samedi 7 décembre 2019

Chronique : LYSISTRATA + The JUNCTION + The YOUNG SINCLAIRS + ROBERT BLOCH


LYSISTRATA
Breath In/Out, 2LP, CD, Digital
Vicious Circle / L’Autre Distribution
Le retour des jeunes gens en colère ?!?
Et même de plus en plus en colère sur ce 2ème album !
Comme si les longues tournées qui ont fait suite au ‘succès’ de leur 1er album avait rendu le trio encore plus rugueux !
Noise Rock ? Punk Indie ? En fait Lysistrata envoie les étiquettes se faire foutre (comme le reste des choses qui leurs déplaisent) et se concentre à forger des titres puissants !
Parfois en jouant vite, le plus souvent en jouant fort, et très régulièrement en jouant sur l’éloquence des émotions !!!!
J’avais déjà aimé le précédent (http://voixdegaragegrenoble.blogspot.com/2018/04/chronique-gloria-don-glow-lysistrata.html ) mais là je me suis carrément fait happer par celui-ci !
Pourtant je ne les ai toujours pas vu en live où apparemment ils cassent la baraque !
Donc je ne jugerai que le disque et ses 9 titres !
Putain ça claque !
Il y a tellement de groupes qui prétendent à revenir à l’intensité des groupes des 90’s, et si peu qui y arrivent ! En plus Lysistrata réussit l’exploit de ne pas du tout sonner revivaliste ; de vous en foutre plein la gueule, les oreilles et même de vous remplir l’âme tant leur musique ne se limite pas à la puissance sonique, loin de là !
Un grand grand disque !!!
[BT]
En concert : Vendredi 13 Mars 2020 : LYSISTRATA (Indie Punk) + guest, à La Source, à Fontaine (38)
The JUNCTION
Audioglobe, CD, Digital
Dischi Soviet Studio
Encore un groupe qui m’avait fait bien craquer avec son disque précédent (http://voixdegaragegrenoble.blogspot.com/2015/05/chroniques-dividers-muffs-prettiest.html ) et donc je suis bien heureux de les retrouver avec leur nouvel et 3ème album !
Amalgamant des éléments venus de ‘styles’ divers sans que cela ne se ressente, The Junction propose un Rock Indie solide, puissant et mélodique, qui échappe aux relents faisandés de tous revivalisme en sonnant, intemporel ! Presque contemporain… Comme une sorte de vision post post moderne et donc furieusement actuelle de l’ultra syncrétisme ambiant.
Mais au final peut importe, car ce qui reste de ce disque c’est le plaisir qu’il distille durant toute son écoute, et les suivantes, avec cette belle collection de 11 chansons composées avec maestria, interprétées de façon directe, simple et force de conviction !
Tout ce qu’on attend (et avons toujours espéré) d’un Power trio !!!
[BT]
The YOUNG SINCLAIRS
Out of the box, LP, CD, Digital
Requiem Pour UN Twister
L’autre philosophe R’n’R se demandait ‘How much is too much’ ? Et j’avoue qu’à l’écoute ce cet album je me pose la même question ! Tant de choses et de styles sont brasser sur cet album. Peut-être trop, un peu au détriment de l’homogénéité de l’ensemble. A force de vouloir beaucoup en mettre, peut-être que les Young Sinclairs ont dépassé la dose prescrite, en tout cas c’est ce que je me demande à chaque écoute… Mais peut-être n’est-ce que pour mois…
En tout cas on navigue dans ces chansons entre Soul, Garage Rock, Sixties Pop, Rhytm&Beat, New Wave, Musique de Film, Psych Rock, Pop 80, Folk Rock…
Chacune des 13 chansons à sa personnalité, son univers, sa tessiture… ce qui rend le disque très dense, en revanche ça fait un album très hétérogène et pas mal décousu. Un disque idéal pour passer en radio, avec d’excellentes chansons, souvent délicates et bien ouvragées !
Beaucoup de talent chez ce jeune homme hyper actif. Mais comme tous les gens de son espèce il gagnerait un peu à la concision et à petit travail de sélection et d’éditorialisation… Peut-être une oreille extérieure bienveillante et un poil critique (voir dirigiste).
Cependant ne vous méprenez pas sur mon propos la (les) musique ici présente est vraiment de grande qualité !
[BT]
ROBERT BLOCH
Le crépuscule des stars
Rivages/Noir 318 pages, 9 euros
J’ai acheté ce livre sur l’impulsion du moment, pour la beauté de sa couverture et de son titre et après une lecture rapide de la 4ème de couverture, qui en dit un peu sur son contenu mais reste loin du compte...
De Robert Bloch je sais peu de chose et je n’ai lu aucun de ses autres livres même pas « Psychose »…
Mais je me suis fait embraquer dans l’aventure éditoriale que constitue ce « Le crépuscule des stars » qui est bien plus qu’un roman, une vraie déclaration d’amour à l’âge d’or du cinéma muet. En tant qu’amoureux de ces films muets qu’il a vu au cinéma au moment de leurs sorties, Robert Bloch à mener un méticuleux travail de recherche pour en apprendre le plus sur cette époque révolue… et sans se faire parasiter par les légendes… à un moment (le livre sera publié pour la 1ère fois en 1968 aux Usa, sans rencontrer de véritable écho, alors que Bloch l’avait écrit en 1957 et qu’aucun éditeur ne l’avait publié avant cela) où personne encore ne s’intéresse à ces temps reculés de la décennie miraculeuse des 1ers temps du cinéma (1919 – 1929).
Bref ce livre est un précurseur… devançant et de beaucoup toutes les œuvres (de fictions ou de recherche) qui ont suivit sur ce sujet.
Mais ce qui compte le plus c’est que c’est un excellent Roman qui entre en vous avec des personnages attachant et un style littéraire parfaitement en place pour narrer cette histoire !
[BT]

