vendredi 25 janvier 2019

Chronique : STARETZ + ENTRACTE TWIST + DUNCAN REID + LAME


STARETZ
From lead to gold, LP, CD, Digital
Bang ! Rds
Si tout comme moi vous êtes très sensible à qualité des compositions, et à la finesse de l’interprétation alors ce 3ème album des vétérans / survivants / défenseurs du Rock stylé comme on à su en fabriquer en France depuis les Dogs jusqu’à nos jours va totalement vous emballer !
Cependant Staretz va puiser loin de ce qu’on peut attendre d’un album qui à la force de conviction d’un Classique du Rock, puisque le groupe aime le saxophone, l’orgue, les bongos…
Entre Pop 60’s / Rock 70’s / Glam / Pub Rock et Frenchy but chic… ça me fait penser à Rod Stewart de la période flamboyante, se mélangeant avec Cold Chisel, voir même les Byrds… Le top niveau quoi ! Attention Staretz ne s’inspirent pas des ces références (ou des autres que leur musique peut évoquer), pas plus qu’ils ne copient ou sont dans le revival. Simplement ils intègrent 60 ans d’histoire du Rock pour composer des chansons qui ont tout de classiques !
En plus le son et la production de cet album sont chaud et soyeux comme il convient à ces 13 chansons ouvragée avec art et délectation !
Du bonheur en sillons !
[BT]
ENTRACTE TWIST
S/t, LP, CD, Digital
Requiem Pour Un Twister / Bertus
A cheval entre Pop Electro Frenchy façon Jeunes Gens Modernes des années 80 glaciales (Taxi Girl, Stinky Toys, Ici Paris...) et fantasme proto Electro (Suicide) avec une petite touche Post Punk à l'anglaise… On évoque même à leur sujet la scène Növö (alors que désormais, plus rétro que le Növö, tu meurt).
Les textes en français sont disent-ils inspirés de Philip K Dick et JG Ballard, pas les gars les plus drôle de la littérature d’anticipation (mais parmi les meilleurs du genre), là aussi on va piocher dans le passé (70’s et 80’s) pour définir une musique de notre monde post ultra-modernité !
En tout cas ce chant en français et ces textes rencontrent idéalement cette musique pour donner un album extrêmement attachant et flottant hors (ou au dessus) du temps. Comme une BD de chez Futuropolis… 8 titres très dense et qui ne connaissent pas de baisse d’intérêt !
Normalement le chant français ça n’est pas ma came mais là on est dans le très haut niveau !
[BT]
DUNCAN REID & The BIG HEADS
Bombs away, LP, CD, Digital
Little Big Head Rds
Moi ce qui m’époustoufle c’est la capacité de ce monsieur à écrire encore et encore des putain de Pop songs qui sonnent si évidentes à la première écoute et reste en vous comme des tubes ressurgissant à chaque écoute comme des classiques inusables !
Un fois de plus avec son gang Duncan Reid propose un album (le 3ème) rempli de mélodies sucrées et musclées. Une sorte de bréviaire de tout ce qu’on aime dans la Power Pop, avec petite touche de ce qu’on a appelé New Wave aux commencement (Costello, Joe Jackson) pour le traitement du son, un poil de Bubble Gum pour le côté aérien et de Glam pour les paillettes.
Tout ça pour sublimer des mélodies ultra catchy qui se fraient un chemin dans tous votre corps, de la tête aux genoux… Du cervelet au cerveau reptilien !
14 chansons réjouissantes, entraînantes, enthousiasmantes et jamais jamais lassantes !!!
[BT]
En concert : Mardi 29 Janvier : The MORLOCKS (Légendes Garage Punk, Usa) + DUNCAN REID & The BIG HEADS (Power Pop excellent, Uk), à La Cordonnerie, à Romans Sur Isère
LAME
Alone And alright
Alien Snatch Rds
Ce que j’aime chez ce trio ‘italien’ c’est qu’il a une très forte personnalité musicale ! Les résidents turinois sortent leur 3ème album, et pour la 2ème fois ils sont accueillis par le label berlinois qui a dû faire jouer ses relations, et c’est rien de moins que Tim Warren qui en assure le mastering. Ce qui a l’écoute n’est pas une surprise tant la version très Noisy / Weird que LAME donne de sa vision du Country Trash Blues Garage n’est pas éloignée de ce qui a fait trembler la scène des 90’s grâce à certains groupes de chez Crypt Rds (Country Teasers, Gories, Oblivians…). Ils/elle poussent leur musique jusqu’à y inclure des éléments de Post Punk, d’Indie Noisy, et même de Pop. Mais avec parcimonie, l’objectif étant de trouver Leur Voie !
Avec LAME on n’est pas dans la redite. Plutôt dans un prolongement, une tentative de trouver sa propre façon. Ce qu’ils réussissent très bien ! Notamment grâce à un fort travail appliqué aux voix. Et bien sûr à la tessiture sonore, à la fois Trash mais très audible. Et avec adjonction d’éléments très importants pour la qualité de cet album (voix féminines en lead ou en chœurs, instruments à vents traités comme des guitares, autres langues que l’anglais…).
Avec leur curriculum vitae déjà bien remplis (Lame est constitué d’ex Movie Star Junkies, Two Bo’s Maniacs…) ils viennent d’un background où on a déjà beaucoup réfléchit pour ne pas être un groupe Garage de plus. Et Lame pousse cette réflexion plus loin encore.
[BT]
En concert : Vendredi 1er Février : LAME (Country Trash Blues Garage, Alien Snatch Rds, Italie), au Poulpe, à Reignier (74)

