lundi 12 novembre 2018

Chronique : LIARS + GO!ZILLA + AR-KAICS + LOS DAYTONAS


The LIARS
Never loock back, CD, Digital
Area Pirata
Peut-être avez-vous déjà vu apparaître le nom de groupe italien qui à sévit depuis le milieu des années 80 jusqu’à la fin des 90’s qui pratiquait un Garage Revival entre 60’s Néo Psyché et Power Pop. Qui à un peu musclé son son au fil de sa carrière… Ils se sont reformé en 2009 ont sortit un nouveau signe l’année suivante, et enfin voici venu leur nouvel album.
8 titres en 32 mn d’un programme serré et tendu mais ambitieux et varié. Entre Paisley Underground et Freakbeat… Néo Psyché et proto Heavy (enfin quand même très mélodieux et pas trop velu)… Et toujours un amour pour la Pop musclé.
Liars sont toujours en forme et pertinent. Ils produisent une musique dans laquelle on entend clairement leur personnalité et surtout les chansons sont incroyablement bonne !!!
Dès la 3éme écoute je me suis rendu compte que ces mélodies avaient déjà laissé une trace en moi. Un disque très jubilatoire et profond.
[BT]
GO!ZILLA
Modern jungle’s prisoners, LP, CD, Digital
Teenage Menopause Rds
J’avais craqué sur leur album précédent qui date quand même de 2015. Les italiens ont enchaîné les tournées, et les revoici enfin avec un nouvel album.
Un disque qui marque dès la première écoute par sa densité musicale. Comme si chaque titre contenait plusieurs chansons. Sans aucune sensation de confusion. Une sensation qui se prolonge au grès des écoutes.
Go!zilla se montre à la hauteur de l’idée qui se trouve derrière leur nouvel album. Pourtant l’ambition semblait grande avec ce concept album sur la captivité mentale qu’induit la dissolution de l’individu dans l’immensité des jungles urbaines. Mais cela semble booster la musique du groupe qui délaisse un peu le Garage Rock Psyché (j’ai dis un peu) et surtout son côté passéiste, pour se projeter dans une sorte de musique tes temps actuels qui synthétise l’Indie Rock 90, la Noisy Pop, l’Art Rock, avec un penchant cinématique (sans excès). Ils n’ont pas peur de saupoudrer tout ça d’un peu de Blues Touareg, de saxophone et de rythme africanisant. Tout ça sans sombrer dans le salmigondis de la nouvelle sono mondiale, mais en restant dans leur univers musical !
Ils varient bien les rythmes et les ambiances d’un titre à l’autre pour pondre un disque intelligemment conçu, composé, agencé et interprété.
La grande class !
Avec ce 3ème album la musique des Go!zilla prend une nouvelle ampleur, une nouvelle dimension, une nouvelle direction. Le groupe est toujours aussi excitant mais désormais encore plus intéressant !
[BT]
The AR-KAICS
In this time, LP, CD, Digital
Daptone – Wick Rds / Differ-Ant
Wick Rds c’est la sous division de Daptone Rds dédiée au Rock. Les Ar-Kaics avaient déjà enregistré pour un single dans les studios Daptone en 2015.
Ce quatuor de Richmond se revendique du Teen-Beat des 60’s. Ce qui ne vous trompera pas sur la marchandise ici exposée, cependant n’attendez par de purs puristes, car leur vision de la chose est assez vaste et variée. Leurs inspirations ne sont limitées à une seule décennie et manifestement leurs discothèques contiennent aussi du Folk Rock des 70s, du Paisley Underground 80, de l’Indie Rock 90 (tendance K Records), et peut-être un peu du Rock bricolé depuis deux décennies par des activistes sur motivés qui n’ont pas peu des mélanges et des cocktails bien goûteux !
Les Ar-Kaics ne renient pas leur influence principale, mais ils ne sont pas de pauvres revivalistes… Ces art-tivistes sont bien de leur époque, l’album est fait en compagnie de Wayne Gordon (Black Lips / King Gizzard / JSBE) et Mikey Post (Reigning Sound, The Jay Vons, et le créateur de Wick Rds) et c’est sûrement le balancier entre les 2 versants d’une scène Garage dépoussiéré qui donne une bonne partie de son sel à ce 2ème album des AR-Kaics.
Ça et surtout le charme indéniable des 12 chansons qui regorgent toujours d’éléments succulents :sucrés ou acides, mais qui toujours ravissent les papilles !
[BT]
LOS DAYTONAS
Twang or die, LP, Digital
Green Cookie Rds / Sleazy Rds / Roctopus Tea Party Rds / Ola Rds
Bon je ne suis pas le plus grand connaisseur, ni le plus grand fan de la scène Surf instrumentale de la planète, mais quand se sont des disques de cette qualité qui émergent évidement je jubile.
Ces madrilène balancent ici 11 titres (dont 8 compos) qui marient le Twang 60’s à un orgue placé à cheval entre Exotica et Garage Rock, un peu de Jerk et autres musiques de danse pour sur-boum, et Hot-Rod vibes…
C’est rétro à souhait et totalement assumé. Los Daytonas jouent avec les codes du genre, mais aiment à rebattre les cartes, notamment parce qu’on est loin des albums de Surf frénétiques, ici ce sont les arrangements qui prédominent avec une large instrumentation au service de titres complexes (sans sombrer dans la branlette) qui doivent souvent pas mal à une inspiration musique de film.
Dans le genre voici un des grands plaisirs de cette année. Un disque qui par sa diversité va durer longtemps !
[BT]

