lundi 25 mars 2013

Chroniques:FLIPSONG+CATHOLIC SPRAY+CANNIBAL MOSQUITOS



Flipsong
A touch of Magic, a drop of Pop – CD, LP
Revanches Music – La Baleine
Leur 1er album était (et reste) un de mes 3 albums préférés de 2010. Leur mini album de l'année dernière est très très bon, même si trop proprement produit. Ce 2ème album est à la hauteur de mes espérances qui étaient stratosphériques. Les titres du mini sont remit ici dans des versions qui respirent enfin. Ici la production est : brillante, simple, directe, juste ce qui convient à ces 13 chansons qui baignent en plein rêve anglais. Flipsong pond des Perfect Pop Songs comme il pleut là bas. Avec la justesse idéale dans le dosage qui fait un GRAND ALBUM. En équilibre entre : simplicité (apparente) et enluminures. Le trio et ses invités utilise beaucoup la guitare acoustique comme trame de ses chansons, et, également tout un tas d'instruments (piano, violon, mandolines, claviers, peigne...) pour les mettre en valeur, sans les étouffer. Une fois encore la voix et les chœurs sont une des forces de ce disque, même sur les 2 chansons en français qui ne sont pas une rupture dans le continuum de l'album, mais des respirations qui lui donnent un charme encore renforcé ! Voilà déjà un album qui va compter en 2013. Si vous aimez la Pop surtout ne le ratez pas!
[BT]

Catholic Spray
Earth slime - LP, CD
Born Bad / L’Autre Distribution
Avec ce 2ème album les Catholic Spray (un putain de bon nom et une putain de bonne pochette) prouvent qu’ils veulent le titre de roi des groupes de branleurs. Et avec ces 12 ritournelles ils vont fortement influencer le jury… Comme sur leur 1er album, mais au cube ! Judicieuse alternance entre les 2 voix qui parfois se superposent. Alternance de tempo également, parfois rapide (mais jamais bourrin) parfois rampant. Catholic Spray sublime le genre ! Depuis leurs débuts on sait qu’ils sont parmi les meilleurs de France en matière de Garage Punk bricolo (et ici pourtant la concurrence est rude). Mais là sur ce nouveau disque ils mettent une baffe au monde entier. Ce qui dans un ‘sous genre’ aussi casse gueule n’est pas un mince exploit. Ce sous genre tombe souvent dans la complaisance et les albums finissent par lasser, ennuyer, voir écoeurer, mais ce ‘Earth Slime’ tient la distance sur les 12 chansons qui sont toujours au top. Totalement sur le fil du rasoir, sans jamais le moindre écart qui les ferait tomber dans la masse, les Catholic Spray se battent pour conquérir vos oreilles et coloniser vos cerveaux ! Attention ça fait mal (mais ça fait tellement, tellement de bien) !
A voir sur scène aussi :
Mardi 7 Mai : The CRUSADERS OF LOVE (Power Pop) + CATHOLIC SPRAY (Lo-Fi Garage Punk) + QUASAR (Blues Psyché Rock), au Centre d’Art Bastille, au sommet des bulles, à Grenoble. 19h30.
et :
Jeudi 9 Mai : Born Bad Night, avec : The FEELING OF LOVE (Garage Psyché Kraut, excellent) + CATHOLIC SPRAY (Garage un brin Noisy) + CRASH NORMAL (Garage bruitiste), au Clacson, à Oullins (69)

