mardi 21 avril 2015

Chroniques : PARLOR SNAKES + DEPARTURE KIDS + OWUN + MUSHROOM CAFFEINE



PARLOR SNAKES
S/t, LP, CD, Digital
Hold On Music / Wagram
La vache il est drôlement balaise ce disque. Et comme sa pochette le laisse penser : incandescent !!!
Rock avec quelques accents bluesy, mais résolument moderne, jamais revivaliste ou passéiste, bien que totalement conscient de l’Histoire qu’il perpétue. Des accents Pop, parfois même Indie, et aussi un petit côté Garage plus des fulgurances ‘noisy’ jamais grossières, et surtout 11 excellentes chansons, où les mood et les tempos sont variés et permettent une installation profonde dans la musique de Parlor Snakes si remplie d’intensité !
Ce 2ème album les parisiens sont allé l’enregistré chez Matt Verta Ray qui leur a sculpté l’écrin idéal pour leur musique : soyeux mais Rock quoiqu’il arrive !!!
Si le groupe n’hésite pas à composer des ballades c’est surtout la voix et la guitare qui se taillent  forcément la part du lion. Et ceci grâce à une rythmique qui tisse la sous couche idoine pour cette musique : inspiré, diverses, précise et chaude. Parfois la présence discrète de l’orgue vient encore renforcer l’impact des chansons qui vous explosent toujours en bouche en un bouquet de saveurs revigorant !
A retrouver en interview dans le nouveau et 135ème numéro d’Abus Dangereux : www.abusdangereux.net !!!
[BT]
En concert : Jeudi 23 Avril : PARLOR SNAKES (Rock’n’Garage et bien plus encore, excellent), à l’Assommoir Pub, à Saint Etienne


DEPARTURE KIDS
On the go, LP, Digital
Requiem Pour Un Twister / Howlin’ Banana
Encore un groupe issu de Marseille qui est en train de devenir une sorte d’Eldorado du Rock. Cependant les Departure Kids doivent y faire un peu tache avec leur immense amour des mélodies et Pop songs.
Car sur ce très frais, court, percutant, sexy et excitant 1er album le quatuor de jeunot (mais qui a déjà quelques expériences par ailleurs) balance une musique qu’on qualifiera rapidement de Power Pop. Mais pas un truc revivaliste rance. Non une Pop Power primesautière et actuelle. En empruntant bien sûr des éléments au passé, mais en les touillant bien pour les accommoder à leur sauce qui possède un vrai gout de 2014.
Sautillant comme les Buzzcocks du meilleur temps, fin comme Velvet Crush, élégant comme le Paul Collins des jeunes années, classieux comme le grand Dream Syndicate, sexy comme les Bangles. Et également totalement dans l’air du temps d’une Pop Indie actuelle qu’on pourrait qualifier de trendy. Mais ce disque a tellement de qualité que tout ce qui compte c’est les 25 mn de bonheur qu’il distille à chaque écoute ! 9 chansons, 9 mini hits, de ceux qui donne de la joie de vivre !
En France ils se sont mis à 2 labels pour éditer cet album (qu’ils soient ici pleinement remerciés pour ça) et il vient d’être également publié par un label Japonais !
[BT]
En concert : Vendredi 24 Avril : The DEPARTURE KIDS (Power Pop), au Trokson, à Lyon. Entrée gratuite


OWUN
Le fantôme de Gustave, CD
Autoproduction
Premier contact : la pochette qui bien que très sobre prépare au voyage onirique qu’est, en partie, cet album d’Owun.
Leur retour sur scène était très impressionnant. Sans doute supérieur à ce qu’ils faisaient, déjà très bien, il y a 15 ans. Donc ça laissait espérer au moins d’un bon album. Mais pas à ce point-là !
Deuxième contact : le son. Très puissant. Clair. Compact. Respirant aussi. Impressionnant surtout !
Dans les 90’s Owun jouait de la Noise à sa façon. Dans les années 10 ils amènent le style vers une nouvelle direction.
Avec un formidable travail sur la captation de la vibration du son, sur la résonance des guitares. Mais sans verser dans le drone pour autant. La voix couverte d’effets semble se diluer dans les guitares, et c’est bon. On peut retrouver de façon très parcimonieuse du Neo Kraut. Un peu de polyrythmie. Et parfois, du stop & go. Désormais qualifier la musique d’Owun est devenu un vrai challenge. Elle se déguste juste à plein volume ou au casque afin d’être entouré, enfermé dans tous ces sons.
Se plaçant sur un segment long qui va de Psychic Paramount à Meshuggah (sans le côté Metal) Owun a trouvé SA place, avec cette œuvre unique. Sombre. Riche. Profonde. Et, belle.
[BT]
En concert : Samedi 25 Avril : OWUN (Noise, énorme) + SOOSH (Kraut Rock), au Centre d’Art Bastille, au sommet de la Bastille à Grenoble