samedi 10 novembre 2018

Chronique : KING BROTHERS + FASCINATING + Les OLIVENSTEINS + Les LULLIES + HYSTERY CALL


KING BROTHERS
Wasteland, LP, CD, Digital
Hound Gawd Rds
Ce label aime bien les disques de furieux et ça n’est pas le nouvel album des japonais de King Brothers qui va faire abandonner cette impression.
Musicalement alors qu’ils attaquent leur 3ème décennie de carrière avec ce Wasteland le trio (sans basse, d’où la comparaison fréquente qui est faite avec le JSBE et le fait que Matt Verta-Ray ai produit leur 1er album) balance une musique ayant une forte personnalité.
Très Rock’n’Roll des grands espaces vide (c.f. cette pochette, ce titre d’album) mais en se tenant très très éloigné de tous les clichés qui s’associent à ce genre de références…
Certes ils utilisent souvent un harmonica mais celui-ci sonne Noisy / bruitiste. Parfois le jeu du batteur s’inspire du travail de certains de ces confrères du Jazz des années 50 (Hard Bop meets Free Jazz). Quelques compos sont assez frénétiques comme celles des Woodentops à leur meilleur, d’autres sont bien rampantes comme la rouille qui ronge l’acier dans les quartiers pourris d’une métropole en décomposition (en gros ce que Jon Spencer et ses boys ne sont plus capable de produire, à part dans leur fantasmes, depuis de trop longues années).
On retrouve dans leur musique également un chant typique de la scène Rock japonnaise qu’on a tellement aimée (genre Thee Michel Gun Elefant).
Parfois la chanson est construite autour d’un orgue late fifties ou d’un piano qui se rêve bien Soul mais toujours tendu et Rock.
Les 10 chansons de cet album sont agencées de façon à ce que chacune maximise son impact en réaction avec sa devancière.
Un disque touffu, tendu, vaste et complexe. Qui n’a pas peur du déluge sonore, et des courts clin d’œil. Les morceaux sont souvent bref mais touffu et ne craignent jamais de faire preuve de complexité pariant sur la capacité d’attention de leurs auditeurs. Ceux qui écouteront véritablement ce disque en seront très largement récompensés !!!
[BT]
FASCINATING
Communist Power,
Quality Time Rds
Étonnant album, avec un titre qui ne doit pas être facile à porter dans l’amérique de Donald T. Et étonnant démarrage avec sans doute (en tout cas à mon goût) la chanson la plus quelconque du disque. En revanche ensuite les titres (courts) s’enchaînent avec délectation !
Car Fascinating à joliment l’art de trousser des chansons qui s’accrochent à votre mémoire.
Mais bon comment vous décrire ça ?
Disons : Dan Treacy (des TVP’s) qui assurerait le chant dans les My Boody Valentine de la période de Exctasy & Wine, sous la haute surveillance de Mark E Smith dans une ambiance très Sunglasses after dark pleine de guitares noisy cotonneuse qui doivent autant au post post shoegaze, qu’à une certaine idée de la scène Psyché Garage bricolo actuelle (les Subsonics,(un groupe primordial pour moi et donc que je ne dégaine pas pour tout le monde).
Les 12 chansons ici rassemblées sont vives, euphorisantes en dépit de leur côtés sombres dans les sonorités et l’ambiance générale assez poisseuse.
Une vraie découverte !!! Foncez !
[BT]
LES OLIVENSTEINS
Inavalable, LP, CD
Smap Rds
Très belle pochette assez iconique de l’ambiance de cet album de ces ‘feignants’ de Olivensteins. Une photo ancienne et en noir et blanc sur laquelle a été collé des éléments de couleurs qui la rend si post post moderne. Ce qui est bien en phase avec la trajectoire de ce groupe séparé en 1980 et réactivé en 2013.
