mardi 5 décembre 2017

Chronique : GALILEO 7 + CHARLIES FRONTIER FUNTOWN + UFFE LORENZEN + PUSSYCAT And The DIRTY JOHNSONS



The GALILEO 7
Tear your mind wide open!, LP, CD, Digital
Damaged Goods Rds
La théorie dans le monde du Rock c’est que le 1er album est souvent ce qu’un groupe va livrer de meilleur. Il y a un certain nombre d’exceptions à cette règle (récemment les Wedding Present et le Dream Syndicate ont pondu les meilleurs albums de leur longue carrière, par exemple).
C’est rien de dire que j’attendais beaucoup de ce nouvel album de Galileo 7 tant j’aime les précédents. Cependant celui-ci… comment dire ? C’est un must !
Avec sa belle énergie tendue qui rappelle le meilleur du revival Mod de 78. En fait ce disque à la densité des meilleurs albums de Squire, dans sa capacité à assembler d’extra-ordinaire chansons prise individuellement qui constituent en plus un album parfaitement réussit ! Tout en leur style unique !
Groovy Organ Garage / Freakbeat onctueux / Power Pop / Medway style /Paisley Undergound… oui tout cela et plus encore : GALILEO 7.
Le son de ce disque est puissant, généreux et chaud comme jamais. Et les titres sonnent comme des classiques des meilleures époques de l’histoire de la Pop et du Rock.
L’album du mois de décembre pour Voix de Garage !
[BT]


CHARLIES FRONTIER FUNTOWN
In dust we trust, CD, Digital
Autoproduction
Supporte your local scene comme on dit ! Et je me suis donc acheté cet album. D’abord parce que j’avais aimé le premier. Ensuite parce que leur concert à La Belle Electrique en compagnie de Rising Steel et Nightmare m’avait bien collé au mur.
On l’a bien attendu cet album, il a été annoncé, et puis il y a eu des retards… Mais putain ça valait le coup !
Les Charlie Frontier Funtown pratiquent un Stoner Metal de très très bon, aloi !
Stoner c’est évident et Metal tout autant !
Des guitares bien grasses, un chant grave un peu hurlé/ crier… collant totalement à la musique très musclée du quintet ‘grenoblois’.
Ici on sent bien l’influence Heavy Metal dans certains riffs ou dans les duels de guitares, là on peut même ressentir quelques accélérations façon Thrash 80.
La majorité des tempos restent médians et la section rythmique millimétrée colle idéalement la musique des Charlie Frontier Funtown au sol. Un sol poussiéreux comme il se doit !
Bref un album comme une gifle en pleine gueule, doublé d’un uppercut au foie.
[BT]
En concert : Vendredi 8 Décembre : BEASTO BLANCO (Heavy Dark’n’Roll, avec la fille et le bassiste  d’Alice Cooper) + WHISKY OF BLOOD (Heavy Glam) + CHARLIE’S FRONTIER FUN TOWN (Heavy Stoner) + BLOODLOST (Thrash, Suisse), à l’Ampérage, à Grenoble


UFFE LORENZEN
Galmandsvaerk, LP, CD, Digital
Bad Afro
Que le leader de Baby Woodrose sorte son 1er album solo ça donne des espoirs en matière de qualité musicale. Que son patronyme solo soit Lorenzen (jeu de mot sur son nom) donne des indications sur la musique qu’on va entendre…
En plein trip mystico psyché il chante ici en danois ce qui donne un côté encore plus surréaliste à l’ensemble, encore plus profond et bizarre.
Musicalement on entend un foisonnement de couches d’instruments au-dessus de la guitare acoustique qui sert de trame à chaque chanson. Beaucoup d’effets sonores et sonorités spatiales, de mélodies moyenne orientale, de flutes, de bandes à l’envers…
Sauf que l’homme Uffe Lorenzen ne se noie jamais dans tout cela, il nous immerge dans un bain musical très dense, et profond qui est fait pour que notre cerveau voyage et que notre âme soit touchée. Mais il ne se laisse pas allé à un trip égoïste / égotique de musicien démonstratif. D’ailleurs la plus longue des chansons ne s’envole pas au-delà des 5’20.
Certes désormais tout le monde fait du psychédélisme, mais non seulement lui creuse ce sillage depuis plus de 20 ans, mais il garde une grosse longueur d’avance sur la concurrence par la profondeur de sa musique et par sa vraie capacité à nous toucher !
[BT]