lundi 21 janvier 2019

Chronique : MARSHMALLOW OVERCOATS + ALEX GAVAGHAN + CLARCK TWAIN + SYD KULT + The MORLOCKS


The MARSHMALLOW OVERCOATS
Songs from the Motion picture All You Need Is Fuzz, 2 LP, CD, Digital
Area Pirata
Donc voici une compilation qui couvre les 35 ans de carrière de ces pionniers du Garage Punk Revival / Paisley Undreground américain !
Jusqu’ici je n’avais qu’une copie K7 de leur album de 1988 et un single datant de 1991 tant il est vrai que ce groupe ne jouit pas d’une aura et d’un distribution en Europe à la hauteur de son gigantesque talent !!!
Ce qui va, je l’espère, être réparé par le film documentaire qui leur est consacré !!! Pour vous le procurer: http://www.purple-cactus.tv/garage-nation/marshmallowovercoat.html.
Et avec ce Best-Of qui vient à la fois en double LP et en CD (avec 3 nouvelles chansons, et 7 autres qui apparaissent sur un CD pour le première fois) les 2 versions contiennent un livret de 56 pages sur la longue et brillante carrière du groupe !
Franchement si vous êtes branché Psych Garage Sixties alors voici une pièce maîtresse du genre !!!
Et pas qu’un peu !
Je me dis que certains vont enfin les découvrir (ou les redécouvrir comme dans mon cas) ! Et ça représente des heures et des heures de bonheur au fils des écoutes car les chansons des Marshmallow Overcoats ne font pas partie de celles qui se consomme et s’oublient aussi tôt !
Clairement cette compilation (mais également l’intégralité de leurs albums en écoute et vente ici : https://marshmallowovercoat.bandcamp.com) montre à quel point il faut réévaluer la place de ce groupe dans l’Histoire du Revival Garage !
Avec la profondeur de certains de leurs titres, le psychédélisme puissant d’autres et l’entrain Fuzz / Organ oriented Garage il y a de quoi plier la gaule des plus exigeants !!!
Le groupe espère qu’il y aura assez de fans intéressés pour revenir en tournée en Europe en 2019 !
Je m’en pourlèche les babines !!!
Et sinon le dernier peut s’acheter & s’écouter chez Area Pirata Rds (qui je me répète est un formidable label) : https://areapiratarec.bandcamp.com/
Album du mois de Voix de Garage !
[BT]
ALEX GAVAGHAN
Whool behaviour,
Freaksville Rds
L’ex guitariste chanteur du groupe The Cubical (que je ne connais pas mais comme ils avaient publié pas mal d’albums je me dis que cette indication dois sûrement évoquer quelques souvenirs chez certains) revient avec son 2ème album. J’avais beaucoup aimé déjà le 1er en 2015. Il aura pris son temps, notamment celui nécessaire à constituer un vrai groupe autour de lui.
10 chansons signées de ce song writer fin et pertinent qui nous ramène de façon euphorisante à une époque d’innocence avec sa musique qui doit beaucoup au pionniers du Rock’n’Roll, aux Girl groups, au Mersey Beat, et aux grands compositeurs de la musique populaire anglaise. Alex Gavaghan se hisse à la hauteur des meilleurs dans l’histoire du pays et pourtant l’héritage est lourd ! Mais il porte ça en 28 mn de bonheur.
Totalement plein d’anglicité le liverpuldien ne crains pas de faire des clins d’œils appuyés vers une version fantasmée des Usa.
Tout ce que j’aime dans un album extrêmement euphorisant !!!!
[BT]
CLARCK TWAIN
Life is wonderful, Digital
Fly High Rds