Ce ‘Inavalable’ (qui est pourtant long en bouche et plein de divers sens) est donc le 1er véritable album des Olivensteins.
Le groupe a toujours un très grand sens de la composition, les 10 chansons sont toutes très joliment tournées, avec un joli paquet de mélodies, riffs, rythmes, arrangements très efficaces et immédiatement la chanson vous emballe.
Si la musicalité de chaque titres est évidente c’est surtout la voix bien posée sur cette écrin, et ses textes très précisément écrit qui rendent cet album si réussit !
Des Olivensteins comme tout le monde je connaissais leur iconique ‘Fiers de ne rien faire’, et, ici ils réussissent à rester à la hauteur de leur passé, sans saloper leur légende ils pondent enfin un album étier qui reste dans leur veine moqueur, cynique mais pas trop et en phase avec les temps modernes !
Fidèle à leur personnalité, mais sans nostalgie et totalement de ce monde et de ce moment ce ‘Inavalable’ prouve qu’on peut encore faire en 2017 un disque de Rock en français qui soit vraiment Rock avec des textes à contenu mais qui sonne et qui devrait passer en radio !
[BT]
Les LULLIES
S/t, LP, CD, Digital
Slovenly Rds / Differ-Ant
Je dois confesser qu’il m’a fallut 4 écoutes de ce 1er album du jeune quatuor français avant de sombrer sous son charme. Mais d’un coup le voile s’est déchiré et patatra je me le suis mangé en pleine gueule ! Sans doute étais-je un peu conditionné par cette pochette décevante, convenue, banale en somme…
Pourtant jusqu’ici j’avais été très emballé par les Lullies : leur Eps, leur concert, à chaque fois que je voyais leur nom j’étais convaincu par ce que j’entendais.
Et lors des premières écoutes de cet album je me disais : « ouai il est bien » mais ça manquait un peu d’enthousiasme de ma part.
Jusqu’à ce que je l’écoute dans ma bagnole . Et là d’un coup je me suis pris dans la gueule le jeu et le son de la basse. Sans être envahissant celle-ci est très présente dans la musique des Lullies mais sans être envahissante. Il n’en demeure pas moins qu’elle propulse les chansons.
Les Lullies maîtrisent toujours leur art et pondent des petites pépites entre Punk 77 Garage Rock et Power Pop. C’est tendu comme mon slip, bien plus sexy que celui-ci et bien addictif comme on aime. Avec la bonne capacité à faire chanter les refrains, gigoter des genoux et siffler la mélodie…
De l’excellent boulot !
[BT]
HYSTERY CALL
Road movie, CD, Digital
Autoproduction
Il tape fort et précis d’entrée cet album des survivants du Rock lyonnais. Avec un patronyme comme le leur tu ne peux pas rester dans la demie mesure ! Cependant il est loin le groupe étiqueté Psychobilly des débuts (20 ans déjà).
Cependant ils sont toujours verts ! Très verts même. Avec ce gros son qui tire un peu vers le Stoner mais sans les clichés et où s’entend beaucoup leu amour pour le Rock’n’Roll des pionniers !
Ce n’est pas commun un groupe qui est capable de vous balancer 13 titres comme ça d’un coup en pleine gueule ! 13 chansons qui s’accrochent à vos oreilles et à ce qui reste de votre cervelet. D’autant que cet album est scientifiquement conçu pour un impact maximal ! 5 premiers titres hyper impactants et puissants puis des chansons plus calmes avec une vraie variation de rythmes… plus l’alternance et / ou l’entremêlement des voix d’homme et de femmes enrichissant une musique qui est plus variée que ce à quoi on s’attend de prime abord.
Un album grandement réussit. Oh oui !
[BT]
En concert : Vendredi 16 Novembre : HYSTERY CALL (Rockabilly) + COCKSUCKERS (Rock’n’Roll Punk), à La Marquise, à Lyon. Entrée gratuite.