PUSSYCAT And The DIRTY JOHNSONS
Ain’t no pussy, LP, Digital
Dirty Water Rds London
3ème album pour ce groupe anglais. Et celui-ci est comme un grand bond en avant. Les deux précédents étaient bons, mais semblaient plus à un assemblage de leurs meilleurs titres live (où ils/elle sont parait-il ultra chaud). Avec se Ain’t No Pussy leur musique s’enrichie un peu et à leur permet de nous balancer un vrai album !
Toujours très influencé Garage Punk & Trash Rock’n’Roll on entend désormais en plus dans leur musique un peu de ce Noisy Blues qui à tant marqué le son du New York du début des 90’s. Ainsi qu’un côté Riot Girrrl (le chant féminin y est pour beaucoup, mais aussi l’orientation du son de guitare plus abrasif). Et on pourrait aller jusqu’à citer X Ray Spex / Slits… et aussi un peu Wire. Parfois ça peut aussi rappeler certain groupe Indie Punk des 90’s et également donc ceux de la nouvelle vague actuelle (Downboys…).
Le résultat c’est une sort d’Art Punk bien Garage dans l’esprit mais qui se libère des tables de la loi et ça rend ce disque très addictif très stimulant et très chaud !
[BT]


samedi 2 décembre 2017

Chronique : FIRST BASE + CHOKE CHAINS + The MONSIEURS + ROTTEN EGGS SMELL TERRIBLE n°34



FIRST BASE
Not That Bad, LP, Digital
Drunken Sailor Rds
Il y a des disques comme ça pour lesquels vous tombez en amour dès la 1ère écoute. Et qui comme pour les grandes passions renouvellent le plaisir à chaque passage.
C’est le cas avec ce 2ème album du groupe de Toronto.
Qui a tout d’un instant classic !
Les fans de Power Pop vont se régaler ! Que vous aimiez Paul Collins, Teenage FanClub, les Ramones ou quoique ce soit d’autre avec des mélodies et de l’énergie cet album est pour vous !
Des refrains ultra catchy, des guitares bien R’n’R, des voix mélodieuses partout, un petit côté Bubble Gum… Assez proche de la scène australienne DM3 / Jack & The Beanstalk…
Un album qui se place au niveau des Leftovers dans le genre inoubliable.
11 moments de bonheur calibrés entre 1’32 et 2’57.
Tendu, mélodieux, Groovy… un must !
[BT]


CHOKE CHAINS
Android sex worker, LP, Digital
Hound Gawd Rds
Le label berlinois après avoir écrasé tout le continent avec la sortie du tellurique album de Jim Jones & The Rightous Mind revient pour une fois encore nous savater la gueule. Et en plus on va en redemander !!!
Choke Chains est un quatuor mixte débarquant du Michigan ce qui laisse espérer des choses. Tout comme ce titre d’album et cette pochette. Franchement on n’est pas déçu !
Quand je vous aurais déroulé le pédigrée de ses membres des ex Bantam Rooster, Dirtbombs, Chinese Millionaires, No Bails… vous serez déjà en train de baver et vous allez courir acheter ce disque et vous aurez raison !
Enfin, si vous aimez le Rock sombre et cradingue. Quelques par dans l’univers Garage Trash (mais jamais inaudible) Choke Chains pratique une sorte de Psych Goth Punk Noise qui a une forte personnalité et des relents Art Rock qui accroche ce disque à vos esgourdes. Plein d’effets sur les instruments et les voix. Une alternance de chant féminin et masculin… un côté bad trip intense et des titres qui ne se vautrent jamais dans le n’importe quoi.
Choke Chains sont fidèle à la réputation des groupes de leur état ! Oh oui c’est bon !!!!
[BT]


The MONSIEUR
Deux, LP, Digital
Slovenly Rds
Le trio mixte (2 filles un gars) reviens avec son 2ème (c’est écrit dessus) album et n’a pas l’intention de calmer le jeu.
Power Pop trash et avec un son cru. Punk sale et mélodieux. Garage Trash Punk gras mais toujours catchy. Ça se déverse dans vos oreilles comme une coulée de sirop contre la toux bouillant !
Bien qu’il / elles ne semblent plus être des perdreaux de l’année The Monsieur ont su conserver une salutaire attitude de sales morveux ! Qui colle tellement bien à leurs chansons. Donc cette album réveil les pulsions enfouie en vous ce qui n’est pas si fréquent !!!