On ne pourra pas dire que ce chanteur / guitariste / songwriter américain n’aura pas donné des indications probantes dès le prime abord pour son premier album !
Son nom de scène, et le titre de ce disque vous pose quand même assez clairement quelque part ! Entre la Pop Indie, et le Folk des grands espaces et des grands conteurs d’histoires. Le tout dans une mise en son qui peut rappeler les meilleurs moments de la Power Pop des 80’s et de ce qui s’est appelé originellement la New Wave.
Le monsieur ne se contente pas de reproduire des recettes bien apprise (même si il reste dans la grande tradition des meilleurs song writer américain) il donne aussi de l’ampleur à sa musique en piochant de ci de là, s’approchant parfois du génie de Mercury Rev, allant jusqu’à la Pop Noisy qui aime à s’étendre !
Même cette très jolie pochette dis le coté beau & onirique qui irrigue cette musique !
Sans pour autant tomber dans la sensiblerie, la mièvrerie ou le mollasson.
Une ôde à la beauté de la vie ! Ça se doit d’être étincelant et brillant, ce que réussit Clarck Twain dès son 1er album !
Un vrai disque pour les amoureux de la musique et de la vie !
La class !
[BT]
SYD KULT
Weltschmerz, CD, Digital
M & O Music / Believe
Eux appellent ça du Deep Rock, on pourrait aussi qualifier leur musique de Dark Rock, en tout cas ce trio sur sont 2ème album se situe aux confins du Grunge du Stoner et d'un Rock Heavy qui n'a pas peur de la complexité instrumentale mais ne sombre jamais dans la complaisance, le maniérisme, ni la vaine branlette de zicos.
Parfois grandiloquent, faisant preuve d’ampleur et d’ambition dans les arrangements (quelques éléments électronisant, voix féminines, violon, claviers…) voici un vrai album qui donne de l’espace à la musique.
Que vous soyez fans de Rock ou de Metal je vous conseil de faire preuve de curiosité et de vous donner le temps d’écouter cet album ! S’il vous reste encore des choses entre les oreilles cette musique est susceptible de vous stimuler et de vous toucher !
[BT]
The MORLOCKS
Bring back the mesmeric condition, LP, CD, Digital
Hound Gawd
ça faisait un long moment qu’on avait pas eut de nouvel album des Morlocks (8 ans quand même) et franchement j’étais dubitatif par rapport à ce retour. Mais les excitantes écoutes répétées de ce nouveau long play prouve qu’on assiste ici à une résurrection !
Le maître Kuoizumi s’est entouré d’un backing band cinq étoiles ! Jugez plutôt, les musiciens ici présent ont aussi joué avec les Fuzztones, Q65, Link Wray, Cheeks, Montesas, Magnificent Brotherhood, Sonny Vincent, Humpers, Gravedigger V, Hangee V. ça calme ! Et clairement ils ne sont pas là pour cachetonner !
Nous voici avec 10 compos bien sexy, tendues, musclées, mélodieuses, interprétées avec maestria et magnifiquement mis en son (tranchant le son) par Jim Diamond.
En 2016 les italiens de Area Pirata avaient publié un single des Morlocks qui montrait un groupe très en forme, mais j’avoue que je ne m’attendais pas à un album aussi réussit de bout en bout !
Garage Punk dans sa meilleure acceptation, Fuzz, Detroit Sound, R&B, Sixties et tellement plus que ça ! Une collection de chansons qui botte le cul !
[BT]
En concert : Mardi 29 Janvier : The MORLOCKS (Légendes Garage Punk, Usa) + DUNCAN REID & The BIG HEADS (Power Pop excellent, Uk), à La Cordonnerie, à Romans Sur Isère

