jeudi 17 mai 2018

Chronique : NEON BONE + PETIT VODO + BARRENCE WHITFIELD + CUELLO



NEON BONE
That dog won’t hunt, LP, Digital
Monster Zero Rds / Mom’s Basement Rds
Pour ce 3ème album du groupe allemand je m’attendais à un disque de Pop Punk / Hc Melo école Lookout! Rds. Ce qu’il est indéniablement et ce qui ravira les accro du genre. Cependant il n’est pas que cela, car il contient aussi pas mal de chansons bien plus Pop / Power Pop ce qui le rend vraiment intéressant à mes oreilles.
Avec une coloration Indie Rock 90 qui est à la fois bien dans le courant de 2018, mais en même temps un amalgame d’éléments ‘historique’ d’un style musicale qui est souvent trop stéréotypé pour mon goût profond, mais, donc, pas là.
Les Neon Bone apporte une salutaire dose de diversité, tout en produisant un album d’une grande homogénéité, mais aussi d’une très grande efficacité, et qui distille beaucoup de joie au fan de musique qui se fiche des étiquettes,
Si vous êtes à la recherche de chansons musclées et mélodiques alors portez votre attention sur That Dog Won’t Hunt… il se pourrait bien que ses 12 titres soient le genre d’assemblage qui vous mettent chaque jour en forme !
[BT]

PETIT VODO
I like it like that, LP, CD, Digital
Bordeaux Rock / Differ-Ant
Ainsi donc le voilà de retour : le précurseur des One Man Band en France remet le couvert. Et il fait ça bien ! Pour nous délivrer ses meilleurs plats, il a convié quelques « guest » qui assaisonnent les plats de voix féminines, orgue, banjo, et autres joyeusetés du genre, afin que ce disque soit bien plus qu’un album de One Man Band de plus, comme le montre la version polyphonique de ‘The Man of constant sorrow’.
Sur ce ‘I like it like that’, Pete Vodo se fait plaisir (et je trouve ça très communicatif) en jouant avec quelques classiques du Blues / Country / Folk rural… un univers largement fantasmé quand on est issue du Grand Ouest (de la France). Habituellement je ne suis pas des plus convaincu par les covers, mais là le Monsieur et son entourage balancent des versions qui valent beaucoup plus qu’une oreille distraite tant il arrive à les tordre à sa main !
Trash Blues parfois, Rock swampy bricolé à d’autres moments, Death Country indolente, Folk sale… Pete Vodo leur fait tout à ces classiques parce que c’est ça qui conserve la musique vivante !
[BT]

BARRENCE WHITFIELD & The SAVAGES
Soul Flowers Of Titan, LP, CD, Digital
Bloodshots Rds / Differ-Ant
Quand on aime on ne compte pas… donc je ne sais plus à combien d’albums on est pour Barrence Whitfield et sa bande, mais je sais que le Plaisir est toujours là !
C’est vrai que la France a été une terre d’accueil pour ce gang depuis ses débuts, et ce même quand l’inspiration fut moins présente… Mais là je peux vous dire que ce Soul Flowers Of Titan il est chaud comme la braise ! Et que les vétérans en remontrent à tous les minets Indie Psyché, Néo Soul, revival Garage actuels !
Les Savages sont là pour griffer ! Ça tombe bien on en redemande !
Pour le reste c’est la même recette mais tellement relevée et préparée avec soin que je me goinfre cet album avec régularité !!!
Toujours ce bon vieux R&B 60’s furieusement maltraité, mais avec Respect, et / ou Soulful comme et quand il faut ! La voix, le sax, la guitare, de grandes chansons, pas de doute c’est du Barrence Whitfield & The Savages grand cru !
Des concerts en France pour juin vont bientôt être annoncés !
[BT]
En concert : Mardi 22 Mai : BARRENCE WHITFIELD & The SAVAGES (60’s R&B, Usa) + BLACK MAMBAS (Garage, Rock'n'Roll, Los Angeles), au Clapier, à Saint Etienne