MUSHROOM CAFFEINE
Liquid, LP, Digital
Bloody Mary Rds
Evidement avec un tel patronyme on peut s’attendre à quelque chose d’assez barré. Et on ne se trompe pas trop.
Le groupe basque pratique un croisement étonnant et réussit entre Grunge / Budget Rock / Stoner / Psych Punk…
La batterie a un son gras et un drumming élastique avec pas mal de toms et des tempos qui sortent du 4/4 habituel. La guitare ne contribue pas à rajouter des aigus à tout ça : ce qui produit la tonalité idéale pour la voix.
Ça me fait un peu penser à une version réactualisée d’Olivelawn (une référence de luxe que je ne dégaine pas à la légère) trempant ses pieds dans un marigot psyché.
Pas impossible qu’ils aient aussi un peu écouté Flipper, voir Clutch, les Wipers et aussi les Gories… Bien que leur musique reste mélodieuse grâce à un côté Garage de fort bon aloi ! En tout cas eux ne sont pas du tout dans le revival scolaire, mais plutôt tentent de se frayer une voix perso !
Leur premier 10’’ était plutôt sur le versant Caffeine, ce 1er album plus sur le côté Mushroom. En tout cas les deux sont très fortement recommandés ! Et comme on dit : Play fucking loud !
[BT]


vendredi 17 avril 2015

Chroniques : MILAN + PLASTIC MAN + PONCTUATION + The ORIGINAL SOUNDERS



MILAN
Drunkers, Ep,
Fin de Siècle
Tiens cette fois je suis d’accord avec la description faites de ce disque sur la présentation du label : Dub Rock, oui c’est assez ça. Funk blanc aussi, Cold pour danseurs malades… En tout cas une musique intrigante, et pas trop dans les sentiers battus, c’est déjà beaucoup !
Tout ça nous ramène agréablement vers les années 80 dans ce qu’elles avaient de bon. Notamment la scène ‘synthétique’ française underground. Mais avec une touche radicalement actuelle. Ils s’essayent même à un titre chanté en français et ça passe excellemment.
6 chansons pour ce mini album qui est très emballant ! Avant ça ils avaient publiés deux singles. Ils allongent la distance et ils transforment réellement l’essai.
[BT]
En concert : Jeudi 23 Avril : GET YOUR GUN (Post Rock Psyché, Danemark) + MILAN (Rock Dub Post Funk Punk), à la Bobine, à Grenoble


PLASTIC MAN
Don’t look at the moon, LP, Digital
Black Candy Rds
Premier album pour ce trio italien (après un EP 4 titres en 2013 chez Misty Lane Rds) qui pratique une Pop Sixties matinée de Psyché, de Garage et d’influences Beat discrètes. Un poil rétro et ‘classique’ diront les méchantes langues. Majestueuse et formidablement bien faite répondrais-je !
Avec une touche moderne lorgnant vers la scène néo psyché amerloque actuelle, mais heureusement en moins mièvre selon mes critères. Avec un meilleur amalgame entre passé et présent. Un gros travail sur les voix homme / femme, les chœurs, les effets qui restent discrets mais judicieusement employés. Et les chansons. Qu’est-ce qu’elles sont bien !
Belles. Orchestrées grâce à l’adjonction d’orgues & claviers vintage sans tomber dans le revival à tout crin. Le bon accord et la bonne distance pour présenter un album équilibré et personnel MIAM !!!
Attention ce disque est très très attachant : régalez-vous !
[BT]


PONCTUATION
27 club, LP, CD, Digital
Bonsound
J’ai enfourné ce disque dans mon lecteur sans regarder le nom du groupe, et il m’a fallu la moitié de l’album pour que je réalise que dessus ça chante en français. Ce qui vous indique que Ponctuation n’est pas un groupe d’ici. En effet on est loin du Rock en français et de sa manie de mettre la voix en avant. Ici on est dans le vrai esprit Rock !
Le duo de frangin (guitare chant / batterie) québécois se démarque beaucoup de la formule très usée (et très usante à mes oreille) du duo Garage Rock. Tirant plus vers le Blues Explosion de la période classieuse, avec une infinitésimale touche d’Indie Rock 90. Le chant en français mixé dans la musique est un apport considérable. Avec l’adjonction d’une sorte de Psych Blues Trash dans leur musique Ponctuation s’éloigne des sentiers battus et rebattus. Ce qui rend l’album très convainquant et hyper attrayant !
Ce ’27 club’ date de 2013, le 28 avril 2015 ils sortent leur nouvel (et 3ème) album je vais suivre ça de très très près.
[BT]