Leur nom est excellent et leur deuxième album que voilà donne furieusement envie qu’il/elles viennent tourner par chez nous pour aller suer ensemble. 

[BT]


ROTTEN EGGS SMELL TERRIBLE n°34
52 pages A4 noir & blanc
J’ai l’impression qu’il a mis du temps à le sortir ce nouveau numéro Mister Thierry, mais ça valait largement le coup d’être patient. Car comme toujours le plaisir de lecture est une fois de plus présent ! A noté que le dénommé Blam Blam contribue pour une très large part à ce n°34 d’où une certaine orientation ‘Garage’. Et Fred Fort Gono donne des textes bien bizarre tirant la littérature de gare surréaliste. Sous une très belle couverture signée Lolo Cassagne (décidément il fait de plus en plus bosser les autres le Thierry) on part pour 52 pages de lectures présentée façon REST c’est-à-dire en cut & past mais dans une version qui facilite un peu plus la lecture que dans certains numéros historique de ce zine.
Ces quelques petits changements apportent beaucoup à la lecture et je me régale parce que le sommaire et de très haute volée et le niveau des interviews au sommet !
Premier pavé passionnant, l’interview de 5 pages du peintre Mystere Tutle (depuis je regarde bien ce qu’il fait, voici une autre interview à lire du gars : http://www.interzones.eu/mystere_tutle.htm) qui parle de sa façon de bosser de son expérience au festival international muraliste dans un petit village au Mexique, de son implication dans le scène Punk, de son travail en milieu scolaire… on poursuit avec une interview avec le ‘boss’ de Mass Prod le label / organisateur de concerts & festival Punk, puis c’est Guillaume de l’excellente revue consacrée au cinéma Bis Trash Times qui passe à la question, on continu un peu sur ce sujet avec une interview de Didier de la revue Medusa et du groupe Punk Dead Rats. On a aussi droit aux RATS le mythique groupe Punk français des années 80 / 90 (pas mort puisque ressuscité) qui parlent de leur 1ère époque et de leur reformation. Les 8°6 Crew aussi commencent à faire figure de ‘vétérans’ ça tombe bien comme ça ils ont des choses à raconter. Tout comme Lili Z qui parle de ses projets ‘solo’ et de ‘son’ nouveau groupe les Chrome Reverse (yes). Et on finit par une vraie fausse interview de Fraction Wav Un-limited (un fanzine Punk français de l’époque héroïque qui vient de publier ses archives sous forme de livre).
Et pour faire bon poids dans ces pages vous lirez avec délectation et envie des chroniques livres, fanzines, disques et concert ! Le pied, comme toujours.
[BT]


mardi 28 novembre 2017

Chronique : WILD EVEL &... + CLASSMATES + TWIN ARROWS

  

WILD EVEL & The TRASHBONES
Digin’ my grave, LP, CD, Digital
Dirty Water Rds London
Avec un nom de groupe comme celui-là, un titre d’album tel que celui-ci et une pochette de se genre vous devez vous douter de ce que vous allez entendre.
Quand je vous aurais précisé que c’est le nouveau projet de l’ancien chanteur des Staggers vous allez savoir de quoi cet album va retourner !
Une petite bombe de Garage Punk revivaliste !
Et c’est bien de cela (et de seulement cela mais c’est déjà tellement) dont il est question !
Un peu Sauvage, un peu Beat un peu Medway… beaucoup de Fuzz, de mélodies, de tambourins, d’orgues Sixties… Tout ce qu’on espère entendre dans un grand disque du genre est là. Dans le bon dosage et à la bonne place !
Foin des ronchons : éclatons nous sur cet album et dansons jusqu’au bout de la nuit !!!!
[BT]


