelques incontournables groupes… parfois un peu trop courts à mon goûts, mais ils seront également présenté sous forme de ‘chroniques’ de leur disque iconique dans la dernière partie du livre.
Et après ces analyses globalisante on se régale de 100 critiques détaillées d’albums.
Des incontournables bien sûr mais aussi souvent (en tout cas pour moi) des groupes dont je n’avais entendu parler ‘ni des lèvres ni des dents’ (courtesy of Claude Vanony).
Les choix personnels de l’auteur et donc totalement subjectifs… ce qui fait que je me suis bien régalé à les lire tant ça m’a donné l’occasion de débats interne du genre : « moi j’aurai pas choisit cet album là de Fu Manchu, ni celui-ci de Torche… » car la musique c’est le meilleur univers pour faire preuve de mauvaise foi et c’est tellement bon !
Tout comme ce livre !
[BT]
Mercredi 11 Septembre : Quizz Stoner + rencontre dédicace avec Jean Charles DESGROUX au Farmer, à Lyon. 19H00