samedi 19 janvier 2019

Chronique : BRYAN'S MAGIC TEARS + HELIUM HORSE FLY + RIKKHA + The RG'S


BRYAN’S MAGIC TEARS
4 AM, LP, CD, Digital
Born Bad Rds / L’Autre Distribution
A vu du nom de ce groupe je n’attendais pas vraiment ce genre de musique en posant cette galette dans le lecteur ! Mais quelle belle découverte. Je crois que je suis accro !
Idéal croisement entre l’Indie Rock à l’américaine de la fin de la décennie 80, et du meilleur des 90’s avec la Pop Noisy distordue anglaise de ces époques là, Bryan’s Magic Tears se situe parfaitement dans la tendance actuelle des jeunes groupes qui pratiquent le synchrétisme entre les chapelles.
Avec parfois de longue balade instrumentales au sein des chansons. Mais celle-ci restent toujours des chansons qui s’accrochent à vous, et comme je n’ai pas envie de les lâcher : la vie est belle !
[BT]
En concert : Samedi 9 Février : BRYAN’S MAGIC TEARS (Indié Psyché Pop) + LE VILLEJUIF UNDERGROUND (Garage Pop), au Brise-Glace, à Annecy
HELIUM HORSE FLY
Hollowed
Dipol Experiment Rds
C’est d’abord la splendide pochette qui à attiré mon œil sur la pile des nouveautés reçu à Radio Campus Grenoble, et comme le ramage est aussi puissament évocateur que le plumage je suis en pâmoison quand j’écoute (un paquet de fois depuis 3 semaines) cet album. Ce Hollowed est le 4ème du quatuor belges !
J’aime beaucoup comment elle/ils définissent eux même leur musique : ‘Experimental Rock, Venimous Noise, Progressive Baroque Hardcore’. Et on ne se moque pas de vous en étant à la hauteur de ce qu’évoquent ces étiquettes/définitions !
Concernant Helium Horse Fly (déjà ce nom) vous devez imaginer que Kiling Joke ait sortit un album de Noise avec une chanteuse pratiquant l’incantation et capable d’autant d’intensité que Jaz Coleman lui-même. Le tout sur des parties instrumentales avec parcimonie le 1er Mastodom… Et croyez moi des références comme celle-là je ne les dégaine pas tous les 4 matins !
Voici un groupe qui n’a pas peur de créer une musique vaste et ambitieuse qui fait voyager loin aux confins des styles et vous re-concentre sur votre propre imagination grâce à une capacité d’évocation et le temps laisser aux titres : deux d’entre eux durent plus de 10 mn et un plus de 8, sans jamais être vain ni inutilement long et complexe.
Un must !!!
[BT]
RIKKHA
The Beast, LP, CD, Digital
Bullit Rds / Pias
Je trouve qu’il est extrêmement difficile de faire alterner des chansons en français et des titres en anglais sur un même album. Cela nuit à la cohérence de l’œuvre, et souvent à l’intérêt du propos tant la majorité du temps les paroles en français sont les parents pauvres de ce genre de tentatives. Cependant avec Rikkha il n’en est rien !
Œuvrant dans un Rock direct, fier et mixte (2 filles 2 gars) qui évolue aux confins du Rockabilly Trash ligné Cramps mais sans copier, du Swamp Rock, d’une certaines idée élégante du Rock frenchy but chic, d’un peu de Punk… Rikkha mélange le tout dans son chaudron et saupoudre d’épices, pour relever la sauce, mais jamais pour arracher la gueule !
Ce qui à tout d’abord retenu mon oreille c’est le reprise des Washington Dead Cats groupe que j’adore et il n’est pas facile de s’y attaquer sans sombrer sous l’ombre des Wash, mais Rikkha s’en tire haut la main ! Donc ensuite je me suis plonger corps et âme dans ce nouvel album (alors que je ne connais pas les autres).
Gouailleur leur Rock bénéficie du chant féminin et de paroles extrêmement bien écrites sur une certaine vision du féminisme, et sur le nécessaire rapprochement entre les sexes.
Un album ultra convaincant qui me fait revoir tous mes clichés sur le Rock en langue vernaculaire !
[BT]
The RG’S
Cricket sound, LP, CD, Digital
autoproduction
2ème album pour ce trio belge qui balance un Heavy Rock Groovie bien ciselé avec une grosse énergie presque Punk, mais en restant toujours mélodique et accrocheur !
Quelques part entre Post Punk / Fusion / Indie Rock 90 et Emo, voir même une version ultra modernisée du Prog Rock… sans jamais sombrer dans les clichés du genre, et en refaçonnant leur truc à eux avec des éléments anciens recombinés pour s’amuser et donner du plaisir !
The RG’s pourrait satisfaire un large public (sans être jamais putassier) Rock celui qui est capable d’apprécier une musique sans se prévaloir des étiquettes, ni des guerres de chapelles.
Si vous êtes sensible à l’Indie Rock qui sait être catchy, énergique, capable de pondre des chansons qui rentrent bien dans la tête alors vous devriez bien vous régaler et pour longtemps avec ce Cricket Sound !!!!
[BT]