mardi 3 décembre 2019

Chronique : EX NORWEGIAN + GIANT SAND + SLUMB PARTY


EX NORWEGIAN
Something unreal, the best of, 2LP, 2CD, Digital
Think Like A Key Rds
D’où est-ce qu’y sortent ces gens ? Something unreal, ben ça c’est sûr ma bonne dame !
48 chansons excellentes ! Par un groupe (qui pour moi) sort de nul part ! Pourtant ce groupe mixte de Miami à déjà 10 ans de carrière qu’ils/elle célèbrent ici à travers ce double Best Of comprenant 48 chansons ! 48 oui, oui !
Bon ça n’est pas le tout ça qu’est-ce qu’y font t’y comme musique ?
Bonne question ma fois, et je suis bien embêté pour répondre… Une sorte de Pop Indie mixée avec un peu de Power Pop… C86, Paisley Underground, K Rds, Slacker Rock 90… Art Pop… plein de choses ma fois, et même si on se rappel ce que ça recouvrait au départ un peu de New Wave (The Attractions, XTC…).
En fait ils/elle semblent simplement obsédés par le fait d’écrire des chansons mélodieuses et qu’on prend plaisir à jouer… ce qui est manifeste ici, que ce soit sur les enregistrements en studios, ou en live… Sans se préoccuper des modes et courants… en mettant un poil de synthé ici, une petite guitare presque acoustique là… peut importe !
Le chant est assurée par la dame qui sait bien moduler ses intonations pour coller au mood de la chanson… il y a souvent des voix doublées, et des chœurs et même une poignée de titres sont chantés par une voix masculine qui elle aussi colle bien aux compos en question…
Les Ex Norwegian n’ont pas peur de faire parfois preuve ‘d’ambition’ pour les arrangements des chansons, sans esbroufe ni prétention, mais ici on ne tombe pas dans le panneau du cheap ni du lo-fi sous prétexte d’efficacité !
60’s ? 80’s ? 90’s ? là de même peu leur chaut ! Tout ce qui compte c’est le résultat ! La chanson une fois finie et fignolée, mais pas trop ça doit rester frais, pas trop trafiqué, et sonner un peu brute et surtout hyper frais !
Bien sûr ça fait beaucoup de chansons à ingurgiter. Ou alors comme moi vous pensez que voici un bien bel objet dans lequel picorer petit à petit, avec un plaisir de découverte plein et jubilatoire ! Et un beau petit lot de chansons ultra mémorables !
[BT]
GIANT SAND
Recounting the ballads of the thin line men, LP, CD, Digital
Fire Rds / Differ-Ant
Parfois la persévérance paie ! Car c’est avec ce 27ème (putain quand même 27) album que je découvre enfin la musique de Giant Sand… Pendant longtemps les thuriféraires de ce groupes me faisaient peur, et je m’attendais à une musique artistico prétentieuse et geignarde…
Si ce fut le cas dans le passé (ce que, donc j’ignore) il n’en est rien sur cet album.
Qui par ailleurs reprend les base
s de leur 2ème album « Ballads of the thin line men » de 1986 pour en re-construire une nouvelle version différente !
