samedi 22 septembre 2018

Chronique : SONIC PREACHERS + DIRTIEST + PUPPY & The HAND JOBS + GALAXY FINGERS



The SONIC PREACHERS
Chapter One, 10''
Autoproduction
Parmis les choses qui me ravissent dans ce pays il y a notre capacité à créer des groupes qui perpétuent la tradition d’un Rock à guitares éternet et élégant.
Dans cette tradition qui remonte aux Dogs et n’a jamais cessé d’enfanter des disques impeccables et intemporels, les Sonic Preachers (notez l’excellence du patronyme) balancent ici un 6 titres bourré jusqu’à la gueule de passion !
6 chansons avec tout ce qu’on aime dans ces cas là : des mélodies, des guitares catchy et ce léger accent qui fait toujours le charme de la chose !
Ces vétérans des scènes du Sud de la France (Gabatchos, Little Green Fairy, Reverend Knockers, Cardiacs) ont un savoir faire immense et toujours la passion du Rock chevillé au corps ! Et c’est rien de moins que Jim Diamond qui à paufiné le son !
Frenchy but chic !
[BT]

The DIRTIEST
Cento shot EP, Digital
Black Gladiator / Mondo Mongo
Encore un label de la galaxie Slovenly Rds. Qui sort ce 1er EP chanté en italien par The Dirtiest de Florence. Il me semble qu’avec l’utilisation de leur langue vernaculaire ils ont un poil levé le pied depuis leur précédent et 1er single chez Slovenly. Un petit poil.
En tout cas ce changement de langue leur convient super bien. D’autant que la voix (et les chœurs) sont mixé très dans la musique et ça se marie parfaitement avec leur Punk Garage Punk, qui ne dédaigne pas une œillade appuyée vers la Power Pop, sans rendre jaloux le Punk 77, ni leurs sans doute) premiers amours Pop Punk !
4 titres qui se dégustent comme un spritz bien dosé !
[BT]

PUPPY And The HAND JOBS
I eat abortions, EP, Digital
Black Gladiator / Mondo Mongo
On reste dans la nébuleuse Slovenly Rds avec ses labels sœurs / frères / Satellite…
Avec ce type de nom de groupe bien gracieux, et un EP nommé I eat abortions on se fait une idée assez précise du contenu possible !
Un des titre s’appelle Trash Rock’n’Roll… presque tout est dit ! Ce nouveau groupe de Phoenix paye un peu son tribut au Budget Rock façon Supercharger / Rip-Offs. Avec une louchée de japonaiseries (Thee Michel Gun Elephant / Guitar Wolf)…
Sans trop exagérer sur le côté lo-fi quand même. Résultat les 5 chansons ici présentent se dégustent bien allègrement !
[BT]

GALAXY FINGERS
Let in Elijah, EP, Digital
Elefant Rds
Encore une merveille de Pop délicate avec chant féminin comme ils les affectionnent chez Elefant Rds (et comme j’adore aussi). Chansons languides tirant vers le Slowcore et une vision du Shoegaze ralentit et rêveur !
De doux rêves qui vous emportent sur leurs ailes vers un monde plus beau et plus remplie d’amour… ?!? Mais attention quelques nuages menacent cette belle harmonies.
Un garçon une fille qui se sont rencontrés pendant leurs études au Japon et collaborent sur ce 1er disque en étant chacun sur une côte des Usa. Mais ça ne s’entend jamais. La cohésion (notamment de leurs voix qui s’entremêlent parfois) n’est jamais démentie.
Ces 4 chansons qui peuvent parfois flirter avec les 5 mn pour laisser à l’œuvre le temps de ce développer en plusieurs couches sont très joliment ouvragées et montre un groupe ayant une vraie vision de sa musique. Ce qui fait qu’on se délecte déjà de ce Let In Elijah, et qu’on attend avec impatience leur mini album à sortir en 2019 !
[BT]

mardi 18 septembre 2018

Chronique : The GOON SAX + STEVE AMBER + Y. BLUES



The GOON SAX
We’re not talking, LP, CD, K7, digital
Wichita / Pias
2ème album pour ce trio australien qui réactive une Pop indolente tirant vers l'Art Rock avec touches Post Punk et Indie 90... Si vous aimez (entre autre) The Fall et les Television Personnalities alors jetez vous là dessus. Si votre truc ce sont les groupes ayant un vrai songwriting alors The Goon Sax devrait bien vous régaler !
Le côté quasi enfantin de la pochette n’induit pas véritablement en erreur… le syndromes Peter Pan sans doute et le pays des rêves sans erreurs possible !
Très léger dans le jeu et les intentions, un poil mélancolique avec son piano qui sert parfois de seul instrument pour supporter la voix.
Des voix multiples qui se mélangent bien et donnent beaucoup de caractère à chacune deces 12 chansons ! Un peu foutraques, bricolées, mais toujours avec et pour l’amour de la musique !
[BT]