Cannibal Mosquitos
Surfin love party - LP, CD
Dirty Witch Rds
Pour leur 2ème long player le trio réalise un concept album sur le sexe. Le sexe comme une allégorie de la Surf Music Instrumentale : c’est un peu toujours la même chose, mais quand c’est bien fait : QUEL PIED !
Leur 1er album montrait un groupe incroyablement doué pour jouer avec les conventions du genre et tirant son épingle du jeu avec brio, réalisant un disque complet se plaçant sur le dessus du panier.
Pour se Surfin love party ils se surpassent !
Parfois la Surf Music instru semble être le refuge de guitariste de Métal frustré et vainement technique, mais pas de ça chez les Cannibal Mosquitos ; si ils savent jouer fin et délicat quand il faut, comme pour le sexe ils injectent de la fougue et de la passion quand c’est nécessaire !
Bref toujours très Rock et viril dans l’esprit les Cannibal Mosquitos ne débandent jamais tout au long de ces 13 titres.
[BT]
Vendredi 5 Avril : DEMON VENDETTA (Surf Rock instrumental) + CANNIBAL MOSQUITOS (Surf), au Laboratoire,  à Vienne (38)
et
Samedi 6 Avril : DEMON VENDETTA (Surf Rock instrumental) + CANNIBAL MOSQUITOS (Surf), au Mistral Palace, à Valence



mercredi 20 mars 2013

Chroniks:Victor Pavy+King Salami and the Cumberland Three+Pete Ross & The Sapphire



Victor Pavy
LP, CD, A Quick One Rds
La pochette donne le ton, (et impressionne immédiatement comme tout ce disque) : bien réfléchit et exécuté, avec un talent évident.
1er album pour se song writer frenchy (and chic) d’une qualité remarquable. Un Rock / Pop / Folk qui fleure bon le ‘clacissisme’, celui des grands : un petit côté Johan Asherton, et une touche des Dogs (des chansons calme). On peut aussi penser à Ray Davis en solo (mais seulement quand il était encore bon).
Simple, évident, classieux. Parfaitement équilibré, arrangé, interprété, sonorisé (une production signée George Shilling qui à bossé avec Teenage Fan Club, Blur…). Pas d’esbroufe, juste du talent. Victor Pavy reconnait avoir été impressionné par Luke Haines de The Auteurs… ça situe ses gouts. Une chose est sûre à l’écoute de cet album : il n’a pas de complexe d’infériorité à faire tant son talent pour écrire de bonnes chansons est évident à l’écoute de ce disque.
[BT]

King Salami and the Cumberland Three
Cookin’Up A Party
LP, CD, Dirty Water Rds
Poussez les murs et montez le volume, ce disque fait DANSER ! Le quintet anglais nous ramène vers la fin des 50’s / début 60’s quand il semblait que le but de chaque groupe était de créer une nouvelle danse.
Collision entre Rock’n’Roll et Rhythm & Beat la musique de King Salami & the Cumberland 3 n’a d’autre but que de faire bouger vos anches, agiter vos genoux, secouer votre tête et faire naitre un grand sourire sur vos lèvres !
Du Bonheur ! De la joie, de la sueur, (un peu de déconnade) et une grosse pulsion sexuée... Quelque part entre les Wailers (ceux du north western sound of course) les Ventures et plein de héros oubliés qui font le bonheur des compil Desperate R’n’R et autres Buttshakers...
Un 2ème album qui confirme la joie de la découverte du 1er  tout en étant encore un poil meilleur.
[BT]
Ils seront en concert au Freak Show Festival à Gigors dans la Drôme (26) le samedi 31 Aout
et aussi au Cosmic Trip Festival http://www.cosmictripfestival.fr/

Pete Ross & The Sapphire
Rollin on down the lane
LP, CD, Beast Rds
Le cowboy baladin australo-italien s’est accoquiné avec une bassiste néo zélandaise pour accoucher de ce 3ème album. Le tout produit par le frenchy (but chic !) Dimi Dero. La chanson d’ouverture sent son Nick Cave mélancolique ; on trouve sur cet album une reprise de Townes Van Zandt et une de Tom Waits ce qui situe l’univers musicale. Et aussi son niveau, car s’attaquer à de tels sommets n’est pas à la porté du premier rocker venu. D’autant plus que leurs compositions sont tout simplement au même niveau que celles de ces maîtres. Ce qui donne un album constant dans sa densité, sa qualité, son intensité émotionnelle ! Je suis capable d’écouter la chanson ’Corinne’ 10 fois par jour pendant des semaines tant c’est une gigantesque réussite !!! Et pourtant elle n’écrase pas les autres c’est vous dire la densité de cet album. Le travail de composition est remarquable, mais, le travail sur le son, la tessiture, l’est tout autant ! La richesse (dans la simplicité) des arrangements est tout simplement jubilatoire & sexy. J’ai été pas mal déstabilisé par sa première écoute (car il est assez différent des deux albums ’solo’ de Pete Ross, même si il y a indéniablement une continuité), mais dès la troisième je me suis fait engloutir par cet océan de beauté et d’émotions. Avec un album comme cela on est sûr de passer 2013 au chaud, et de se régaler encore et encore de son écoute. Et en plus on aura la chance de pouvoir les découvrir sur scène :
Samedi 23 Mars : PETE ROSS & SAPPHIRE (Indie Folk, Nouvelle Zélande / Australie)  + The MYTHOMANS (Psych Garage), au Mistral Palace, à Valence