The ORIGINALS SOUNDERS
Ave The Sound!, 7’’
Ave The Sound Rds
Je confesse que je ne suis pas du tout adepte du format single (trop feignant… faut tout le temps se lever pour retourner la galette… et puis j’aime les albums) mais celui-là c’est bien le pied. Pourtant de prime abord leur nom me faisait craindre le pire (genre groupe de hipsters prétentieux, pléonasme…). Mais non. Au contraire.
On plonge en plein trip psyché. Avec 2 versions de la même chanson (une par face, quoi) : d’un côté les Original Sounders l’emmènent vers son versant Pop Sixties voir Néo Yéyé (dans le meilleur sens du terme) avec une fragrance pouvant évoquer les Zombies de la période voyageuse !
Sur l’autre face on file en plein trip 70’s Psyché, non sans évoquer les Dum Dum Boys (on n’est dans le sud de la France pour rien)…
Alors ce single, un concept fumeux ?
En tout cas il y a quelqu’un qui a dû fumer la moquette là-dedans. Et nous voici avec une galette gorgée d’une excellente musique. Je dirai même plus d’excellentes musiques !
[BT]



lundi 13 avril 2015

Chroniques : PAUL COLLINS + PRIMA DONNA + GAY TRUCKERS + KIT CONVICT & THEE TERRIBLE TWO



PAUL COLLINS
Feel The Noise, LP, CD, Digital
Alive Rds
2014 ça aura été mon année Paul Collins, j’ai eu la chance de le voir sur scène au Mistral Palace à Valence, et voilà qu’arrive un nouvel album que je n’attendais pas.
Et un BON !
Un peu Power Pop bien sûr, un peu Pop, un peu Rock. Avec toujours cette facilité évidente pour pondre des chansons qui semble atemporelle. Perfect Pop Songs serait un titre plus approprié. Cette fois elles sont au nombre de 12 et c’est le pied, ses compos sont toujours aussi forte et réussie, ce qui rend ça reprise de ‘Reach out I’ll be there’ presque dispensable, dans la mesure ou quand on écrit des titres aussi bon pourquoi allé pêcher un morceau aussi connu. Surement pour donner une indication à ses fans.
Qui de toute façon auront acheté cet album et ils s’en délecteront pendant un moment.
Si vous ne connaissez pas Paul Collins vous pouvez aisément commencer par celui-ci c’est un parfait exemple de ce qu’il a fait de mieux dans sa longue carrière, sans tomber dans la nostalgie pour autant. Juste un BON ALBUM !
Mais signé Paul Collins et ça ça dit tout.
[BT]
En concert : Vendredi 17 Avril : PAUL COLLINS BEAT (Légende de la Power Pop, Usa) + PLASTIC INVADERS (Indie Rock Garage excellent), au Bombshell, à Clermont Ferrand
Et :
Lundi 20 Avril : PAUL COLLINS BEAT (Légende de la Power Pop, Usa) + NOT RIGHT (Garage Rock+Roll) + The TEA CLUB (Rock), à l’Assommoir Pub, à Saint Etienne


PRIMA DONNA
Nine lives & forty fives, LP, CD, Digital
Alive Rds / Differ-Ant
Il y a des moments où on a tout intérêt à se méfier de sa 1ère impression. Par exemple à l’écoute de ce nouvel album du quartet californien je me suis mis à penser : « toute cette attente pour ça ? ». Ayant trouvé le disque de prime abord décevant, plat et conventionnel. Résultat je l’ai bêtement glissé sous la pile des nouveautés.
Cependant. Quand son tour est revenu de passer sur ma platine je me suis fait claquet le beignet. Et pas qu’un peu.
Voilà un album homogène et rassasiant pour les plus exigeants. Jouant avec class avec les codes et imageries tout en y apportant beaucoup d’entrain, de fraicheur et d’excitations.
11 titres pour un putain de disque de Glam’n’Punk. Prenez le meilleur des glimmer twins, des Dolls, des Boys passé le à la moulinette High Energy des Hellacopters, rajoutez un soupçon de Pub Rock, une longue rasade de Power Pop pimenté d’un peu de modernisme et secouez fermement.
Un cocktail détonnant qui vous apportera une ivresse salvatrice sans vous arracher la gueule mais en remplissant votre palais et ce qui reste de votre cœur brulé.
[BT]