CUELLO
Regalo doble, LP, Digital
Bcore Disc
J’ai un gros faible pour ce groupe espagnol, et ça n’est pas ce 4ème album qui va me faire changer d’avis.
Cuello c’est un véritable groupe d’amoureux de la musique fait pour ceux qui sont encore capable de prendre le temps d’écouter un album pour s’en délecter.
Car lors des deux premiers passages de ce Regalo Doble peuvent paraitre brouillon et confus.
Alors que dès le 3ème les chansons font leur travail, et s’insèrent en vous pour ne plus vous lâcher.
Leur leader José Guerrero à une capacité de composition qui est réellement impressionnante (on s’en rend également compte dans ses autres projets (Betinizer, Jupiter Lion, Secunda Persona…) et ça n’est pas cette fois-ci qu’on va être déçu. Au contraire. Creusant toujours son sillon qui mélange des éléments importés du Hard Core Mélodique, de la Power Pop moderniste, du Post Hard Core façon Washington des 90’s, du Pop Core anglais et du Post Punk, Cuello intègre aussi dans ses titres des sonorités Noisy Pop flirtant parfois avec le Shoegaze, voir le Post Rock.
Une oeuvre riche.
Dont la musicalité est mise en valeur par le travail d’un des maître du son de la scène espagnol (mais pas seulement) Paco Loco dans son Puerto de Santa Maria studio et le monsieur à de la bouteille (son CV parle pour lui ayant bossé avec les Posies, les regretté Travolta, Manta Ray, Migala, Dr Explosion, Las Kellies, G.A.S. Drummers, La Ruta, Dani Llamas et j’en passe un paquet).
Ce travail en commun a permis de trouver le juste équilibre entre les sonorités des instruments de placer la voix au bon endroit et de garder une énergie primordiale qui rend chaque chanson très excitante.
[BT]
En concert : Mercredi 23 Mai : BLACK MAMBAS (Punk’n’Roll, Los Angeles) + CUELLO (Indie Rock / Pop Punk, Espagne), au Trokson, à Lyon. Entrée libre