STEVE AMBER
From a temple on the hill
Indéniablement voilà un des grands plaisirs de la découverte : un disque débarque de nulle part et il vous embarque !
Entre Indie Pop et Rock Noisy, Post Velvet, Post Shoegaze et Post Psyché… avec élégance et délicatesse (sûrement parce que s’est la guitare acoustique qui sert de trame à la plupart des titres, et ce, bien que le 2ème, et parfois même le 3ème guitariste tisse des passages aux sonorités qui servent de juste contre point musclé).
Un disque à l’efficacité immédiate (notamment grâce à la multiplication des voix) mais qui continue à se révéler aux fils des écoutes !
[BT]
En concert : Samedi 6 Octobre : Forget Me Not Festival : MOONWALKS (Detroit Rock) + JIM YOUNGER’S SPIRIT (Psych Country Alt-Folk) + STEVE AMBER (Indie Rock), au Farmer, à Lyon

Y.BLUES
Belong to the barrel, CD, Digital
M & O Music
Formule étonnante que celle de ce trio qui pratique son Métal uniquement à base de guitare acoustique ! Ce qui immédiatement et indéniablement donne une forte identité à Y.Blues.
Entre Folk, Métal, Blues, Flamenco, Heavy… avec des clins d’œil vers le Techno Thrash ou parfois vers le Stoner, voir vers une sorte de Heavy Punk’n’Roll couillu célébrant la bière et le vin !
Et puis le bottleneck sort régulièrement de sa boite et c’est bien le pied ! Comme aussi les voix féminines en backing qui viennent joliment enrichir certains titres.
Le groupe fait varier ses rythmes d’un titre à l’autre, mais également au sein du même morceau. Ouai ils assurent gravement les Y.Blues ! Et c’est vrai qu’il est rare de tomber sur un groupe qui produit une musique dont on se dit merde ça je ne l’avais jamais entendu…
Y.Blues est au menu de l’édition 2018 de La Cuvée Grenobloise : www.retourdescene.net/ !
[BT]
En concert : Jeudi 20 Septembre : Y. BLUES (Metal Blues) + JULIE BALLY (Indie Rock) + SUMAC DUB (Dub), à la Belle Electrique, à Grenoble, 19h, gratuit

samedi 15 septembre 2018

Chronique : PERSONALITY CULT + SHARRON KRAUS + ALPACA SPORTS + Thee HEADCOATS



PERSONALITY CULT
S/t, LP, CD, Digital
Drunken Sailor Rds
Bon au départ je trouvais cet album très bateau… mais je m’y suis accroché sur la bonne foie de leur label qui à un bien beau catalogue exempt de fautes de goûts. Et j’ai bien fait !
Entre Fast Power Pop / Punk 77 à la Buzzcocks les Personality Cult balancent 10 chansons, rapides et trépidantes, mais toujours très accrocheuses !
Les chansons sont certes courtes et rapides, mais ce sont vraiment des chansons !
Ça ne débande pas ! Ça frappe sec comme un coup de matraque et on est pas là pour perdre son temps avec des simagrées. Mais putain qu’est-ce que c’est jouissif !
Un bon remède aux tensions et à frustration de la vie (post) moderne ! Car ils ne se contente pas de refaire un truc d’une époque mythifiée ils y ajoutent des éléments (Art Rock / Weird New Wave / Noisy Pop…) qui enrichissent beaucoup beaucoup leur musique !
Un défouloire mais pas un truc de bourrins (comme le laisse imaginer la pochette), de la musique pour qui la considère comme une des choses les plus fondamentales de sa vie !
[BT]

SHARRON KRAUS
Joy’s reflection is sorrow, LP, CD, Digital
Sunstone Rds
Avec un titre pareil on ne peut pas s'attendre à quelque chose de gaie. Et la pochette non plus ne vous trompe pas sur le contenu. Mais qu’est-ce que c’est beau...
Wierd Folk ? Psych Country Gothic ? Une instrumentation vaste, mélodieuse, ambitieuse au service d'une musique sensible évoquant des émotions puissante !
La voix évanescente de Miss Kraus (largement soutenue de chœurs angéliques) s’élève d’une orchestration complexe mais jamais fouillis.
Je découvre cette dame seulement maintenant alors qu’elle à déjà enregistrée ‘seule’ ou en collaborant avec d’autres musiciens une quantité impressionnante de disques (albums, singles, Eps) c’est ce qui me ravie avec le monde de la musique ‘souterraine’ la source de plaisir auditif semble ne jamais se tarir. Cependant avec Sharron Kraus on atteint un autre niveau puisque c’est aussi à votre âme qu’elle cherche à s’adresser ! Parfois j’ai l’impression de pouvoir toucher le ciel !
[BT]