The CLASSMATES
Between the lines, LP, Digital
Area Pirata Rds
Fast Power Pop (lignée Buzzcocks, affirmée et assume), Punk 77 mélodieux, un poil de Ramones, d’Indie Pop à l’anglaise (celle de la bascule entre les 80’s et les 90’s), Garage Pop, Power Pop…
C’est tout ça ce 2ème album des Classmates, mais bien plus encore. Un disque enregistré, avec class, à l’Inside / Outside studio où on sait y faire pour produire un son tranchant et mélodieux.
Certes ils ne sont que trois mais ils assurent pour écrire et interpréter des CHANSONS. L’objectif est de délivrer des Pop songs intemporelles et c’est ce qu’ils font 10 fois ici.
Dès la pochette on est placé dans l’univers des Classmates et on y est bien !!!
[BT]


TWIN ARROWS
Hell and back, LP, CD, Digital
Autoproduction / Modulor
Démarrage en fanfare pour le deuxième album du quintet francilien, avec 3 premiers titres bien enlevés, énergiques, vifs, brillants… puis le tempo ralentit un peu, sans que l’intérêt pour leur musique ne baisse. Les 12 chansons défilent, et on les aime. Les rythmes, les influences sont plutôt divers et variés ce qui densifie la musique du groupe tout en ravivant l’écoute.
Entre Blues rampant, Garage Psyché, Rock hanté, avec même une pointe de fusion (mais de la meilleure) et de Death Country, donnant par moment l’impression de les découvrir dans un cabaret interlope…
Comme j’avais complètement raté leur 1er album pour moi c’est une découverte. La voix féminine est le point fédérateur qui crée une forte cohérence tout au long de l’album, elle est soutenue par pas mal d’autres voix masculines qui ragaillardisent les chansons. L’instrumentation est complexe, divers orgues/claviers viennent épaissir le son des guitares, basse, batterie, contribuer à la profondeur et à l’intensité du disque.
Attention leur nouvel album débarque enfin !
[BT]
En concert : Jeudi 30 Novembre : TWIN ARROWS (Indie Psych Garage) + JAK’S (Rock Garage) + KNICKERS (Psych Rock), au Farmer, à Lyon
http://twinarrows.fr/
Et :
Vendredi 1er Décembre : TWIN ARROWS (Indie Psych Garage), au Poulpe, à Reignier (74)

samedi 25 novembre 2017

Chronique : VAST ASTEROID + DIVIDERS



VAST ASTEROID
S/t, Digital
Autoproduction
Quand Mimi Star (My Life With The Thrill Kill Kult, ex Warlocks…) m’a envoyé les fichiers avec les titres de ce 1er album du trio angélinos je ne m’attendais pas à ça !
Le nom d’abord est excellent ! Mais il faut pouvoir le porter !
Et ensuite la définition qu’ils/elle donnent de leur musique : Heavy Spacegaze… ça aussi il faut l’assumer !
Et bien Vast Asteroid assure ! Assume ! Et régal un maximum !!!
En plus le chant est souvent très mélodieux ce qui est évidement un plus qui apporte un charme assez rare dans ce genre d’univers musical. Les chœurs / voix doublées donnent une ampleur à certains titres (qui durent entre 2'21 et 17’53 sans jamais ennuyer).
Leurs chansons (qui durent en moyenne entre 3’40 et 4’50) sont issues de la collision entre l’Indie Pop brumeuse façon nord de l’Angleterre de la fin des années 80 / début 90 et une sorte de Post Punk héroïque qui aurait de l’ampleur et de l’ambition (à la Smashing Pumpkins / Tool / Jane’s Addiction mais en moins pompier) et pour que ça crash bien ils ajoutent plein de guitares et d’effets heavy mais aériens !!!!
Attention ces chansons sont très attachantes et un titre comme « Poison Fang » est hyper obsessionnel il tourne et tourne dans votre tête entre 2 écoutes ! Des écoutes qu’on reproduit régulièrement tellement ce disque est bon !!!
Ils espèrent une sortie vinylique dans quelques mois et aussi tourner en Europe !