Dimanche 24 Mars : PETE ROSS & SAPPHIRE (Indie Folk, Nouvelle Zélande / Australie), au Brin de Zinc, à Chambéry / Barberaz

mercredi 13 mars 2013

kro:Strange Hands live+Kurt Baker+Mathis Haug+Thee Mighty Fevers



STRANGE HANDS, Jeudi 7 Mars, à l’écurie, à Genève
Découvert chez le disquaire (Dangerhouse, Lyon) le FORMIDABLE premier album du trio bordelais, quelque part entre Les Fleur de Lys et Spacemen 3 (pour décrire à la pelleteuse, alors que le disque est lui bien subtil), revient très très souvent sur ma platine où pourtant la concurrence est rude !
Donc j’étais très impatient de les voir sur scène. Et c’est l’asso Rock This Town Extrafine qui a eut la riche idée de les programmer. Donc, direction, l’écurie, à Genève pour plus d’1h20 de ravissement et d’énergie revigorante.
Première constatation : si la maîtrise impressionnante de leur album laissait supposer un groupe de vieux briscards, les Strange Hands sont jeunes, très jeunes (mais le talent n’attends pas le nombre des années), et surtout très efficace !
Deuxième constatation : sur scène ça joue fort et acéré.
Si les influences 60’s Garage Psyché sont bien là (on ne joue pas impunément sur une Vox 12 cordes) il y a aussi présente une ambiance Sunglasses after Dark (pas la chanson, le mood) qui fait penser à un croisement Velvet / Swell Maps voir early Pastels… Les pédales d’effets s’en donnent à cœur joie mais sans jamais écœurer. Et c’est la bonne baffe !
Le concert se découpe en 2 : une première partie à 2 guitares. Puis une deuxième : guitare / orgue (on dirait un Vox Continental, mais j’y connais rien). Quoiqu’il en soit les deux formules sont jubilatoires !
Comme qui dirait une super soirée et un super concert !
P.S : Les Strange Hands viennent d’enregistrer 6 nouveaux titres, ça c’est une grande nouvelle. J’espère qu’on pourra se les procurer très vite ! The sooner the better.
P.S Bis : Je vous conseil aussi vivement de vous pencher sur le très beau travail graphique de leur chanteur guitariste qui s’occupe du visuel du groupe, mais pas seulement. Si vous avez ratez le papier dans le magazine New Noise allez voir ici : http://www.lucasdonaud.com/ Il est ouvert à toutes propositions.
P.S Ter : C’était aussi la soirée de vernissage du volume 4 des compils maison "Will we be scared" au sommaire, que du bon : The Parting Gift, Georgiana Stalington, Natural Child, Kurt Vile, Acid Baby Jesus, Jack Of Heart, Nikki Sudden & the Jacobites, Harlan T Bobo, Thee Oh Sees, Jack-O & The Tennessee Tearjerkers, Mark Sultan, Vernon Sélavy, Bare Wires, Heavy Trash, Jay Reatard, The Inteligence, The Olivia Tremor Control, Two Bit Desperados, Night Beats, The Fresh and Onlys, Regal. Ça le fait, non ?
[BT]