KIT CONVICT & THEE TERRIBLE TWO
Watch your skull, LP, CD, Digital
Off The Hip Rds / Convicted Rds / Mataderos Recordings
Ce trio de Melbourne formé autour de Kit Convict (The Kits / The Spasms) balance ses bombes Garage Beat Trash Psych Rock un peu sales un peu tordues avec entrain et une variété de rythmes bien accrocheuse.
Musicalement ça paye son écot à Billy Childish et au Gories mais sans tombé dans la redite ou la copie. Par moment la voix évoque le Adam Ant du 1er album ce qui nous détourne du revivalisme appliqué. On pense aussi pas mal aux groupes de Psych Garage bien salopé comme ils les aiment chez Slovenly Rds. Le tout avec un côté tendu comme on l’aimait dans le Pub rock avant qu’il ne devienne trop scolaire.
17 titres en seulement 27 mn même si le groupe ne joue pas réellement sur un tempo frénétique on n’amuse pas le terrain. Les chansons sont courtes, simples, accrocheuses (aguicheuses parfois même) et vite assimilées sans besoin de répéter ad nauseam leur riff ou refrain…
Un disque qui balance bien comme il se doit. Avec un furieux goût de revins-y vite !
[BT]


GAY TRUCKERS
Police department, CD
Autoproduction
Le nom, le look, l’esprit, le visuel et les premiers riffs pourrait faire penser à un groupe très marqué par les TurboNegro. La référence n’est pas fausse mais pas unique. Les Gay Truckers utilisent les codes du genre sans être des clones.
Bien sûr ils aiment les machineries puissantes et bien huilées (Mötörhead, Peter Pan Speed Rock, Hard Ons) et ça s’entend mais il n’y a pas que ça dans ce 1er album.
On peut y entendre un peu de Glam, un peu de Pub Rock, un  chouia de Blues, un poil  (de cul bien évidement) de Punk Rock, pas mal de Heavy mais aussi quelques mélodies qui tirent vers le Pop Punk voir une Power Pop moderne et virile.
Bref les Gay Truckers sont capables de plaire à ceux qui aiment leur Stoner servit avec beaucoup de ‘n’Roll, tout autant qu’à ceux qui veulent que leur Speed Rock n’entraine jamais la mélancolie.
Ce disque est le complément idéal d’un apéro avec vos potes sur la terrasse ensoleillée une Kwak à la main et le saut d’olives épicées a porté de la main !
Ils cherchent à jouer partout et je pense que ça doit dépoter terrible, alors faites-les jouer !!! Et sont déjà en phase de préparation pour un prochain album !
[BT]


vendredi 10 avril 2015

Chroniques : HANDLE + TESSEIRE + JB MOONSHINER + MUDWEISER



HANDLE
S/t, CD, Digital
Autoproduction
Comme le nom de ce trio le laisse présager leur musique est simple et direct. Mais pas seulement ! Mélangeant des influences Pop et Stoner le résultat est assez inusité et très rassasiant ! Leur musique peut rappeler certains groupes des années 90 qui jouaient une Pop Power moderne énergique et électrisante ! Avec parfois une petite touche qu’on pourrait qualifier de Grunge. Et à d’autres moments ça se balade vers le Pop Punk. Sans que Handle ne se rattache à une quelconque de ces scènes.
En fait Handle fait voyager sa musique entre tout ça pour créer des chansons dynamique mais toujours mélodiques et qui sont SON STYLE ! Les trois gars ont déjà un certains pédigrée (The Milons, MSL JAX, Falcon Fever, Black Monster Fang, Billy Gaz Station, Café Flesh, Toadstool…) et donc savent y faire, mais surtout ont réussi à composer 6 mini bombes qui rentrent en vous pour vous donner de la joie !!!
[BT]


TESSEIRE
S/t, LP, CD, Digital
Jacquard Recs
Etonnant disque que voilà puisque chanté en occitan. La musicalité de cette langue évoque (du moins à mes oreilles) un croisement entre l’espagnol et l’italien, et ça se marrie bien à la musique de ce trio. Une sorte de Rock Noise sombre & rampant qui évoque bien les 90’s mais avec une franche touche 80, sans tomber dans la redite.
Imaginez la musique de Heliogabale avec le chant de Litfiba… pour situer un peu. Tesseire joue fin dans un genre qui ne nous habitue pas vraiment à ça, et c’est tant mieux.
Le groupe dans ses influences revendique les Wipers (et ça c’est la class), Neil Young, Leonard Cohen, le Nirvana du début, et les vieux bluesmen… ce qui se ressent peu ou prou dans ce 1er album très accomplit. Et c’est certainement cette variété d’influences qui donne son intérêt à ce disque et sa subtilité !
[BT]