[BT]


DIVIDERS
Aubins Lament, LP, CD, Digital
Juvenile Delinquent / Casbah Rds
Les voici au stade le plus difficile / casse gueule d’une ‘carrière’ pour un groupe de Rock : le 2ème album. Souvent après la découverte du 1er l’auditeur est un peu moins attentif / réceptif et surtout plus critique.
Et j’avoue que ce fut le cas pour moi au moment ou j’ai reçu ce ‘Aubine Lament’ qui est arrivé au milieu de la masse des nouveautés de la rentrée…
Mais comme leur 1er était une formidable découverte j’ai écouté puis réécouté celui-ci pour bien me le mettre dans l’oreille. Et une des choses les plus intéressantes dans cet album c’est qu’il semble toujours un peu se refuser à vous.
Échappant à votre complète appréhension totale son contenu  à cause de sa complexité et de son refus forcené de rentrer dans des cases. Ce qui rend chaque écoute extrêmes savoureuse ! Tout semble être redécouvert à chaque fois… tient là il y a une voix féminine sur le refrain… tient là j’avais pas fait gaffe à l’effet sur la guitare surfisante… Ce qui a pour résultat de modifier la perception de l’ensemble jusqu’à la fois suivante !
Psych Garage Punk défiant la Death Country avec une touche Doom Folk et Indie Pop ou de western spaghetti. Mais foin de tout cela. Dividers : un excellent album constitué de chansons fortes ! Qui valent autant individuellement qu’en tant que disque !
[BT]

mardi 21 novembre 2017

Chronique : BEE BEE SEA + LIMINANAS + BUFFALO KILLERS + MOONRITE



BEE BEE SEA
Sonic Boomrang, LP, CD, K7, Digital
Wild Honey / Dirty Water Rds Usa
Ça fait quand même une grosse dizaine d’années que la scène Garage italienne (au sens le plus large) prouve son excellente santé, le plus souvent à travers des disques produits coproduits ou distribué par Area Pirata Rds…
En voici un nouvel exemple les Bee Bee Sea ont un excellent nom. Et balancent là leur 2ème album le 1er étant épuisé, leur tournées à travers le continent en compagnies de noms importants de la scène Indie Garage internationale et l’apparition de certains de leurs titres dans des publicités à surement attiré l’attention de labels hors d’Italie.
Et voici donc leur 2ème LP qui contient des bien belles choses !
Alors quelle musique pratique ce trio du nord de l’Italie ? Une sorte de mélange de Pop Indie Post moderne croisée avec la version Indie Garage Pop avec une minuscule dose de psyché dedans… Une sorte de volonté de secouer les étiquettes et conventions pour obtenir un mélange mélodique et détonnant qui ne soit pas trop référencé. Ils y arrivent plutôt bien les bougres et ils livrent là 8 chansons bien torchées et euphorisantes ! Oh yes !!!
On vous aura prévenu : italian do it better !
[BT]


The LIMINAŇAS
Istanbul is sleeping, Maxi, Digital
Because
Finalement au vu (à l'écoute) des 2 univers musicaux une rencontre comme celle-là semblait prévisible. Donc non seulement Anton Newcombe du BJM a produit le prochain album du duo perpignanais mais il pose aussi sa voix sur cette chanson. De la même façon vu l'univers onirico poético psychédélique un titre hommage à Istanbul c'est totalement raccord ! Et si Istanbul dors c’est bien sûr la faute à Erdogan… Le druming l’orgue qui grince comme un archet sur un violon, la mélodie simple et le chant détaché de Mister Newcombe nous plonge pas loin des eaux où voguait le Velvet… Sunglasses after dark dirait l’autre.
La 2ème chanson de ce EP est chantée par Lionel qui est toujours un peu au-delà du talk over, cette fois-ci les chœurs (sur)gonflés donne une ampleur que je n’attendais pas !
Et on continu avec les guests classieuse puisque sur Shadow People c’est Emmanuelle Seignier qui s’y colle sur un titre qui fait un peu chanson de noël avec toutes ses cloches et des arrangements conséquents mais parfaitement raccord avec la mélodie.
Et on termine sur un morceau dans la veine 60’s Psyché Pop à la Liminaňas comme on aime tellement !
Bien mieux qu’un préambule à leur futur album, une belle collection de petits moments de bonheurs !
[BT]