Je ne sais pas comment sonnait la version 1986, mais celle de 2019 est parfaite pour moi. Beaucoup de nerfs, de plaisir de jouer pour une superbe tranche de Rock un peu traînant, mais bien rampant comme il faut ! Plein de super chansons qu’on se met à chanter à tue tête très vite (Repitilian qui ouvre ce disque et n’était pas sur la version de 1986, le tubesque You can’t put your arm around a memory…)…
c’est souvent un poil bancale, et en équilibre sur le fil du rasoir, mais ça ne se coupe jamais ! Bien que la musique soit bien tranchante ! Et ça coince tous les tiroirs à force de ne pas vouloir se laisser enfermer dans une catégorie musicale !
Un album beau, foisonnant et intrigant à l’instar de sa pochette !
Si comme moi vous avez toujours été réticent à ce nom, ou si vous connaissez déjà je ne peux que vous recommander de mettre vos deux oreilles sur cet album qui est, et restera un de mes préférés de l’année !
Il m’a fait tout l’été (les joies des envois promo), l’automne, et démarre bien pour me réchauffer les longues soirées d’hiver) !
[BT]
P.S : Vous pouvez écouter et acheter la version de 1986 de « Ballads of the thin line men » sur le bandcamp de Giant Sand (ainsi que tous leurs albums et la toute récente réédition spéciale 25 ans de l’album « Glum ») pour comparer avec la version 2019… De quoi doubler (au moins) votre plaisir !
SLUMB PARTY
Spending money, LP, Digital
Drunken Sailor Rds
2ème album pour ce groupe originaire de Nottingham. Ici ils explorent le versant Pop (ou New Wave dans le sens qu’il recouvrait initialement) de leur Post Punk.
Le tout joué avec morgue, un accent idéal de défit arrogant, un petit synthé entêtant qui essaie de sonner Farfisa, une basse qui se faufile partout, un batteur qui aime s’amuser avec les rythmes et les brisures, un sax rétro bien serré donne une grosse touche inattendue, et la voix féminine est tour à tour irritante (dans le genre qu’on gratte en permanence et on aime ça) ou mélangée avec celle du gars pour une belle densité d’harmonies ou de disharmonies…
Dans un style aussi encombré que le ‘revival’ Post Punk, où sévissent beaucoup de groupes interchangeables, le doigts sur la couture (ce qui est le propre de tous revival) les Slumb Party sont une bouffée d’air frais !
Ils/elle apportent beaucoup d’excitation dans leur musique la tirant pas mal vers l’Art Rock, et faisant preuve de beaucoup de libertés vis à vis des ‘règles établies’ (par qui ? Pourquoi?), en tout cas eux sont libre.
Slumb Party se moque des barrière et des frontière et semble bien là pour n’en faire qu’a sa tête ! Tant mieux car ça aboutit à un disque super frais et bien excitant !
[BT]