lundi 14 janvier 2019

Chronique : GRAND FINAL + INRED + BOOTCHY TEMPLE


GRAND FINAL
La mort, LP, CD, Digital
Autoproduction
Le duo guitare / batterie survivant des Dickybird revient avec un album qui vous tarte la gueule ! Vous ratatine les esgourdes et vous ruine le moral. Et on plus cous allez en redemander !
Loin des clichés du duo guitare macho et batterie tenu par la gonzesse ici c’est l’inverse, et Grand Final en remontre à toute la concurrence avec sa Noise rampante son Swamp Rock barbelé tirant vers un psychédélisme noire !
Sur des morceaux courts tout autant que sur les titres qui s’étirent en expérience tribal Noisy Rock Grand Final fait preuve de plus de personnalité que 95 % de la production actuelle !
En plus cet album va sortir en édition limité sous forme d’un coffret de quatre 45 tours illustré par le travail de deux photographes. Du bel ouvrage manifestement !
Tout comme la musique, avec ce son ample et sec, notamment dans les prises de batterie. Cependant la guitare n’est pas en reste, et par dessus tout ça la voix de Doris est un plus indéniable !
Comme l’alligator tapie dans l’onde Grand Final s’apprête à vous bouffer tout cru ! Bien que l’album finisse sur une touche de beauté & de douceur !
[BT]
INRED
Just about anything is possible, CD, Digital
Autoproduit
1er album pour ce quintet parisien qui ne rentre pas vraiment dans les cases ce qui le rend très intéressant ! Entre Rock, New Wave, Indie Pop, Post Punk et bricolage... très post post moderne, presque Art Rock.
Crée par l’ancien chanteur de Baroque Bordello, qui donne ici une nouvelle extension à son inspiration à côté des chemins rebattus.
Les chansons sont ouvragées et ambitieuses. Sans s'étirer elles se donnent le temps de s'immiscer en vous ! 'Arrangements' inattendus et tempos médium, belle voix lead et chœurs discrets ainsi que parfois une 2ème voix féminine... Sonorités bien vues et bienvenues. Du bel ouvrage artisanal fait avec le cœur !!!
[BT]
BOOTCHY TEMPLE
Glimpses, LP, CD, Digital
Howlin’ Banana Rds / Modulor
3ème album pour ce quintet landais qui est obsédé par le Twee Pop anglaise, et une certaine vision de l’Indie Rock américain ligne claire (Rem / Guadalcanal Diary / Beat Happenings).
L’ossature de leurs 13 chansons se fait autour d’une guitare acoustique ou d’harmonie à l’électrique mais avec un petit son presque aigrelet entre les Byrds, le Paisley Underground, la Jangle Pop et le côté plutôt anglais (C86 et Sarah Rds),
Outre que leurs Pop songs sont parfaitement ouvragées, composées idéalement, interprétées avec finesse et mise en son délicatement, les Bootchy Temple réussissent l’exploit d’allier le charme de l’antique et l’ultra modernité de l’Indie actuelle syncrétique.
Les claviers (orgues, piano, synthé vintages) sont utilisé de façon importante mais s’intègrent sans esbroufe, ni excès…
Je les découvre seulement maintenant mais j’ai plongé là-dedans avec bonheur ! Un album bien complet, maîtrisé et excitant !
[BT]