dimanche 13 mai 2018

Chronique : SUBSONICS + DIRTY COAL TRAIN + The NEEDS + JAMES LEG



SUBSONICS
Flesh colored paint, LP, CD, Digital
Slovenly Rds
ça fait un long moment que je salive en attendant ce nouvel album du génial trio d’Atlanta… en rongeant mon frein avec frustration car je savais cet album prêt depuis de longs mois, mais il fallut attendre qu’il s’insert dans le lourd planning du (toujours excellent) label Slovenly Rds.
Je dois dire qu’il a fallut un bon moment pour que je me fasse une religion à propos de ce Flesh Colored Paint et de ses 14 chansons. Qui sont plus posées, moins frénétiques et tendues que sur son génial prédécesseur ‘In The Black Spot’ surement leur meilleur album, donc difficile pour le nouveau de passer après.
Oui difficile mais justement les Subsonics propose cette fois-ci un disque différent, qui met bien l’accent sur leur versant Velvet : Swell Maps, mais en mieux, avec cette touche unique de morgue Garage Punk. Pas de frénésie mais le respect de l’intelligence et du bon goût du public avec des chansons travaillés et toujours dans ce style qui totalement UNIQUE et identifiable dès la première note,
alors déçu par ce Flesh Colored Paint ? Aucunement. Un peu désarçonné, mais également reconnaissant aux Subsonics de s’être donné autant de mal pour créer un album qui passe l’épreuve du temps et des très nombreuses écoutes avec à chaque fois un plaisir qui augmente et toujours des moments qui se révèlent d’une fois sur l’autre !!!
oui, une fois de plus MERCI !
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The DIRTY COAL TRAIN
Portuguese Freakshow, 2LP
Groovie Rds / Garagem Rds
En titrant ton disque Portuguese Freakshow tut e met la pression quand même ! Surtout avec un double album. Cela dis au vu de la quantité des guests ici présent (plus de 17 invités sélectionnés parmi l’agitée scène portugaise actuelle, des musiciens – iennes rencontrés tout au long de la déjà longue carrière des Dirty Coal Train) il y a un côté état des lieux bien venu !
Plus qu’un album sur double LP est comme une compilation servant de panorama de la scène Garage Portugaise actuelle. Elle prouve issue sa vitalité, sa profusion, sa diversité et ses qualités.
38 titres s’est beaucoup à écouter, découvrir, mais s’est surtout beaucoup de plaisir ! Je dirais même de plaisirs !
Beaucoup de ‘genres’ se carambolent ici : Garage / Psyché / Surf / Art Rock / Swamp Rock / Proto Punk / Pré Power Pop… cependant j’aurai tendance à dire : au diable les étiquettes, car ce qui compte véritablement c’est la qualités des titres. Et de ce côté là on n’est pas déçu ! Et même je suis très très emballé. Normalement je n’aime pas les compil. Celle-ci est certes un peu particulière, mais elle me régale et surtout donne l’envie très forte de se pencher de ses la scène lusitanienne de façon très poussée !
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The NEEDS
The Most Elegant Hanged Men, CD,
Nova Express
Depuis leur 2ème album je suis accro aux Needs ! Et j’ai tous leurs disques (et j’ai même eu la chance et le privilège de les voir sur scène) ! Cependant bien que je sois accro à leur musique j’avais fini par faire une croix sur ce nouveau disque : enregistré en mars 2012, et mixé en avril 2014 par Lucas Trouble leur producteur fétiche qui comme à chaque fois joue de l’orgue(s) sur cet album. Évidement les vicissitudes de la vie et les décès ont ralentis énormément la sortie. En tout cas bien que le temps fut long la patience des fans est récompensée !
Si pas une fois dans leur carrière les Needs n’ont fait preuve de faiblesse ou de facilité dans leur discographie, je dois reconnaitre qu’à titre personnel je suis accro à ‘Songs From The Grave’ et ‘Santa Rita’. Donc après plus de 8 ans d’attente débarquer par surprise et balancer un album aussi emballant que ce The Most Elegant Hanged Men n’est pas un petit exploit !
Si les Needs pratiquent toujours une musique qui les distinguent de la masse (Garage Rock / Power Pop 90 / Indie Rock / Paisley Underground… sans nostalgie ni passéisme) créer une œuvre aussi sur le fil du rasoir entre mélancolie et euphorie est une belle chose !
[BT]
En concert : Vendredi 18 Mai : The NEEDS (60’s Rock classieux et excellent) + SWAYS (Psych Pop), au Farmer, à Lyon

JAMES LEG
Blood on the keys, LP, CD, Digital
Alive Rds
Merde alors il enchaîne très vite après son excellent album sorti en 2015. Celui-ci est tout aussi bon ! Je dirai même encore meilleur !!!
En tout cas très très varié, plus que d’habitude, avec un côté Tom Waits qui me ravie, et étend encore la palette musicale du gars James Leg. Ça peut aussi rappeler le meilleur de Gallon Drunk. De très grosses références que je ne dégaine pas pour n’importe qui tant elles sont écrasantes. Mais là Monsieur James Leg à les épaules, et le talent pour supporter la comparaison.
Un disque super varié notamment en matière de rythmiques qui parfois sont même assez loin des standards Rock…
Ce qui est très bon et rend l’album palpitant dans son intégralité et fais ressembler chaque nouvelle écoute à une exploration sonore !
Au top !
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En concert : Vendredi 18 Mai : JAMES LEG (Psyché Blues Soul, Usa) + Guest, au Brin de Zinc, à Chambéry – Barberaz
https://lengeance.bandcamp.com/album/james-leg-live-deep-inside-klub-dijon
Et :
Samedi 19 Mai : JAMES LEG (Gospel Stoner Blues, Usa), au Trokson, à Lyon. Entrée libre