lundi 5 novembre 2018

Chronique : The JONES + OPATOV + J.C. SATAN + The NEEDS


The JONES
Silver Faces, CD, Digital
Mortel Rds / Bonsaï Music
voici le contre exemple parfait de ce qu’on doit faire (selon la bible du parfait groupe de Rock signée Bertrand Tappaz) : un nom bateau, un pochette vraiment quelconque, et un titre d’album assez inexpressif.
En plus à la première écoute j’ai trouvé que ces Jones là étaient un groupe de Rock générique (comme les médicaments).
Une impression vite dissipée par les écoutes suivantes !
Au moins ils se sont trouvé une bonne définition stylistique : The Rock’n’SoulRhythm’n’Roll 70’s Band.
Bref je dirai le versant actualisé du Pub Rock et de toutes ses influences (R&B, 50’s R’n’R, 60’s Soul, Garage Rock, Pop, et même un rien de Glam et de Boogie R’n’R).
Leur son est assez clinquant et claire, avec adjonctions judicieuses de claviers, piano, harmonica, saxo, cuivres, choeurs féminins… On pourrait se dire que paarfois ils lorgnent vers un espoir de succès commerciale (en se disant que finalement après l’écurie Daptone pourquoi pas le retour du vrai R’n’R spirit?). Et c’est très bien ainsi.
Une belle touche Status Quo grands millésimes (1974 – 1979), un rien du Mott The Hoople, et tout ce qui m’a toujours fais craquer chez les groupes qui sont des machines Rock’n’Roll torride sur scène (Cold Chisel, Mitch Ryder...).
[BT]
OPATOV
Botanica oculta, LP, Digital
Bcore Disc
Pas facile à catégorisée la musique de ce quartet espagnol au nom tchèque. Ce genre de détail donne déjà des indication sur l’état d’esprit du groupe. Ils se fichent des étiquettes et sont capable d’évoluer aussi bien sur une chanson qui est assez Pop avec trompette que sur un titre au croisement d’un Post Rock Noisy et musclé et d’une sorte de Garage cinématographique…
Les cuivres sont assez présent dans leur musique, mais pas seulement, un peu de synthé aussi… sans oeillère Opatov utilise tous les instruments qui peuvent leur permettre d’exprimer la musique qu’ils ont envie de jouer…
Le travail sur les voix est très adapté à chaque ambiance de chaque titre et c’est typiquement ce qui fait la différence tout au long de ce 2ème album d’Opatov !
Je manque un peu de mots pour bien qualifier leurs chansons, ce que je peux vous conseiller si vous êtes des fans de musiqueS Indé, que vous avez l’esprit ouvert, et que vous cherchez des disques qui sortent des sentiers battus sans sombrer dans le grand n’importe quoi, l’esbroufe et la branlette de zicos, de vous pencher attentivement sur Opatov car pour moi se sera surement la découverte les plus surprenante de 2018.
[BT]