BUFFALLO KILLERS
Alive and well in Ohio, LP, CD, Digital
Alive NaturalSound
Déjà leur 8ème album ! Et largement celui que je préfère parmi ceux que je connais ! Haut la main !!! Cet album est très addictif & envoutant. Avec de vrais tubes dedans. Des voix angéliques des mélodies aériennes ce qui n’empêche pas une paire de titres Heavy 70’s plombés pour rompre le rythme mais parfaitement en adéquation avec le reste de l’album.
Entre Country et Folk dans un univers Sountern Gothic mais léger, évanescent, transcendantale. Cet album enregistré à la maison est conçu pour donner de la place et le temps aux instruments (voix comprise) de vous toucher directement à l’âme.
Ce qui est beaucoup plus étonnant c’est qu’on peut entendre dans cet album des sonorités qui semblent sortir de la Pop anglaise brumeuse / narcotique de la fin des années 80…
Reconnaissez que tout ceci ressemble à un attelage qui nous sort un peu des circuits habituels. Cependant tout ça est très cohérent et l’amalgame est d’une distinction qui fait de l’ensemble une expérience auditive si délectable !!!
[BT]


MOONRITE
S/t, LP,
Soundflat Rds
Ce qui m’a immédiatement marqué (et plu) lors de la 1ère écoute de ce 1er album du duo grenoblois c’est le son d’orgue. Je me suis dit : ‘putain ouai, on dirait Deep Purple mark III’ !
Ce qui pour moi est plus qu’une super référence. D’autant que le chant n’est pas en reste, se montrant à la hauteur d’un tel préambule. Et que justement, le registre de l’orgue ne reste pas uniforme tout au long du disque (allant jusqu’à évoquer parfois un orgue d’église entre Bach et certaines bandes originales de films barrés).
C’est d’ailleurs le côté magistral de cet album : la diversité des ambiances, des rythmes, des moods, des sonorités… qui constitue un disque étonnant à écouter et qui reste très frais à chaque passage qui fait découvrir de nouvelles choses. La formule à deux pourrait faire croire à une musique monolithique il n’en est absolument rien. Bien au contraire !
Moonrite se qualifient eux même de ‘Dark Pop Psych duo’ et c’est bien ce qui très intéressant ils ne rentrent dans aucune scène ou sous genre à 100%. On les sait (regardez leurs clips) et on les sens marqué par le côté musique / ciné d’exploitation. Et aussi par certaines musiques du temps du basculement des 60’s vers les 70’s. Mais on retrouve un tout petit peu d’héritage Garage. Et des côté dark et mystique mais flirtant avec des vibrations très Soulful…
Tout ça rend chaque écoute très intense.
Et je ne peux que chaudement vous recommander de mettre vos 2 oreilles sur cet impeccable album !!!
[BT]
En concert : Samedi 25 Novembre : LES ROBINS (Surf Instru, Genève) + MOONRITE (Duo Dark Pop Psyché) + WANDA DE LULLABIES (60’s Go-go dancing), à La Tête Blue, quai Perrière, à Grenoble. 20h https://www.facebook.com/events/1984255181862762/

vendredi 17 novembre 2017

Chronique : CHARLIE'S FRONTIER FUNTOWN + LULLIES + The ROUTES


 
CHARLIES FRONTIER FUNTOWN
In dust we trust, CD, Digital
Autoproduction
Supporte your local scene comme on dit ! Et je me suis donc acheté cet album. D’abord parce que j’avais aimé le premier. Ensuite parce que leur concert à La Belle Electrique en compagnie de Rising Steel et Nightmare m’avait bien collé au mur.
On l’a bien attendu cet album, il a été annoncé, et puis il y a eu des retards… Mais putain ça valait le coup !
Les Charlie Frontier Funtown pratiquent un Stoner Metal de très très bon, aloi !
Stoner c’est évident et Metal tout autant !
Des guitares bien grasses, un chant grave un peu hurlé/ crier… collant totalement à la musique très musclée du quintet ‘grenoblois’.
Ici on sent bien l’influence Heavy Metal dans certains riffs ou dans les duels de guitares, là on peut même ressentir quelques accélérations façon Thrash 80.
La majorité des tempos restent médians et la section rythmique millimétrée colle idéalement la musique des Charlie Frontier Funtown au sol. Un sol poussiéreux comme il se doit !
Bref un album comme une gifle en pleine gueule, doublé d’un uppercut au foie.
[BT]
En concert : Vendredi 8 Décembre : BEASTO BLANCO (Heavy Dark’n’Roll, avec la fille et le bassiste  d’Alice Cooper) + WHISKY OF BLOOD (Heavy Glam) + CHARLIE’S FRONTIER FUN TOWN (Heavy Stoner) + BLOODLOST (Thrash, Suisse), à l’Ampérage, à Grenoble