ALPACA SPORTS
From Paris with love, LP, CD, Digital
Elefant Rds
Bon là quand même il y a un paquet d’indices qui sont donné d’entrée pour vous orienter vers le type de musique que peut contenir : le titre de cet album, son dessin de pochette et le label qui l’accueil.
Pour son nouvel album Alpaca Sports navigue en plein fantasme POP !
Entre 60’s fantasmé, Pop baroque, C86, Sarah Rds, Indie américaine des 90 école K Rds, un peu de College Rock, Jangle Pop, et Burt Bacharach, dans un sentiment très européen.
Andreas Jonsson le suédois qui est derrière ce projet/groupe est certainement du genre à penser que la Pop c’est fait pour faire chanter de jolies mélodies à de jolies filles ! Quand le résulat est d’une aussi belle eau qu’ici je ne peux que lui donner raison !
Rétro mais pas trop. Nostalgique mais pas revivaliste, complexe mais d’une parfaite efficacité Pop cet album l’Alpaca Sports est réconfortant comme une soirée en amoureux sous la couette et euphorisant comme un bon roman sur la plage !
[BT]

Thee HEADCOATS
In tweed we trust, LP, CD, Digital
Damaged Goods
Quand en 19889 j’ai commencé à m’intéresser au Garage Punk Billy Childish était déjà un personnage révéré. C’était les débuts des Headcoats, mais je dois dire qu’en se temps là je n’ai pas accroché à ce groupe (qu’on avait eu la chance et le privilège de voir sur scène à la Saint John Taverne à Londres) mais musicalement ça n’était pas vraiment ma came (et pas plus les Milshakes ou les Mighty Caesars, quant au Pop Rivets je ne crois pas en avoir entendu un album entier), C’est vrais qu’en ce temps là Billy Childish était ultra productif musicalement sortant pléthore d’albums, singles et EPs chaque année et de mon point de vu la qualité s’en ressentait très fortement.
Depuis j’ai adoré ses Buff Medways, Musicians of The British Empire, Vermin Poets et Spartan Dregs : soit parce que son orientation musicale l’emmène à un croisement entre le Punk une certaine vision du Freakbeat et du Rhythm & Blues bien crade, soit parce que le ralentissement notable de son rythme de sorti à fait notablement monter la qualité de chaque album et les rendant véritablement unique. Sûrement pour ces 2 raisons !
Toutes ces considérations ayant été faites je dois dire que je ne m’attendais pas à autant me régaler avec ce ‘In Tweed we trust’ dont le titre indique bien l’humour mordant et so british qui en fait le sel !
Toujours à la croisé des chemins entre sa vision du Punk, du Rock’n’Roll et du Bristish Beat les Headcoats sont tellement un groupe avec une forte personnalité que les écouter fait frémir les oreilles. Ce qui fait la différence avec cet album c’est qu’il est impeccable de bout en bout avec une collection de chansons qui accrochent l’oreille, la gratte, le titille et l’excite et fait monter la pression cardiaque. Plutôt dans une veine brute, voir brutaliste cet album est dense, très dense et on comprend pourquoi Damaged Goods Rds à fait le choix de le rééditer. Moi je dis : Merci !
[BT]

lundi 10 septembre 2018

Chronique : DOT DASH + MORLOCKS + WALTER LURE... + CHARLIE'S FRONTIER FUN TOWN



DOT DASH
Proto Retro, CD, Digital
Beautiful Music
6ème album pour ce groupe de Washington qui pratique une Power Pop ciselé, précise, mélodieuse et merveilleuse !
J’ai craqué sur eux depuis leur précédent album, et celui-ci est une des plus belle chose sortie dans le genre depuis une paire d’années !!!
Une belle dose de College Rock, une rasade de Power Pop modernisée comme on en faisait dans les 90’s, un soupçon de Jangle Pop, dans oublier le joli relent de fragrances 60’s… au service de 12 chansons impeccables de bout en bout qui font un album fortement addictif ! Dont l’intensité ne faiblit jamais.
Ces 3 gars de Dot Dash ont un long pédigré et ils savent y faire, ils ont de plus choisit Geoff Sanoff à la production (Lloyd Cole, Darlene Love, Television) et il leur à concoqueté un son idéal pour leur musique : souple, aéré, musclé mais sans excès, précis et incisif. Idéal pour magnifier cette splendide collection de chansons !
Diversité des tempos et des mélodies, un chanteur un vrai qui sait moduler son organe, plein de cœur et des riffs soutenu par des mélodies comme s’il en pleuvait !
Un émerveillement je vous dis !!!
Le nom de leur label n’est pas du tout mensongé !
[BT]