JB MOONSHINER
Shallow Graves, CD, Digital
Autoproduction
Pas facile pour moi de qualifier cette musique. Folk astral me semble assez descriptif. En tout cas le patronyme de l’artiste est bien choisit car évocateur.
Americana et psychédélisme… avec une touche de chaleur qui sent un peu la Soul… je verrai bien cette musique apparaitre sur la B.O.  de ‘Minuit dans le jardin du bien et du mal’.
5 chansons vastes et amples. Aventureuses et très class, avec des arrangements luxueux (claviers, chœurs, pedal steel, congas, cordes et beaucoup de guitares acoustiques).
C’est très beau et puisement attachant !!! Et avec une forte vibration mystique.
Et ça vous sort des sentiers beaucoup trop joliment balisés. On se laisse embarquer et dériver tout au long de ces 26 minutes de musique élégante. Comme dans un rêve merveilleux.
[BT]


MUDWEISER
Angel Lust – 2LP, CD
Head Records – Believe Digital / Season Of Mist Distribution
Ce que j’aime chez Mudweiser c’est sa capacité d’amalgame. Additionnant Heavy Stoner à la Orange Goblin, Blues désertique à la early Earth, un poil de Psyché, du Heavy Blues 70’s et même un côté Status Quo (ce qui pour moi est un compliment tant se groupe était génial dans les années 70) : la somme de tout ça étant du Mudweiser ! Ils définissent eux même leur style comme étant un croisement de Stoner & de Southern Rock, ils assument pleinement le côté bouseux, boueux de leur musique. Et c’est tant mieux ! Voici enfin le 2ème  album du groupe ! Si on a attendu celui-ci longtemps on est récompense par un album long et dense, puissant profond et jubilatoire !!! Avec un son épais, sale et organique qui sied parfaitement à leur musique, les Mudweiser vous rentre, à force de répétition des riffs, les 12 titres de cet album jusqu’au fond du crâne. Et ils vont y rester un moment d’autant que votre mémoire va être souvent ravivée par les passages sur votre platine de ce ‘Angel Lust’ !
[BT]
En concert : Samedi 18 Avril : MUDWEISER (Stoner), à Kraspek Myzik, 69001 Lyon
Et :
Dimanche 19 Avril : MUDWEISER (Stoner), au Couleur Café, à Saint-Bonnet (42)




mardi 7 avril 2015

Chroniques : The ROCKANDYS + FOREVER PAVOT + DEVILISH PIRANHAS + TORCHE



The ROCKANDYS
The Breaking Dawn Will Crown The One Who Let The Morning Glint To Come
CD, Echo Orange
Je suis tombé sous le charme de ce groupe dès ses débuts, malgré les maladresses de leur 1er mini album. Le 2ème confirmait largement Ce que j’avais vu dans leur musique, avec une collection de formidables chansons Psyché Pop ayant enfin un son digne d’elles.
C’est rien de dire, donc, que les RockAndys jouaient gros avec ce 1er album.
Enregistré à Berlin chez, et par, Anton Newcombe (qui leur a également demandé de composer avec lui pour son album en français), ce qui confirme l’intérêt suscité par le groupe.
Résultat : 11 compositions extrêmement goutues et ambitieuses, quelque part entre Rock et Pop avec de grosses doses de Psychédélisme dedans. Des chansons plus ou moins longues avec des circonvolutions qui font voyager loin, sans être chiantes ou pompier. Des arrangements riches, mais pas m’as-tu vu ; il faut même beaucoup de temps et des écoutes très attentives pour tout appréhender. Ses arrangements ne sont pas là (comme chez certains) pour cacher la misère, mais au contraire pour sublimer les mélodies.
Si il n’y a pas de temps faibles sur ce 1er album des RockAndys, il y a surtout des chansons qui ressemblent fortement à des mini tubes ! Et ils réussissent l’exploit d’avoir sût préserver leur innocence tout en prouvant leur grand talent de compositeurs.
La personnalité qu’on subodorait émerge totalement sur ce 1er album qui régal de bout en bout !
[BT]