lundi 7 janvier 2019

Chronique : PACERS + ALL-SEEING EYES + WILD ZOMBIES + DIG IT n°73


The PACERS
Forget everything you know, LP
Psych-A-Rella Rds
J’avais déjà été très emballé par leur single précédent, et voici qu’arrive leur 1er album qui me fait gigoter comme si j’avais la danse de Saint Guy. Dans le monde du Revival Sixties ces Pacers frappent fort, très fort !
Entre Garage Sixties Punk à l’américaine et des racines anglaises très évidentes (Mersey Beat et surtout Freakbeat) les 11 chansons ont une class folle !
Entre Fuzz et mélodie l’album des Pacers se positionne bien campé sur ses 2 guibolles afin de tenir la pose parfaite (celle que les plus iconiques des guitaristes arborent sur scène).
Cet album à double détente démarre bien, mais c’est la 2ème chanson qui m’a fait plonger dans la profondeur de sa musique qui sait tour à tour être euphorisante, trépidante, dansante (façon Party!!!) et aussi mélancolique et presque introspective.
Ce qui pour un album de Revival nous met bien au dessus de la mêlée !
Dans le genre la médiocrité ne peut être de mise et les Pacers arrivent avec un disque qui sonne comme une sorte de classique du genre qu’on redécouvre après une longue éclipse, une sorte d’album fantasmé du Garage Revival des années 80 propulsé en 2019 !
Pour situer le nouveau sachez que leur label co-organise, avec Shinding Magasine, des soirées concerts à Londres… voyez le niveau d’exigence !
[BT]
ALL-SEEING EYES
In us we trust, LP, Digital
Mauvaise Foie Rds
Quand les gars de Mauvaise Foie Rds (une bien bonne maison croyez moi) m’ont annoncé qu’ils sortaient pour l’Europe l’album du nouveau groupe de Johnny Walker ex Soledad Brothers et Cut The Hill Gang je me suis à la fois dis qu’ils avaient pêché un ‘gros poisson’ et que ça allait pas mal charclé dans le Blues Trash.
Et finalement pas tant. All-Seeing Eyes c’est un trio dont a section rythmique est constitué de 2 membres du groupe de Cincinnati The Guitars et pas un projet solo, chacun à apporté sa pierre à l’édifice notamment avec plus d’instruments que ce qu’on attend d’un trio (dont des claviers qui viennent enrichir la musicalité du disque).
Musicalement donc All Seeing Red oscille entre Country Blues bien agricole, Swamp Rock et une sorte de Freakbeat rural du Sud profond qui sort un peu de l’ordinaire !
En reprenant parfois des ‘airs connus’ tel cette vieille scie instrumentale de ‘Commanche’ réadapté à leur sauce, ou le ‘Et Moi Et Moi Et Moi’ de Dutronc brillamment réorchestré, All-Seeing Eyes s’attaque aussi au ‘Young Man Blues’ popularisé par les Who (mon groupe préféré de tous les temps) et s’en sort haut la main avec une version intense qui mérite d’exister et qui est très excitante à écouter !
Sur les autres titres de l’album All-Seeing Eyes montre qu’ils ont du talent pour balancer SON truc à lui, qui sans être une véritable révolution les positionne à la croiser de plusieurs chemins, un endroit qu’ils sont les seuls à visiter !
[BT]
The WILD ZOMBIES
Cooked in a fire of ecstasy, LP, CD, Digital
Audiocab Rds