The MORLOCKS
Bring back the mesmeric condition, LP, CD, Digital
Hound Gawd
ça faisait un long moment qu’on avait pas eut de nouvel album des Morlocks (8 ans quand même) et franchement j’étais dubitatif par rapport à ce retour. Mais les excitantes écoutes répétées de ce nouveau long play prouve qu’on assiste ici à une résurrection !
Le maître Kuoizumi s’est entouré d’un back band cinq étoiles ! Jugez plutôt, les musiciens ici présent ont aussi joué avec les Fuzztones, Q65, Link Wray, Cheeks, Montesas, Magnificent Brotherhood, Sonny Vincent, Humpers, Gravedigger V, Hangee V. ça calme ! Et ils ne sont pas là pour cachetonner !
Nous voici avec 10 compos bien sexy, tendues, musclées, mélodieuses, interprétées avec maestria et magnifiquement mis en son (tranchant le son) par Jim Diamond.
En 2016 les italiens de Area Pirata avait publié un single des Morlocks qui montrait un groupe très en forme, mais j’avoue que je ne m’attendait pas à un album aussi réussit de bout en bout !
Garage Punk dans sa meilleure acceptation, Fuzz, Detroit Sound, R&B, Sixties et tellement plus que ça ! Une collection de chansons qui botte bien le cul !
[BT]
Lundi 24 Septembre : The MORLOCKS (Garage Punk légendes, Usa) + PERVITIN (Swamp Rock), au Trokson, à Lyon. Entrée libre

WALTER LURE And The WALDOS
Wacka Lacka Boom Bop A Loom Bam Boo
Cleopatra
En attaquant son 1er album ‘solo’ par un riff à la Sex Pistols, le seul survivant des Heartbreakers donne immédiatement la direction que va prendre son disque. PUNK Rock ! Le monsieur et ses (London) boys jouent avec les références du genre…
Après un hiatus de 25 ans Walter Lure revient avec son 2ème album solo pour l’amour du Rock (comme le laisse à penser son titre) mais joué avec des couilles, et une âme !
Assez ‘street’, sale mais mélodieux, avec une petite touche Glam et quelques œillades Pub Rock, une touche Gouf Punk et cet incroyable capacité à intégrer des éléments de cabarets et des mélodies populaires dans la musique qui caractérise un certain caractère typiquement british.
Un album bien rassasiant, qui reste dans les limites du genre, mais avec un gros talent et bien de l’enthousiasme !
[BT]

CHARLIE'S FRONTIER FUN TOWN
In dust we trust, CD, Digital
Autoproduction
Supporte your local scene comme on dit ! Et je me suis donc acheté cet album. D’abord parce que j’avais aimé le premier. Ensuite parce que leur concert à La Belle Electrique en compagnie de Rising Steel et Nightmare m’avait bien collé au mur.
On l’a bien attendu cet album, il a été annoncé, et puis il y a eu des retards… Mais putain ça valait le coup !
Les Charlie Frontier Funtown pratiquent un Stoner Metal de très très bon, aloi !
Stoner c’est évident et Metal tout autant !
Des guitares bien grasses, un chant grave un peu hurlé/ crier… collant totalement à la musique très musclée du quintet ‘grenoblois’.
Ici on sent bien l’influence Heavy Metal dans certains riffs ou dans les duels de guitares, là on peut même ressentir quelques accélérations façon Thrash 80.
La majorité des tempos restent médians et la section rythmique millimétrée colle idéalement la musique des Charlie Frontier Funtown au sol. Un sol poussiéreux comme il se doit !
Bref un album comme une gifle en pleine gueule, doublé d’un uppercut au foie.
[BT]
En concert :Vendredi 14 Septembre : INSIDE (Rock) + SHINKEN (Hc Metal) + CHARLIE’s FRONTIER FUN TOWN (Stoner Metal) + VERCORS (Post Rock), à l’Ampérage, à Grenoble