FOREVER PAVOT
Rapsode, LP, CD, Digital
Born Bad Rds
Univers très rétro (sixties et un early seventies) pour ce projet d'un homme seul qui produit une musique très ouvragé et complexe mais avec toujours des côtés mélodieux : influences Beach Boys (période Pet Sound bien sûr) John Barry et le Gainsbourg flamboyant de la période londonienne... Pas mal de chansons au vrai sens du terme, certaines sont même chantées en français et sont de belles réussites. Egalement des titres qu'on aurait pu imaginer sur des bandes originales de films... Très beau et très bon. Très maitrisé aussi, et très ‘instrumenté’ en tout cas utilisant foisons d’instruments divers et variés… sans se noyé dedans. Encore un poil trop près de certaines de ses influences pour atteindre la perfection d’un « All In A Dream » de BALDUIN dans un genre assez similaire. Mais quand même un album aboutit et enthousiasmant de bout en bout que ce premier long play !!!
[BT]
En concert : Vendredi 10 Avril : FOREVER PAVOT (Pop psyché cinématique) + The ROCKANDYS (Psyché Pop), à la Bobine, à Grenoble


DEVILISH PIRANHAS
Greetings from the voodoo island of lust, LP (vinyl blanc numéroté + CD)
Tail Crush Rds
A la première écoute j’ai eu un peu une réaction de recul du fais de l’accent anglais, et aussi surrement parce qu’on a perdu l’habitude d’écouter un son aussi rêche, réel et direct. Mais en fait dès le 3ème titre j’étais rentré dans ce disque qui a du mal à quitter ma platine !
Swamp Rock, Rockabilly rampant, Garage Bluesy sombre, guitares lancinantes. Rythmes variés. Chansons profondes. Un formidable mix entre la voix masculine et son pendant féminin.
Une batteuse, une guitariste / chant additionnel, un chanteur et un bassiste, ce genre de formation n’est pas non plus très habituel.  Le quatuor marseillais défini sa musique comme du : Swampy Dirty Sexy Shockabilly. La formule est bonne, riche et assez éclairante ! Tout comme le nom du groupe !
En tout cas leur premier album est diablement réussit !!! Oui c’est ça bien diablement réussit !
[BT]


TORCHE
Restarter, LP, Cd, Digital
Relapse Rds
Je ne vais pas vous la jouer à l’envers j’aime beaucoup (beaucoup) ce groupe. Et ce nouvel album déboite !
C’est d’autant une bonne nouvelle que le précédent ‘Harmonicraft’ m’avais laissé un inexplicable gout de malaise alors que c’est loin d’être un mauvais disque que j’écoute toujours actuellement. Signe qu’il vieillit bien (je l’ai d’ailleurs dans mon baladeur) mais que voulez-vous ça n’est pas mon préféré malgré ces qualités.
Rien de tout cela avec le nouveau ‘Restarter’ avec son titre en forme de déclaration d’intention
(ou pas comme Steve Brooks leur chanteur guitariste l’explique dans la longue interview qu’on trouve dans le nouveau et 135ème numéro d’Abus Dangereux : www.abusdangereux.net) en tout cas un putain d’album bien balancé !
Immédiatement on reconnait le son et la personnalité unique de Torche, qui, parce qu’il faut bien la définir avec des mots, est un croisement idéal entre Stoner et Pop.
Prenant le meilleur de ce qui fait la substantifique moelle de ces 2 styles pour les combiner dans une musique qui n’appartient qu’à eux !
Et cet amalgame de 2 univers leurs laisse bien de l’espace pour balader leurs chansons…
Qui régalent parfaitement sur ce 5ème album ! Celui-ci est peut être un poil plus du côté grosse guitare cette fois-ci, bien que les mélodies sont toujours extrêmement présentent mais avec un traitement du son un poil plus épais.
Quoiqu’il en soit ce ‘Restarter’ est véritablement un grand cru de Torche et va rester à plomber ma platine bien longtemps !
[BT]



mardi 31 mars 2015

Chroniques : BLIND SHAKE + NOT SCIENTISTS + A SUNNY DAY IN GLASGOW + THIMOTHY SNYDER



The BLIND SHAKE
Fly right, LP, CD, Digital
Slovenly Rds
Bon ben en voilà un disque très plaisant & addictif. Ce trio de Minneapolis existe depuis 2003 mais c’est avec ce ‘Fly right’ que je les découvre. Et je me suis bien fait claquer le baigneur par cet album !!!
Garage Punk + Psyché Trash + Noisy cheap + Surf cracra et même une touche de Cold (en tout cas un truc sombre). Comme si la scène des minets psyché de Frisco se faisait tabasser par les grands méchants du Budget Rock d’autre fois !
Pas étonnant qu’ils aient collaboré avec l’immense Michael Yonkers par le passé. Voyage sonique assuré sur ce disque qui vous balade dans un univers mental cabossé mais très attirant. Même quand ils s’essayent à une sorte de bande originale pour western spaghetti ils arrivent à être inquiétants. Vraiment une très grosse découverte, et bien plus qu’une grosse surprise.
Tripant, trépidant et attachant, bien plus profond que la concurrence les Blind Shake sont un de ces groupes qui justifient la quête continue de nouveaux disques !!!
[BT]
En concert : Jeudi 9 Avril : The BLIND SHAKE (Noisy Garage Psyché, Minneapolis) + The REVOX (60’s Garage Punk), à l’Usine, à Genève