LES LULLIES
Don’t look twice, EP, Digital
Slovenly Rds
Sorte de super-band sudiste (de la France) étant précédé d’une flatteuse réputation (même des activistes pas branchés sur ce genre de musique sont tombé sous leur charme).
Voici donc leur 2ème EP, chez Slovenly Rds mazette, 4 titres qui déboulent au pas de charge !
Les Lullies proposent une version turbo compressée de la Power Pop, revisitée par le Punk 77.
Dans leurs chansons et riffs on sent les influences Rock’n’Roll traditionnel (où celles de leurs continuateurs type Flamin’ Groovies) et également des émanations de Rhythm & Beat sixties.
Ça se déguste sans aucune retenue !
En plus ils sont très bons sur scène comme on n’a pu le constater lors de l’excellente édition 2017 du Fast & Loud Festival de Mâcon !
[BT]
Ah oui leur premier EP ayant été très vite épuisé, si vous voulez l’écouter il faut allé ici : https://discosmeteoro.bandcamp.com/releases


The ROUTES
Dirty needles and pins, LP, CD, Digital
Greenway Rds
6ème album déjà pour ce projet drive par Chris Jack (qui joue de tous les instruments sur ce disque à l’exception de la batterie), et le 2ème cette année. Cependant le gars ne manque pas d’inspiration.
Toujours très revivaliste, et en l’assumant complètement !
Plein de pédales d’effets lui permettent de s’amuser entre Rhythm & Beat à l’anglaise (Pretty Things 65) et Freakbeat. Plus quelques touches plus brutales qui rappellent qu’à l’origine ils sont (mais est-ce autre chose qu’un groupe de scène dans la mesure où seul un gars drive tout en studio ?) japonais.
Manifestement ce Monsieur à une grosse collection de disque et aime beaucoup beaucoup de courants estampillés ‘Garage’ et il s’amuse avec tout ça mélangeant les chapelles, les ambiances, les courants pour aller vers quelque chose qui lui soit personnel. En tout cas au fils de ses péripéties musicales et de ses disques The Routes se constitue un following et développe une personnalité.
[BT]


mercredi 15 novembre 2017

Chronique : ABUS DANGEREUX 144 + CONNY OCHS live + DEAD HERO + ZACHARIE +

  
ABUS DANGEREUX n°144
40 pages imprimées couleurs + CD sampler 14 titres
Quand nous avons fait notre réunion de rédaction virtuelle pour définir le sommaire de ce n°144 il est assez vite apparu évident que le Dream Syndicate devait en faire la couverture. Depuis on a tellement aimé leur album et on s’est tellement régalé lors de leur concert que ce choix est bien plus qu’évident : essentiel ! Comme toujours en interview Steve Wynn se montre très généreux et prêt à échanger avec son interlocuteur (interlocutrice en l’occurrence Katimini qui suit sa carrière depuis longtemps et donc pose les bonnes questions).
Cependant on aurait aussi pû choisir de mettre Paul Rolland en couverture tant il revient très en forme et avec plétore de projets se rappeler au souvenir de ses fans français.
En plus de ces 2 là sur le CD sampler et dans les pages du n°144 vous retrouverez : Teenanger, Valparaiso, Jane Weaver, Don Joe Rodeo Combo, The Miners Of Muzo, Elias Dris, Flotation Toy Warning, Velvet Powder, Undermines, Les Copains, Maud Geffray et Slim Cessna’s Auto Club.
Soit un bon mélange de découvertes et de groupes / projets qui existent déjà depuis longtemps mais que pour une bonne partie je ne connaissais pas (et ceux que je connais je les adore).
Mais il y aussi au sommaire Cameleon Records (un label spécialisé dans les rééditions de disques Rock français, une vraie découverte pour moi)le Folk de Nesles, l’Indie 90 des réunionnais de Pamplemousse, le Folk ‘littéraire’ d’Adam H, Arianna Monteverdi et son rêve d’americana, les sur-brillants We Insist! Une interview du gars qui porte le projet du Psychedelic Museum, un texte de Jean-Bernard Pouy extrait du recueil de nouvelles en hommage au Clash. 10 pages de chroniques disques pour amateurs ouverts et exigeants. Et deux consacrées aux chroniques de livres Rock et fanzines + un portfolio live.
Voilà vous savez presque tout.
5 euros le numéro, ou abonnez-vous pour 20 euros et vous recevrez 5 numéros.
Disponible chez Disc Orama Records Shop, 11 rue Beyle Stendhal à Grenoble
[BT]


