mardi 7 avril 2020

Chronique : The ROOZALEPRES + DAKINIZ


The ROOZALEPRES
S/t, LP (CD inclus), Digital
Go down Rds
1er album pour ce quatuor italien mixte, et bien musclé !
J’aime bien leur mélange de Punk, de Garage Punk, de Heavy Rock’n’Roll… parfois ça rappel les meilleurs moments du High Energy Rock’n’Roll (façon early Swergrooves), ou des groupes from down under (Bored!, Asteroid B-612…).
Donc chez les Roozalepres ça charcle, et les guitares sont puissantes avec un son façon barbelés mais ça n’abandonne jamais le concept de chanson pour autant. Ni la mélodie.
Sans appuyer à fond sur l’accélérateur les Roozalepres font montre d’une grosse puissance de tire ! Un vrai barrage d’artillerie sous forme de guitares velues, mais toujours mélodieuses ! En fait on les sent aussi aimer le Punk 77 pour son côté impact : puissance et chansons mémorables sans se prendre la tête !
C’est bon comme un coup de trique ! Et ça a le même effet stimulant !
[BT]
DAKINIZ
Raging shouts, LP, CD, Digital
Autoproduction
2ème album pour ce trio parisien, alors qu’ils avaient travaillé avec Laurent Ciron (ex Dogs) pour leur 2ème EP et leur 1er album, Dakiniz a été enregistré à Londres au Bear Bites Horse Studio de Wayne Adams (USA Nails, Death Pedals...).
Dans la droite ligne de ce qu’on peut attendre d’un power trio Dakiniz balance un Noise Rock tendu, (apparemment) simple, direct qui vous déboule en pleine gueule et se colle à vos oreilles !
Musicalement le trio navigue entre Noise Rock mélodieux, Hardcore tendu et un Rock ultra puissant ! La voix de leur chanteur m’évoque parfois celle de Peter Garrett de Midnight Oil, ce qui n’est pas commun.
Cette fort agréable plongée dans les sonorités Indie musclées des 90’s porte en elle des éléments intemporels qui rend l’ensemble bien de notre temps, un bel exemple du syncrétisme post post moderne. A l’image de sa pochette cet album assemble des éléments disparates (Rock, Pop, Post Hardcore, Noise, Punk, Garage) dans une musique qui ne ressemble pas le moins du monde à du gloubiboulga, mais bien à un de ces merveilleux plats roboratif issu de la worldFood la mieux maîtrisée !
[BT]