NOT SCIENTISTS
Destroy to rebuilt, LP, CD, Digital
Kicking Rds / Pias
Attention il faut un peu se méfier de ce disque. Il rend vite addict ! De plus on pourrait avoir une idée fausse de ce quartet qui sort là son 1er album (après 2 minis)… Vu leur pédigrée on pourrait s’attendre à un certain type de musique… et au finale le résultat sur ce disque est assez différent… Mais très bon.
Pop Punk ensoleillé, entrainant, très mélodique, avec une rythmique assez sautillante, un gros travail mélodique sur les guitares. Et beaucoup de voix et de chœurs… Les chansons sont diversifiées et percutantes avec toujours un côté très accrocheur que ce soit sur les mid tempo ou sur les titres plus rythmés. Et parmi les 11 morceaux de cet album il y a une bonne poignée de tubes ! Le quatuor de briscards démontre une facilité d’écriture qui les situe pas loin de Bob Mould ou Superchunck. La class !
Une régalade !!!
[BT]
En concert : Mardi 7 Avril : NOT SCIENTISTS (Pop Punk), à l’Ayer Boat, à Lyon
Et :
Samedi 11 Avril : NOT SCIENTISTS (Pop Punk), à l’Assommoir Pub, à Saint Etienne

A SUNNY DAY IN GLASGOW
Sea When Absent, LP, CD, Digital
Fat Possum / Pias
Ce qu’il y a de bien avec cet album c’est qu’il est bien plus que ce qu’il parait être.
On pourrait rapidement qualifier ce groupe protéiforme de globetrotter de Nu Gaze Pop. Ce qu’il est en grande partie vrai. Mais à ça s’ajoute pas mal de choses qui sortent des sentiers rebattus. On peut aussi penser à la musique (complexe, ambitieuse et hyper aventureuse) d’une Kate Bush en plein trip psyché jouant sur les effets des guitares, des synthés, et de couches et de couches de voix essentiellement féminine et souvent évanescentes.
Articulé autour d’une forte épine dorsale et de solide chansons voici une musique où coule aussi un peu de Blonde Pop, de l’esprit du label Too Pure, de Siouxie, d’electro vintage, de la bien nommée Dream Pop, de Mecca Normal, et de A Sunny Day In Glasgow !
J’avais été émerveillé par l’irréelle beauté de leur concert toulousain il y a de cela 6 ans, me voici encore plus sous le charme !
[BT]


TIMOTHY SNYDER
Le prince rouge – Les vies secrètes d’un Archiduc de Habsbourg
384 pages, Editions Gallimard, 2013
Né en 1895 comme Archiduc d’Autriche–Hongrie et mort ‘sous la torture’ dans les geôles soviétique en 1948 Guillaume de Habsbourg–Lorraine est un de ses personnages historiques dont la période et le destin se seront joué et qui n’aura pas la vie qui lui semblait destinée au berceau. La première guerre mondiale, l’effondrement de l’Empire Austro-Hongrois, les constitutions d’états–nations dans les années 20, les rêves d’un trône Ukrainien, la vie dissolue à Paris et les complots dans les années 30, la deuxième guerre mondiale (comme continuation de la première 20 ans après), l’espionnage, l’arrestation et ‘l’assassinat’… voilà une vie bien remplie !
Raconté avec vivacité par Timothy Snyder (professeur d’Histoire à Yale) grâce à un travail immensément documenté, mais également diablement bien écrit. Un récit comme un souffle, et surtout, comme l’occasion de retracer des époques dans un monde en plein bouleversement. Un temps de basculement sur lequel je ne savais que le minimum au moment d’attaquer cette lecture qui met le temps historique et les changements qui en découlent dans une perspective temporelle à la fois longue et immédiate…
Brillant !
De plus Guillaume de Habsbourg ayant rêvé longtemps au trône d’une Ukraine indépendante c’est l’occasion de découvrir les prémices d’un conflit toujours à l’œuvre.
[BT]