CONNY OCHS, au Théâtre Le Petit 38, à Grenoble
Je suis très très fan de sa musique et je suis bien content d’avoir réussi à le faire jouer au Théâtre Le Petit 38 (merci au Collectif Midi Minuit qui gère et programme dans ce lieu, sans qui ce concert n’aurait pu se faire) !
Et là dans cette ambiance intimiste et presque ‘magique’ nous avons eu droit à un moment hors du temps. Quelque chose de suspendu. C’était un de ces moments unique où on touche presque la grâce.
Du fait du côté intimiste du lieu et de l’audience ceux et celles qui sont venu ont été très attentif à la musique. Avec une écoute hyper intense que Conny Ochs comme nous avons ressenti.
Pour ceux qui n’étaient pas : dommage ! Car il est impossible de transcrire en mots ce qui s’est passé ce jour ci, à ce moment-là !
Il travaille déjà sur un nouvel album qui sortira l’année prochaine et j’espère être capable de la faire revenir à Grenoble. Parce que des moments comme ça se serait dommage de s’en priver !!!
Vous ne connaissez pas son œuvre il vous reste les disques pour vous préparer !
[BT] (Photo signée Christine Gonzales, merci à elle et à toutes celles et ceux qui ont fait de ce moment ce qu'il a été)


DEAD HERO
La vida continua, LP, Digital
Sabotage Rds
Ça se confirme ce label à une grosse capacité à découvrir d’excellents groupes et à sortir des disques pour rassasier les fans, dans des ‘styles’ assez divers…
Comme ces Dead Hero. Certes le nom n’est pas hyper original et leur musique reste assez proche des codes du genre qu’ils/elle se sont choisi mais pas non plus en restant bloquer dessus comme de bons écoliers.
Ce groupe colombien pratique une Oï à l’anglaise façon années 80 avec disent-ils une influence des groupes français de l’époque. Ça n’est pas faux, on sent aussi pas mal un côté Street Punk à l’américaine et une petite touche à la scandinave 90.
Le plus marquant se sont les voix féminines (chant principale, backing, deuxième voix…) qui enrichissent vraiment les morceaux. Et le chant en espagnol a toujours collé à ce style musical, ça n’est pas aujourd’hui qu’on va changer d’avis la dessus.
Il y a aussi un côté abrasif dans la musique de Dead Hero (Disorder ?) et malgré tout des mélodies prédominantes, même sur les titres rapides, qui ne sont pas la majorité sur ces 10 chansons présentes
[BT]


ZACHARIE
Giant bear, LP, CD
Z Production / Inouïe Distribution
C'est pas facile de croiser les traditions Folk, Blues et Country sans sonner clichés. Et sur ce 1er album le gars Zacharie arrive à en donner une version Indie Moderne mais respectueuse sans être scolaire, ce qui n'est pas un mince exploit. La très belle pochette met directement dans l'ambiance.
Très acoustique et pur, mais loin d’être dépouillé, il y a des arrangements sur cet album mais ils sont soyeux et discrets, mais bien là, sans envahir l’univers musicale. On est loin d’un album de one man band. Les chœurs féminins évanescents, cordes, cuivres, piano, clarinette… essaiment sur les 12 chansons ce qui leur donne une petite fragrance ‘Indie’ mais sans jamais tomber dans le vulgaire.
En plus de jouer de la guitare acoustique ou du banjo Zacharie à un registre vocal assez varié ce qui lui permet d’habiter chansons !
[BT]