samedi 4 avril 2020

Chronique : STRANGE FLOWERS + JAK'S + BEESUS + DITCHES


The STRANGE FLOWERS
Songs for imaginary movies, LP, CD, Digital
Area Pirata Rds
13 chansons pour ce 8ème album du quatuor de Pise qui existe depuis 1987. Un album qui est tout à la fois plus Indie ET plus Psychédélique (dans le sens vaporeux, noisy du terme). Comme si le quatuor italien voulait dépasser faire sauter toutes les frontières stylistiques ! En utilisant des sonorités judicieusement moins typées revival ils arrivent à transporter leur musique dans le 21ème siècle sans renier leur passion Néo Sixties !
Un bien bel exploit !
Qui nous fait bénéficier d’un album complet, varié, intelligemment agencé, et assez hors des sentiers rebattus, sans pour autant tomber dans la musique pour zicos et les bizarreries Arty.
J’aime ce groupe depuis que je l’ai découvert je les ai même fais jouer à Grenoble (http://voixdegaragegrenoble.blogspot.com/2016/04/chroniques-jaks-strabge-flowers.html) je vous en parle souvent et j’espère arriver à transmettre ma passion pour leur musique (http://voixdegaragegrenoble.blogspot.com/2018/02/chronique-stranger-flowers-broadway.html ), et, une fois encore ,je suis sous le charme de leurs chansons.
J’en aime la profondeur, la luminosité et la délicatesse de composition et d’interprétation ! C’est BEAU tout simplement !
[BT]
JAK’S
Act 1, CD, Digital
Big Dog Found Creations
Ce ‘jeune’ power trio (quand même plus de 120 concerts au compteur, qui dit mieux?) va piocher dans toutes les décennies sans distinctions (60’s / 70’s / 80’s / 90’s et actuelle) JAK’S agglomère Pop / Rock / Power Pop Indie / Punk Psych Garage… tout en se moquant d’appartenir à une scène ou de rentrer dans une case !
Je les suis presque depuis leurs débuts car d’emblée il m’est apparu qu’en plus de leur enthousiasme ils avaient une grosse capacité à composer des chansons hyper accrocheuses ! Fortes et mélodieuses.
Mais honnêtement je ne pensais pas qu’ils accoucheraient d’un premier disque ‘officiel’ aussi emballant !
Depuis leurs débuts ils ont beaucoup bossé, répété, joué, enregistré, tourné et tout ça se ressent de façon perceptible ici ! Dans la cohésion, dans le son, dans les mélodies tout est réunis pour faire de ce mini album (5 chansons) un must du genre !
La nouvelle génération est plus que prometteuse, JAK’S le prouve !!!
[BT]
BEESUS
3eesus, LP, Digital
Go Down Records / More Fuzz Records / New Sonic Records
Étrange nom que celui de ce trio romain, qui publie là son 3ème album. A la 1ère écoute du 1er morceau je me suis dis : « bon ben ça, ça va pas me plaire ». Mais j’ai révisé mon jugement dès le titre suivant !
Les prises de sons pour cet album ont été effectuées ‘live’ au Monk Club de Rome par Giacomo Serri ce qui donne une belle épaisseur et de l’ampleur au son du trio. Lui laissant aussi sans doute plus d’espace et de liberté que dans le confinement stérilisé d’un véritable studio… Attention il ne s’agit pas ici d’un album live, voici une vraie œuvre de création, mais enregistré comme ce devrait toujours être le cas (selon moi en tout cas) en faisant jouer tout le groupe ensemble. Ensuite (comme c’est, bien sûr, le cas ici) on peut faire du re-recordings, ajouter des pistes supplémentaires, faire des repiquages… mais la dynamique d’un groupe de Rock qui joue ensemble (tout spécialement un power trio) est inimitable !
Donc si vous aimé la chaleur des instruments qui vibrent à l’unisson alors c’est une méthode qui donne systématiquement d’excellents résultats ! Enfin pour peu que le groupe soit capable de jouer ensemble ! Ici c’est le cas !
La splendide pochette est un ‘détail’ du tableau de Max Ernst ‘Europe, after the rain, II’ et il plonge bien dans l’atmosphère du disque !
Bon, on cause on cause, mais ils font quoi comme musique Beesus ?
Fuzz Rock ? Psyché Stoner ? Heavy planant ?
Quelque part par là…
Sans se limiter, ni se ranger dans une case spécifique.
On sent qu’ils aiment le gras et se faire plaisir sans se prendre la tête. Ça ne tombe jamais dans les plans complaisant ou arty (ficiels) ; et ça aboutit à un album qui s’écoute et réécoute avec bonheur car dense ET diversifié !
[BT]
DITCHES
S/t, LP, Digital
Drunken Sailor Rds
Comme c’est sur ce label que sort ce 1er album du gang de Stockholm je l’écoute pour la 1ère fois avec bienveillance et je le trouve tout de suite attachant. Bien que assez ‘classique’ voir ‘convenu’ dans le genre…
Sauf que bien entendu comme tout ce qui se fait de bon quand on creuse on découvre qu’il y a plein de bien belles choses là dedans. Et que la musique est bien plus ‘complexe’ que ce que les premières impressions laissent paraître !
Power Pop rythmée, Pop Punk, Garage, Punk 77…
D’emblée la chanson d’ouverture est un instant hit, comme une version turbo des Boys de la grande époque !!!
Ensuite les Ditches prouvent qu’ils savent gérer les mid-tempo, comme les titres plus enlever ! Sans se prendre la tête, ni nous briser les couilles avec des pose arty neu-neu !!!
Une sorte de Power Pop décomplexée, qui connaît son passé, mais est totalement de notre temps !
Du fun et d’excellentes chansons : la vie quoi !
[BT]