dimanche 6 mai 2018

Chronique : SHIFTERS + TRIPTIDES + TOMMY LORENTE + DUCHESS SAYS



The SHIFTERS
S/t, LP, Digital, K7
Future Folklore Rds
je garde les oreilles bien ouvertes sur ce que sort ce label qui à vraiment un goût très sûr et un grosse capacité à dégoter des groupes qui sortent résolument de l’ordinaire !
Et c’est une fois encore avec ces Shifters de Melbourne, qui avait auto édité en cassette ce 1er album.
Si vous aimez le Rock Indie déviant qui tire vers l’Art Rock, quelque part dans un univers mental un peu maladif à la Country Teasers / The Fall / Television Personnalities… alors je vous recommande vivement de vous immerger dans cette musique !
The Shifters utilisent leurs instruments de façon assez surprenante et sortent des chemins ultra balisés de la scène indépendante actuelle !
Le quintet 2 guitares, basse, batterie, synthés et plein de voix mais sans que ça devienne envahissant. On s’en bien le côté rétro 80 froid et un peu désincarné. Mais ils puisent aussi au late 80’s… avec la fraîcheur et l’innocence de tous ces groupes anglais qui auto produisaient leur musique sur des cassettes et de single bricolés maison. Ça évolue dans un héritage Rock cérébrale façon Velvet Underground (on jurerai entendre du violon parfois , surrement parce qu’il y en a un) / Swell Maps. Mais sans jamais copier.
Ni sombrer dans le bête revival, la resucée ou la révérence !
J’aime beaucoup cette musique bancale et qui donne parfois envie de se gratter, comme un pustule ou un eczéma…
Comment ils chantaient déjà les autres ? Ah oui : ‘Pour une existance saine’. Ces Shifters là n’en ont rien à branlé ! Tant mieux !!!
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TRIPTIDES
Visitors, LP, CD, Digital
Requiem Pour Un Twister
Déjà cette éclairante pochette vous plonge dans l’ambiance. Naturellement psyché. Signe des temps, mais aussi désir du groupe californien qui depuis ses début se réclame de la scène Sixties psychédélique. Et du soleil. Comme ambiance (plage, filles en maillot de bain, feu de bois, spliff qui tournent…) mais peut-être aussi comme totem…
Garage Psyché sixties : oui ! Revivalistes ? Oui ! Mais finalement Triptides arrive à ne pas sombrer dans le rance et la copie primaire. Sans doute grâce à la capacité qu’ils ont à injecter de la beauté dans leurs chansons… à travers un formidable travail sur les voix, mais pas seulement ! Qui il faut l’admettre sont faite comme autre fois pour avoir l’air d’autre fois. D’ailleurs certaines ont aussi la saveur de vraies petites pépites découverte par les plus fins diggers underground… Parfois j’ai l’impression d’entendre une bande originale de film composée dans ces années là par un des petits (mais tellement talentueux) maîtres du genre et qui font la joie des fans et des labels de rééditions,
Après tout pourquoi pas. Je suis perso réfractaire à cette mode du vintage. Mais si en musique ça continue à nous offrir des disques de ce calibre, alors je signe dessuite !!!
[BT]

TOMMY LORENTE
Stupéfaction, CD, Digital
Autoproduction
J’avais fortement craqué sur son précédent album. Ce qui n’était pas gagné tant le Rock qui chante en français me fait souvent l’effet d’une douleur dans le cul pour traduire cette belle expression anglaise,
Mais pas dans le cas de ce jeune homme qui à un véritable talent pour trousser des chansons. Des titres entre Rock et Pop (donc qu’on pourrait aisément ranger dans la catégorie Power Pop) sur lesquels il chante dans sa jolie voix, et en français,
Musicalement on est dans une filiation qui doit pas mal aux grands maîtres anglais (genre Kinks de la période héroïque). Mais aussi pas mal aux grandes heures du style Frenchy but chic (les Dogs, rien de moins).
Alors Tommy Lorente chante, sans avoir une voix avec un registre ultra vaste, celle-ci se pose parfaitement sur ses musiques qui sont bien Rock. La voix est un peu en avant. Mais on est loin du mixage variétoche ou Rock à la française qui a tellement ruiné de disques d’ici. Le fait que tout ceci soit fait de façon totalement DIY / Autoproduit lui permet de réaliser exactement le disque qu’il veut, comme il veut !
Plus détendu et à l’aise que sur l’album précédent, avec un son ciselé et précis, Tommy Lorente revient avec ce ‘Stupéfaction’ qui joue joliment avec les clein d’oeil aux fans de Rock éternel. Et il compose là 10 chansons de fan pour les amoureux du genre !
Jetez-vous dessus !
[BT]