1er album pour ce quatuor toulousain qui à parfaitement trouvé sa place aux désormais mythique Swampland Studio avec Lo Spider qui leur à donné un putain de bon son de ferrailleurs pour leur Voodoo Trash Blues poisseux comme une mangrove et chaud comme un gumbo !
Un groupe qui n’a pas peur d’être primitif, qui aime le bottleneck, le Blues Trash, le Rockabilly, le Swamp Rock, le Garage, le Psycho, le Hillbilly… bref tout une idée du Rock de cul terreux ! Et ils le font si bien !
Un peu comme si un groupe de chez Voodoo Rhythm Rds faisait la bande son de la série TV Treme !
c’est vif, brut, rapide, mais aussi fin quand nécessaire.
C’est du brutal (j’ai connu une polonaise qui en prenait au petit déjeuner).
Play fuckin’ loud comme on dit !
Dans ce schéma musical je trouve que les albums deviennent assez assommant avant la fin, mais ici avec les Wild Zombies il n’en est rein !
[BT]
DIG IT n°73
56 pages A4, 6 euros
Une fois encore voici plein de bonheur de lectures, et de bien bonnes découvertes, sans compter les vieux amis qu’on a toujours plaisir à retrouver !
Donc au sommaire : The Absorptions (où l’histoire d’un faux groupe devenu vrai), Jim Younger’s Spirit à propos de leur 2ème album. Un très long papier sur Will Carruthers le bassiste (entre autre) de Spacemen 3 à propos de son livre de souvenirs + une sélection des travaux de Sonic Boom dans ses divers projets (Spacemen 3, Spectrum… à titre perso j’aurai rajouté Experimental Audio Research, pour ceux qui voudrais découvrir son œuvre : https://sonicboomspacemen3.bandcamp.com) dommage que le bouquin soit qu’en anglais parce que cet article donne vachement envie de le lire.
Un papier sur Nico et les films (le biopic et celui dans lequel elle a jouée), les frenchy Power Pop de TaraKings dont il faut absolument que je me procure l’album !
Une interview de l’écossais créateur et organisateur des soirées Lux Live et un compte rendu en immersion de l’édition 2018.
Une longue présentation du livre consacré à Monsieur Lucas Trouble. Les (excellents) Lullies en interview ! Mister Pachuco raconte l’histoire de son groupe Punk (Marseille au début des 90’s) Bleifrei, une belle tranche de vie !
Une longue et instructive interview de Franck Frejnick co-créateur de Nineteen Something. Une rubrique que j’adore : JJ Says soit une histoire bien Rock narrée par Monsieur JJ Rassler (guitariste entre autre de rien de moins que les DMZ).
Un compte rendu de la version 2018 du Cosmic Trip Festival. Un papier sur mes chouchous écossais de The Primevals. Une interview de Margaret Doll Rod’s à propos de son nouveau projet Heartthrob Chassis. Un long papier sur le copieux coffret The Vintage Years consacré à Wishbone Ash.
Et un long papier (qui n’est qu’une 1ère partie) consacrée à la musique à la Nouvelle Orléans.
A tout ça se rajoute les grosses sections de chroniques disques, et aussi bouquins (notamment celles de l’indispensable Patrick Foulhoux, mais toute la bande aux crayons est constituée de pointures) !
Abonnement 4 numéros pour 24 euros port compris !
En plus de leur fantastique fanzine, l’équipe Dig It réalise une formidable émission de radio hebdomadaire sur Canal Sud à Toulouse, qui s’écoute et se télécharge ici : http://digitradio.unblog.fr/
[BT]