mardi 31 mars 2020

Chronique : NEWPRIMALS + BLACKBIRD HILL + MICHAEL MONROE


NEWPRIMALS
Horse girl energy, LP, CD, Digital
Learning Curve Rds
Ce trio mixte de Minneapolis s’est formé en 2016 et sort son 1er album seulement maintenant, sûrement pour peaufiner leur style, leur son, leur personnalité !
Et dès le 1er contact on constate qu’il y a une très forte adéquation entre le nom du groupe, le visuel de la pochette et son titre, ce qui dispose à entendre la musique faite par Newprimals. Qui ne vous trompe pas sur la marchandise avec un patronyme comme celui-ci !
Noise Rock sur rythmes primitiviste urbains pour danses macabres…
Collision sonores et pas de danses robotico-métronomico saccadés !
La rythmique hésite entre danse de Saint Guy et primitivisme urbain !
C’est dissonant et bruitiste, ça donne envie de se gratter frénétiquement les oreilles. Cependant ils titres ne sont pas dénués de mélodies, loin de là !
Brutaliste, énergique, trépidant, puissant !
Oh putain que ça fait du bien !
[BT]
BLACKBIRD HILL
Razzle dazzle, LP, CD, Digital
Lagon noir / Pschent Music
1er album pour ce duo bordelais qui n’aurait pas dépareillé sur Alive Rds, tant ils naviguent eux aussi dans les eaux boueuses d’un Blues bien épais… en effet la proximité avec des Left Lane Cruiser, Black Keys,
La musique des Blackbird Hill comme leur nom le laisse imaginer est très marqué par les Usa, la musique, les grands espaces, la littérature (références à Jack London et Kerouac…), univers mentales et visuels…
Ici le Blues est une musique épaisse, puissante et solide qui évolue jusqu’aux frontières du Stoner d’un côté, de la Country de l’autre quand arrive le banjo…
Le son, la production et le chant sont dans un bel équilibre entre clarté et puissance. Gros grain et précision ! A la fois boueux et propre…
Un album équilibré, et fort en intensité !
[BT]
MICHAEL MONROE
One man band, CD, LP, Digital
Silver Lining Music
Je suis un énorme fan d’Hanoi Rocks depuis l’époque de Enfer Magazine, et j’ai l’intégralité de leur discographie en vinyle et en CD. Depuis leur tragique séparation le suit les pérégrinations musicales de chacun des membres survivants, mais il faut reconnaître que les résultats sont rarement à la hauteur de mes grandes attentes (à l’exception très notable de « Coming Down Slow » l’euphorisant album live de The Cherry Bombz, de Demolition 23, l’album des Fallen Angels est bon aussi).
Jusqu’ici les albums solos de Michael Monroe m’avaient fait penser : pas mal, bof, sympa, voir vraiment bon…
Mais avec ce ‘One Man Gang’ on change de braquet ! Et on revient au meilleur !!!!
La chanson d’ouverture de l’album (qui lui donne d’ailleurs son nom) est un putain de Instant Hit qui envois valdinguer les étiquettes et touche direct au cœur les fans de Rock musclé !
Quel bonheur !
Ensuite on navigue entre Heavy Rock, Hard FM, Rock punkyfié… on y retrouve certains des thèmes et obsessions de feu Hanoi Rocks…
Contrairement à beaucoup Michael Monroe nous fait revivre les meilleurs moments du Heavy 80 sans nostalgie. Proposant un putain d’album de maintenant !
Puissant, avec 12 chansons imparables ! Excellent de bout en bout !
Ce qu’on attends d’un grand album !
Et ce qu’on espérait plus du grand Michael Monroe !
[BT]