DUCHESS SAYS
Sciences nouvelles, LP, CD, Digital
Slovenly Rds
Ce 3ème album commence par des notes de synthé rappelant ‘Get a grip on yourself’ ce qui situe bien ce disque. Imaginez de jeunes Stranglers vindicatifs  drivés par la voix énervée et / douce d’une chanteuse.
Synth Punk parfois désincarné, froid et mécanique, parfois très Punk brutaliste / bruitiste. L’ambiance baigne dans les froidures 80’s, parfois lardées de fulgurances Noisy 90. Avec aussi des passages presque Post Rock. Donc une musique variée mais dans une ambiance homogène et au service de super titres réellement accrocheurs.
[BT]
En concert : Samedi 12 Mai : DUCHESS SAYS (Punk proto electro, Montreal), au Groom, à Lyon

vendredi 4 mai 2018

Chronique : EN ATTENDANT ANA + BLIND SUNS + RED GOES BLACK + LEFT LANE CRUISE



EN ATTENDANT ANA
Lost & Found, LP, Digital
Montagne Sacrée / Buddy Rds
Bon il va quand même falloir que les musiciens réfléchissent plus en choisissant leur nom de groupe / artiste. Car contrairement à ce qu'on peut attendre avec ce groupe il chante en anglais, et pratique une merveille de Pop Indie qui revendique sa filiation C86, Twee Pop... site Flying Nun (ce qui met la barre haute mais elle/ils savent être au niveau) et Electralane (que j'avais totalement oublié).
La voix rappelle aussi la période Blonde Pop. Et dès le 1er titre (judicieusement intitulé Intro) vous êtes happé par l'ambiance musicale ou la trompette délicate donne une vraie belle couleur presque inédite à leur Pop. Puis vient la voix, et là vous êtes piégé dans cette album qui vous enferme comme dans un rêve éveillé !
Pour bien cerner la musique de En Attendant Ana ils faut imaginer le Arcade Fire des débuts (avant qu’ils deviennent chiant quoi) qui auraient signé sur le label madrilène Elefant Rds. Soit la rencontre du Rock des grands espaces, ambitieuse et un peu ‘héroïque’ avec une tradition Pop Indie qui fait la part très belle aux voix féminines.
[BT]

The BLIND SUNS
Offshore, CD, Digital
Deaf Rock Rds / La Baleine
Comme je ne suis pas du tout mégalomane il m’arrive parfois de me dire que certain disques sont fabriquer uniquement pour mon plaisir personnel.
C’est le cas de ce 2ème album du trio angevin, qui mélange idéalement Blonde Pop, Surf Music et Shoegaze, Avec la candeur de la scène C86, mais dans un esprit résolument post moderne tellement actuel.
La voix féminine prend le dessus sur celle de son acolyte masculin. Les voix sont primordiales dans la constitution des chansons, la chant, les voix doublées, les chœurs, et aussi parfois les voix comme sons limites spatiaux ou inquiétants…
C’est très beau !
Voici un assemblage de perfect Pop songs comme seul les anglais savent normalement nous en donner. Créer dans un univers mental qui doit sans doute beaucoup aux grands espaces américains et à la beach culture, Le tout parfois tempéré de la douceur angevine, et non dénué d’une certaine mélancolie ultra moderne,
Un album cool & easy, Qui distille du bonheur mais avec profondeur !
[BT]
En concert : Vendredi 25 Mai : The BLIND SUNS (Indie Pop Psyché) + KALEIDO STAR (Psyché Brit Pop), à La Marquise, à Lyon. Entrée gratuite

The RED GOES BLACK
Fire, LP, CD, Digital
Hold On Music / Wagram
En voilà du bel ouvrage, ces ‘rockers’ se sont lancé depuis 8 ans dans une musique qui mêle le Blues, et le Rock dans un esprit très soulful. Sur ce 2ème album on replonge dans l’ambiance late 60’s / very early 70’s, notamment grâce au chanteur dont la voix rappelle joliment celle de Steve Wonder. Ce qui met la pression, mais comme le groove est là, le son aussi (made in L.A.) et surtout les chansons de ce Fire se montre digne de son titre.
En plus les guest (Lisa Kekaula et Lady Wray) apportent un riche contrepoint à l’ensemble !
Comme les bretons ne sont pas bloqué sur un seul truc leur musique est riche de leurs goûts vastes et variés (country, folk, rock…) résultat ici il n’y a pas un exercice de style qui tente de reproduit une époque fantasmé, mais bien des musiciens qui s’éclatent à jouer la musique qu’ils aiment (comme le firent aux temps de leur splendeur les Black Crowes). C’est du bien bel ouvrage ! Et ça s’écoute goulûment !
[BT]