dimanche 29 mars 2015

Chroniques : The RAINBONES + GENTLEMEN’S AGREEMENTS + ELDER


The RAINBONES
S/T, 10'', CD
Autoproduction
Ce trio qui publie là son 1er album est une sorte de super-band constitué d'ex ou d'actuels : Projet Vertigo/L'Ideal Club, Bee Dee Kay & the Roller Coaster, et Romanee Counteez. Musicalement nous voici emmener entre le Mississippi, le bayou et le fin fond de l'Australie. Un Swamp Rock profond mais aussi puissant (et pas qu'en émotions) qui inclue des éléments venant du Blues (l'esprit plutôt que les clichés). Ils ont déjà partagés la scène avec Gallon Drunk ou Wovenhand, force est de constater que se sont de très bon choix de programmation (bien qu'ils soient notablement moins casse couilles et ennuyeux que ce dernier). Un autre choix pertinent serait une affiche regroupant The Rainbones et Pete Ross & the Sapphire tant il me semble que ces deux groupes puisent leur inspiration aux mêmes sources de ce fleuve boueux qui alimente tout une frange du Rock qui a de la moelle et de la substance ! Et tant ces 2 groupes sont capables de produire des disques intenses, riches et complexes! L'inspiration est assez sombre "This day is the devil" est le titre de la chanson qui ouvre cet album ce qui vous pose immédiatement dans l'univers des Rainbones, pas loin de certains thèmes abordés par Nick Cave mais en restant Rock.
La bonne chose dans la formule du trio c'est que ça laisse de la place à la basse, et justement ici le bassiste est bien à son affaire : un son un vrai, et un jeu inventif sans spectaculaire mais élégant. Comme l'ensemble de cet album !
Un Rock quasi mystique. Qui réussit un album SUCCULENT !!!
Et en plus ils sont très très bons sur scène !!!!
[BT]
En concert : Vendredi 3 Avril : The RAINBONES (Swamp Rock, excellent), au Trokson, à Lyon. Entrée libre.
Et :
Samedi 4 Avril : The RAINBONES (Swamp Rock, excellent), au Poulpe, à Reignier (74)
Et :
Dimanche 5 Avril : Avril : The RAINBONES (Swamp Rock, excellent), au Saint Antoine, à Mâcon

The GENTLEMEN’S AGREEMENTS
Understanding!, LP
Soundflat Rds
Ben dis donc… je m’attendais à un super 1er album de la part de ce super-band. Mais celui-ci est encore mieux que je ne l’escomptais ! Le single qui était sorti il y a déjà quelques temps était très savoureux et alléchant, mais ce LP le surpasse largement !!!
12 titres hyper sexy & excitants qui balancent bien des hanches où l’orgue Hammond et la voix du chanteur font merveille. Mais rien de cela ne serait possible sans une rythmique impeccable et un guitariste qui tire le max de sa Fuzz et autres pédales d’effets sans jamais trop déborder du trait défini de ces belles chansons.
La formule (Freakbeat / Mod / Organ / Garage / R&B / 60’s Pop) nous ramène vers ce que les Prisoners ont fait de meilleur et enterre la vaguelette des baby revivaliste Rhythm & Blues actuels.
Du bonheur, de la joie de vivre, de la musique pour faire bouger les fesses des filles sur la piste de danse… que demander de plus à un tel disque ? Rien, tout ce qui reste à faire c’est de le repasser sans cesse.
[BT]
En concert : Samedi 4 Avril : The GENTLEMEN’S AGREEMENTS (Rhythm ‘n’ Blues / Sixties Garage), à La Triperie, 69001 Lyon


ELDER
Lore, LP, CD, Digital
Stickman Rds / Modulor
3ème album pour ce trio de Boston que je découvre avec ce disque hyper enthousiasmant. Entre Stoner, Rock Psyché et des incursions dans la Kosmisch Music, mais avec un background Metal assez prononcé bien que pas envahissant.
Les 5 titres de cet albums sont longs (souvent plus de 10 mn chacun) mais jamais ennuyeux, plutôt vastes et aventureux, complexes et variés. Et stimulant à la fois au niveau intellectuel tout autant qu’émotionnel. Une musique qui à bien les pieds sur terre mais incite quand même au voyage !
Dans un style qui est souvent très balisé Elder tire son épingle du jeu et développe une vraie personnalité. Entre les longues plages instrumentales les parties chantées (par un chanteur qui a une vraie voix) n’arrivent jamais de façon artificielle.
Oui vraiment cet amalgame qui parfois va jusqu’au quasi prog tout en conservant des attaches Pop est extrêmement convainquant, fulgurant, et excitant ! J’adore !!!
[BT]