vendredi 27 mars 2020

Chronique : DAVI RODRIGUEZ DE LIMA + MFC CHICKEN + ASTEROID B-612


DAVI RODRIGUEZ DE LIMA
Fantasma, LP, Digital
Sulatron Rds
Parfois les bio qu’on reçoit avec les nouveautés musicales sont bien utile. En dépit de son nom Davi Rodriguez De Lima est brésilien, il vit en Allemagne depuis 8 ans. Il a joué dans son pays d’origine dans Ecos Falsos (Indie Rock) et Orange Disaster (Eperimental Punk) en tant que batteur. Depuis il fait tout seul : composer, jouer, enregistrer, mixer et masteriser. Et même la pochette.
Ceci est son 1er album !
Et à la fois une partie de son travail pour sa thèse en Sound Design. Ce qui devrait faire fuir tous les ‘rockers’ ici présent. Mais il ne faut pas. Restez et écoutez !
Comme on l’imagine il y a ici un gros travail sur le son, les sonorités des instruments (la batterie n’est pas une vraie batterie, mais pas vraiment une batterie électronique non plus, et c’est tant mieux), la basse est remplacée par un Moog, la trompette sonne comme une guitare distordu… les voix sont fantomatiques (vu le titre de l’album on pourrait s’en douter) mais ont une vraie présence et une forte personnalité !
Si tout ceci est fabriqué pour nous faire perdre une bonne partie de nos repères, on est loin des délires de zicos pour zicos.
Mais plutôt dans une œuvre conçu par un fana de musique pour des fans de musiques qui sont ouvert à l’expérimentation et prêt à s’investir dans l’écoute attentive et prolongée d’un disque !
Bon quant à qualifier la musique de Davi Rodriguez De Lima ça n’est pas très simple et c’est tant mieux !
Disons qui si vous n’êtes pas réticents aux sonorités Stoner, Psych Rock, Indie Noisy, Proto Shoegaze, Kraut, Garage et que vous êtes tentez par l’aventurisme en musique alors vous allez vous régaler !!!
[BT]
MFC CHICKEN
Fast food & broken hearts, LP, CD, Digital
Dirty Water Rds / Folc Rds
Dès les premières notes de la chanson d’ouverture je me suis dis : ouai putain ça fait plaisir de retrouver la musique des MFC Chicken !
D’autant que très vite il s’est avéré que nous avions avec ce « Fast food & broken hearts » (quel excellent titre d’album) un grand cru !
C’est vrai que normalement le Rhythm & Blues ça a tendance à très vite me barber. Mais la musique des MFC CHICKEN m’éclate vraiment !
Et ça n’est pas nouveau (http://voixdegaragegrenoble.blogspot.com/2016/12/chronique-french-boutik-mfc-chicken.html) certainement parce qu’elle est très puissamment innervé de Garage Punk, de 50’s Wild Rock’n’Roll, de Surf, d’Exotica, voir même d’un rien de Pub Rock !
Tout en restant du R&Blues la musique de MFC Chicken prend une dimension qui échappe à la grande majorité des autres groupe du genre : elle est VIVANTE !
Vibrante et excitante !!!
De quoi faire gigoter vos jambes pendant un moment, revigorer votre cœur de Rockers et faire frémir vos oreilles !
[BT]
P.S. : On est d'accord, la pochette est moche !
ASTEROID B-612
Forced into a corner, LP
Bang! Rds
Du Rock barbelé venant de down under !
Voilà comment on peut qualifier rapidement Asteroid B-612…
Ce qui n’est pas faux, loin de là, mais quand même un peu désinvolte, et irrespectueux eut égards à la qualité des albums, la passion qui anime ses gens, et la carrière du groupe !
Ce « Forced into a corner » est le deuxième album du gang, et fut publié en 1994, uniquement en CD. Donc une fois encore les basques de Bang! Rds remettent à disposition en vinyle un album incandescent, à même de satisfaire tous ceux qui ont encore l’amour du Rock rugueux chevillée au corps !!!
J’avoue qu’à la première écoute je ne fut pas très accroché. Mais pourtant depuis le 2ème passage mes oreilles bourdonnent de ces duels de guitares qui sont dans la tradition Detroit / Sydney / Le Havre / Stockholm qui nous à tant fait bander des années durant !
Vous pouvez écouter tous les enregistrement de John leur ‘leader’ avec le groupe et depuis ici : https://johnnycasino.bandcamp.com/music et je vous recommande de vous pencher sérieusement sur son cas, parce qu’ici il y a mieux que du tout bon !
Ok, mais cet album alors ?
Nous sommes dans le royaume de la guitare et ça ferraille dur ! Très dur ! Rien d’étonnant quand on sait que ce disque fut produit par Dave Thomas des gigantesque BORED! (qui malheureusement est décédé d’un cancer il y a quelques jours).
Une connexion naturelle tant ces australiens étaient obsédés par les guitares qui font fumer les amplis.
Les titres oscillent entre 2’47 et 9’42… ce qui leurs donnent du temps et de l’espace pour délivrer soit un shot brut et brutal d’énergie pur, soit un délire sonique et furieux !
Le remastering donne à l’ensemble un souffle et une grande puissance.
Bref si c’est le genre de came qui vous fait vibrer vous trouverez tout ce qu’il vous faut ici, et plus encore !
[BT]
P.S. : ça n’est pas le premier album que Bang! Rds met à la disposition des fanas du genre en vinyle (http://voixdegaragegrenoble.blogspot.com/2019/09/chronique-capsula-asteroid-b-612-seine.html )