LEFT LANE CRUISER
Claw machine wizard, LP, CD, Digital
Alive Natural Sound Rds
Dès la pochette on comprend qu’ils sont de retour à leur formule duo. Et on pourrait croire à un album très ‘Back to roots’.
Or ça n’est pas totalement le cas notamment grâce à la présence extrêmement forte de l’orgue dans ce disque !
Car apparemment la volonté de Freddy J Evans IV (guitare / chant et seul survivant des débuts) était d’enregistrer un album dans un esprit Soul. Ben faut reconnaître que c’est quand même souvent passé à la moulinette Blues Punk typique de Left Lane Cruiser, mais que ça transparaît sans qu’on ait besoin de lire la bio ou les interviews pour cela.
Bien évidemment les Left Lane Cruiser ne se sont pas compromis en virant néo Soul. Ils ont ajouté un supplément d’âme à leur musique pour créer un nouvel album qui montre qu’ils sont toujours aussi excellent, créatif, au-dessus du lot et capable de pondre un disque qui à la fois s’inscrit dans leur histoire musicale et renouvelle l’intérêt pour eux !
[BT]
En concert : Jeudi 10 Mai : LEFT LANE CRUISER (Blues Trash Garage Punk, Alive Rds, Usa) + TYVEK (Indie Post Punk, Usa), à l’Ayer Boat Café, à Lyon

mardi 1 mai 2018

Chronique : ODESSEY & ORACLE + ELECTRIC MESS + LA DANSE DU CHIEN + QUEEN KWONG


ODESSEY & ORACLE
Speculatio,  
Bongo Joe Rds / L’Autre Distribution
Après leur premier album réussit de bout en bout (mélodieuses Pop songs sixties aux arrangements légers et beaux) revoici les lyonnais avec un 2ème LP, qui, comme le montre la pochette dans l’esprit de celle du précédent, poursuit le développement de leur univers musical.
Cependant il y a aussi un changement sur ce « Speculatio » et pas des moindre : le chant est désormais en français. Ce qui peut faire craindre le pire. Mais au contraire ça se marie parfaitement à la Pop baroque d’Odessey & Oracle.
Un vrai défi réussit, et un tour de force tant les voix sont importantes dans leur musique. Ce qui  nécessite d’écrire d’excellentes paroles pour être à la hauteur de leurs mélodies…
Ce qu’ils font brillement !
Quand on est un peu branché Pop 60’s un nom comme le leur fait que les attentes sont fortes, très fortes, et ils ne déçoivent pas.
La voix de la chanteuse (parfois rejointe par celle de son co équipier), les arrangements (flutes, mélotron, cordes, claviers…) concourent à donner de la moelle à leurs 11 chansons. Et leur musique s’enrichie encore avec de discrets emprunts aux 70’s et même aux années 80 (et toute cette mini vague de bricoleurs de Pop de cuisine qui mettaient leur compositions sur les compils K7 des tape traders de la planète entière), le côté bricolé en moins tant le son est cristallin et la mise en place helvétique (comme leur label).
Par moment on se croirait en plein dans une œuvre de musique du 17ème siècle français. Avec un côté troubadour. Et Weird Folk. Et bande son des séries de prestige de la télé française des années soixante et soixante-dix (quand les compositions étaient confiées à de vrai compositeurs ayant les moyens de leurs ambitions).
Un must du genre !
L’album du mois de Voix de Garage !
[BT]
En concert : Samedi 5 Mai : ODESSEY & ORACLE (Pop baroque magnifique) + KROGSHOY (Post Pop), Café du Nord, place claveyson, Grenoble centre
https://www.youtube.com/watch?v=Y4jFCCtz96M
The ELECTRIC MESS
The beast in you, LP, CD, Digital
Soundflat Rds
Dire que j’attendais ce nouvel album du quintet new yorkais est en dessous de la réalité tant j’avais adoré le précédent. Et je ne suis pas déçu !
Avec ce titre on comprend qu’il faut écouter ce disque fort ! Mais comme à chaque fois avec les Electric Mess leur Garage 60’s Punk Psyché est bien plus subtile qu’il y parait !
Les duels de guitares sont toujours là, mais parfois c’est avec l’orgue (sixties, mais sans clichetons) que la gratte rivalise. Les chansons aussi !
En équilibre entre Garage Punk furieux et titres plus mid tempo et lysergique…
Et bien sûr le truc en plus c’est cette voix androgyne, mais qui apporte tellement aux chansons avec sa capacité à la variation / adaptation aux besoins mélodiques !
Alors évidement avec un album nommé ainsi Electric Mess sort plutôt les guitares 60’s heavy barbelées et nous montre son versant Punk. Mais pas seulement ! Ils/elle aiment jouer avec leur côté vénéneux et insidieux… et moi j’aime qu’ils/elle jouent avec moi !
Oh oui que c’est bon !
Un peu de ‘fais moi mal johnny johnny’ ça peut pas faire de mal… cependant si sur cet album Electric Mess à un peu musclé son jeu ce n’est pas pour autant que le groupe à perdu sa capacité a être subtile !