J.C. SATÀN
Centaur Desir, LP, CD, Digital
Born Bad Rds / L’Autre Distribution
Une chanson comme ‘Centaur Desir’ est un tel tube qu’elle devrait être matraquée sur les ondes des radios musicales (si leurs programmateurs n’étaient pas les valets de l’Idiocratie). Il en est de même pour ‘No Brain No Shame’. En fait cet album regorge de GRANDES CHANSONS !
Après un album direct et tendu, revoici J.C. Satàn avec une nouvelle œuvre plus vaste, plus variée, et finalement plus intense. IMPRESSIONANT !
Depuis leur 1er album on sait que le gang franco-italien aime le bricolage. Et sur ce Centaur Desir ils/elles font la synthèse entre le Punk Garage et la Pop Indie Noisy, dans une perspective totalement actuelle ! Avec des sonorités de guitares et de claviers bien rugueuses mais qui n’écrasent jamais les thèmes des chansons dont on se souvient dès la première écoute et qui vous hantent longtemps. La production n’a rien de passéiste, mais ne sombre pas dans le côté policé et mièvre qui aseptise tant de disques actuels prétendument Rock.
Ici ça sent la sueur et la colère.
Les titres sont ambitieux mais ce ne sont pas des délires de zicos qui se pignolent. Homogénéité, puissance, frustration, et un attirail de mélodies et d’harmonies (notamment beaucoup de voix utilisées de façon diverses et complexes) qui rend cet album ultra percutant !
[BT]
En concert : Jeudi 8 Novembre : J.C. SATAN (Indie Garage Noisy Punk) + JESSICA 93 (Noisy Wave), au Brise-Glace, à Annecy
Et :
Dimanche 11 Novembre : J.C SATAN (Noisy Garage Punk) + JESSICA 93 (Noise Wave), à l’Usine, à Genève
The NEEDS
The Most Elegant Hanged Men, CD,
Nova Express
Depuis leur 2ème album je suis accro aux Needs ! Et j’ai tous leurs disques (et j’ai même eux la chance et le privilège de les voir sur scène) ! Cependant bien que je sois accro à leur musique j’avais fini par faire une croix sur ce nouveau disque : enregistré en mars 2012, et mixé en avril 2014 par Lucas Trouble leur producteur fétiche qui comme à chaque fois joue de l’orgue(s) sur cet album. Evidement les vicissitudes de la vie et les décès ont ralentis énormément la sortie. En tout cas bien que le temps fut long la patience des fans est récompensée !
Si pas une fois dans leur carrière les Needs n’ont fait preuve de faiblesse ou de facilité dans leur discographie, je dois reconnaitre qu’à titre personnel je suis accro à ‘Songs From The Grave’ et ‘Santa Rita’. Donc après plus de 8 ans d’attente débarquer par surprise et balancer un album aussi emballant que ce The Most Elegant Hanged Men n’est pas un petit exploit !
Si les Needs pratiquent toujours une musique qui les distinguent de la masse (Garage Rock / Power Pop 90 / Indie Rock / Paisley Underground… sans nostalgie ni passéisme) créer une œuvre aussi sur le fil du rasoir entre mélancolie et euphorie est une belle chose !
[BT]
En concert : Samedi 10 Novembre : NOVA EXPRESS NIGHT, hommage à LUCAS TROUBLE, avec : The HEADSHRINKERS (Garage Punk) + The NEEDS (Rock with guitars, excellent) + COW BOYS FROM OUTTERSPACE (Noisy Swamp Garage génial) + MARK ENBATTA’S TRIBE (ex Vietnam Veterans, Psyché), aux Tanneries, à Dijon

samedi 3 novembre 2018

Chronique : BRAIN EATER + ASTRAL SON + MUDHONEY / CLUTCH + COWBOYS FROM OUTERSPACE


BRAIN EATERS
Bad girls motorcycle gang from Tokyo, LP, Digital
Fuck-U-Records
Et un nouvel album pour les vétérans du Trash Rock from Paris !
Magnifique pochette qui montre la même obsession pour les gangs de filles que Lux & Ivy, ce qui transparaît un peu dans la musique des Brain Eaters (normal, avec un nom comme celui-là).
Les Brain Eaters revisitent les trash Rock’n’Roll 50’s comme le faisaient les Juanitos sur leur 1er album : avec une vraie personnalité bien loin des maniérés gominés.
Ce qu’il est bon de noté aussi c’est que la référence japonaise du titre et de la pochette de cet album se ressent un peu dans la musique avec un arrière goût de Thee Michel Gun Elephant ou 54 Nudes Honey dans le côté en colère, même si celui-ci ne prend jamais le pas sur les chansons qui restent toujours des mid tempo ‘rythmés’ parce qu’ici on parle de R’n’R et pas de Punk pour bourrins...
Les 10 chansons ici présentent offrent un panel assez étendu les Brain Eaters faisant preuve d’une forte tendance à agglomérer brillement au sein de leurs compos des éléments puisé ici ou là (Surf, Garage, Rockabilly, Swamp Rock, Punk 77…) le tout pour aboutir à a album bien sexy poisseux, excitant, qui sent le souffre et la sueur des bonnes salles de concerts !
[BT]
ASTRAL SON
Wonderful beyon, CD, LP, Digital
Sulatron Rds / Headspin
4ème album pour ce projet du hollandais Leonardo. On va éviter les clichés sur les bataves et la drogue… mais une chose est sûr le nom de ce ‘groupe’ n’a pas été choisit par hasard, et tout comme la pochette il est vraiment signifiant !
Manifestement le gars s’amuse bien chez lui avec ses instruments, effets et pédales… toutes ces triturations de sonorités aboutissent à un mélange aérien de Pop Psych / Prog à mi chemin de la fin des 60’s et des 70’s… comme il est aussi amoureux de la nature et des sonorités acoustiques, parfois on part vers une sorte de Weird Folk en apesanteur.
11 titres qui adorent échapper à la lourdeur & à la laideur du monde terrestre… Psychédélique évidement, mais surtout de la vraie bonne musique a écouter ayant un champ (un chant aussi) de références étendue… à travers les différents confins des empires écroulés de toute la planète sans jamais tomber de le folklorisme, car toujours tenu par le projet de rester dans un cadre proche de la Pop, mais sans les carcans…
C’est beau tout simplement.
A vous de vous laisser basculer dans l’univers d’Astral Son.
[BT]