[BT]
LA DANSE DU CHIEN
Monsters and mermaids, CD, Digital
Arts & Spectacles
C’est la très belle pochette qui m’a intriguée, et le titre de cet album. Il est dommage que le nom de ce groupe vous orienté vers une idée fausse de la musique que contient cet album. Manifestement quand ils ont démarré le groupe il y a 20 ans ils n’avaient pas pensé à ça.
Musicalement on navigue ici dans une sorte de Blues Noisy / Swamp Rock / Art Rock qui rappel le Sud profond, mais aussi une certaine scène australienne (Scientists, Beasts of Bourbon…) et new yorkaise (Pussy Galore, Chrome Cranks….) sans oublier une certaine vision de la New Orleans. Le saxophone très présent donne une coloration Jazz libre / Noise Rock 90 à la musique de La Danse Du Chien (qui avait appelé un de ces albums précédents ‘Jazz Punk Circus’ ce qui est je trouve très parlant).
Alternant compositions et versions réelement personnelles de ‘classiques’ (au point de les rendre parfois méconnaissable) le quintet publie une de ces œuvre qui vous colle au fond de votre siège !
Ça n’est pas souvent qu’un disque aussi dense et profond, puissant et mystérieux arrive jusqu’à mes oreilles. Mais c’est pour des moments aussi merveilleusement intense que je continue à écouter des nouveautés ! il s’en est fallu de peux pour que je passe à côté de ce disque… suivez mon conseil mettez vos 2 oreilles bien ouvertes sur La Danse Du Chien !!!
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QUEEN KWONG
Love me to death,
Autoproduction
Ça partait pas bien pour moi ce disque : le nom, bof bof, la pochette façon chanteuse Indie Folk geignarde…
Et puis à la 1ère écoute : la révélation !
Pas du tout ce à quoi je m’attendais ! Ici il est question d’Indie ROCK. Issus des traditions late 80 et 90’s. Mais sans les senteurs naphtaline des revivalistes actuels. Queen Kwong possède une forte personnalité et ne copie pas, certes elle pille des scènes Uk & Us de ces temps-là mais c’est pour les amalgamer à certains éléments Post Hc / Math Rock / Proto électronique / Stoner... bien actuels. Le tout avec une touche Art Punk qui fait toute la différence. D’autant que parfois on penche vers le Trip Hop au détour d’une chanson.
Ça gratte, parfois ça cogne, la ‘douceur’ féminine réapparait aussi de loin en loin. C’est surtout les chansons qui marquent. Avec parfois une instrumentation qui sort des sentiers rebattu typiquement Rock, pour aller vers une B.O façon Road Trip.
La mise en son de Joe Cardamone de Icarus Line touche à la perfection, et cet album est un bonheur pour auditeurs exigeants.

[BT]