MUDHONEY
Digital Garbage, LP, CD, Digital
Sub Pop / Pias
CLUTCH
Book of bad decisions, LP, CD, Digital
Weathermarker Misic
Alors voilà je me suis dis que finalement associer ces 2 groupes dans une même chronique était finalement assez cohérent.
D’une part ce sont 2 groupes dont je suis très fan, qui ont une longue carrière, un vrai style immédiatement reconnaissable, et qui sortent leur nouvel album à quelques semaines d’intervalles….
J’avoue qu’à l’annonce d’un nouveau Mudhoney ou d’un nouveau Cluctch je suis à la fois hyper excité et en même temps relativement inquiet ! Est-ce que ce nouveau bébé ne va pas être déceptif. Ou pire le début de la fin ?
Et bien dans les 2 cas la réponse est NON. Sans le moindre doute.
Pour les 2 groupes 2018 sera un très très bon cru avec des LPs qui se placent parmi ce qu’ils ont fait de mieux !
D’ailleurs alternativement je me dis que s’est Clutch, puis Mudhoney qui à réalisé le meilleur des deux…
Seul le temps replacera réellement ces disques dans l’œuvre de chacun des combo. Cependant après 2 mois d’écoutes répétées le plaisir est toujours présent et renouvelé.
Donc je ne peux que vous recommander de vous jetez dessus. Les 2 groupes font preuve de fraîcheur et de maturité, triturent leurs styles spécifiques pour pondre de nouveaux titres qui viendront enrichir un répertoire déjà conséquent et se hisser au niveau de leurs meilleurs compos !
Du bonheur pour les fans et d’excellents albums introductif à l’œuvre de ces 2 groupes si vous ne les connaissez pas encore !
[BT]
COWBOYS FROM OUTER SPACE
Exile at the rising house, LP, CD
Relax O-Matic Rcds / Nova Express / Lollipop
Comme à chaque fois avec leurs albums (et je les ai tous) il me faut presque un an pour totalement rentrer dans un disque du trio marseillais (ça me fait le même effet avec les Dum Dum Boys). C’est sans doute ce qui me les rend si chère ! Car il me faut creuser creuser dans cet empilement de noirceur Noisy Blues Trash avant de voir la lumière.
Et c’est tellement plus intéressant comme expérience que tous ces disques kleenex…
En plus dans celui-ci il y a parfois des éléments qui font penser à un Bowie (très) enragé. La class, non ?
Est-ce que Marseille est une banlieue de New York ? Les Cowboys From Outer Space sont indéniablement des outsiders qui savent ce qu’ils veulent et font.
Ils vous saisissent par la main pour une balade mortelle au cœur du monstre urbain…
Souvent ont dit que les Cowboys sont le pendant français de Chrome Cranks, une sacré référence / comparaison dont ils ont toujours su se montrer digne tout en développant leur propre personnalité. Moi ils me font penser au niveau de l’intensité, de l’univers et de la noirceur à un croisement abâtardit entre La Muerte, The Raymen et Beasts of Bourbon. Rien que ça. Ce genre de références écraserait n’importe quel autre groupe mais pas les Cowboys From Outer Space qui se situent justement à cette hauteur-là !
Ici on devrait en avoir plus conscience et en être tellement fier !
[BT]
En concert : Samedi 10 Novembre : NOVA EXPRESS NIGHT, hommage à LUCAS TROUBLE, avec : The HEADSHRINKERS (Garage Punk) + The NEEDS (Rock with guitars, excellent) + COW BOYS FROM OUTTERSPACE (Noisy Swamp Garage génial) + MARK ENBATTA’S TRIBE (ex Vietnam Veterans, Psyché), aux Tanneries, à Dijon