Kurt Baker
Brand New Beat
CD, Dirty Witch Rds, LP Jolly Ronnie Records
J’ai été pas mal désarçonné par ce disque, étant resté bloqué sur celui d’avant et sur l’énergie tellurique de ses différents concerts. Avec ce 2ème album Kurt Baker met en avant son côté le plus Pop au long d’un disque apaisé qui sent bon l’histoire d’amour qui marche… Avec son ‘orchestration’ faussement dépouillée on pourrait se croire revenu à la Power Pop mi 80 (sans les tics de la prod’ de l’époque, bien qu’avec quelques petites touches de Moog de bon aloi). La face A est assez ‘lover’, la face B plus ‘power’, avec des hits survitaminés comme il en produisait jusque là. Ça équilibre l’album qui est une jubilation de Pop grand teint !
[BT]

Mathis Haug
Distance
CD, Dixie Frog / Harmonia Mundi
2ème album solo pour ce français qui a une belle renommée dans la scène ‘Blues’. Porté par sa voix belle et profonde (façon jeune Tom Waits) ce disque qui oscille entre dépouillement et raffinements instrumentaux pour une musique qui croise Blues et Country (avec une touche d’Indie folk) et qui s’envole vers des sommets de beauté.
Musicalement ça peut faire penser à Tony Joe White qui serait entré dans le siècle nouveau, et, un peu à Dr John.
Parfois très nue, parfois très ‘orchestrée’ (on trouve parmi les instruments utilisés sur cet album du tuba, de la mandoline, de l’orgue, des saxophones, du banjo, du piano) les 12 chansons amènent cet album souvent entre mes oreilles alors que ça n’est pas vraiment ma came, mais ses qualités sont énormes. Varié, beau, intelligent, savoureux. Que du bonheur.
[BT]

Thee Mighty Fevers
Fuckin’ Great  R’n’R
LP, Deadbeat Records 
Les indices sont clairs : du nom au titre de l’album, du label à la pochette. Sans oublier la nationalité du groupe : les Mighty Fevers sont japonais ! Dans la lignée Teengenerate / Guitar Wolf : courts, touffus, brouillons (au bon sens du terme), furieux, sales et dépenaillés.
Sale certes, mais pas inaudibles. Ces courts morceaux recèlent plein de petits éléments qui les rendent distinctifs ! Ce qui rend le plaisir de cette tornade jubilatoire, et, surtout, ce qui explique pourquoi on écoute cet album bien plus qu’une fois !!!
[BT]

mardi 5 mars 2013

Chronik:Los Bonsáis+Feeling Of Love/Owen Temple Quartet live


Los Bonsáis
Martin pescador
10’’, Elefant Rds
Pas étonnant que ce mini album de 8 chansons sorte sur ce label madrilène (qui héberge aussi The Primitives, BMX Bandits… soit une certaine vision  de la Pop Music), car le duo mixte de Murcie paye allégrement et avec talent son écots à une ‘certaine’ période de l’Indie Pop, disons : 1986 à vue de nez. Un disque qui rappel ceux que sortaient le label Lazy Records à cette époque particulière ; eux aussi aimaient les mini albums, j’écoute toujours ceux qu’ils ont fait des : My Bloody Valentine, et The Primitives (tient tient).
Los Bonsáis composent à base de petites guitares Noisy et naïves des mélodies bricolées où les voix féminines et masculines se mélangent. On n’est parfois pas loin de l’esthétique Sarah Rds ou de la scène de Glasgow de ces années là.
Outre que toutes les chansons sont FOR-MI-DABLES, le 2ème exploit de ce mini album c’est qu’en plus il ne sonne même pas daté !
[BT]
Le duo s’occupe du fanzine ‘old school’ (c’est à dire photocopier) Temporal http://www.facebook.com/temporalpopzine?fref=ts


Vendredi 1er Mars : The FEELING OF LOVE + OWEN TEMPLE QUARTET à La Bobine, à Grenoble

Je dois dire que leur formidable album « Dissolve me » sortit chez Born Bad Rds est un disque qui revient inlassablement sur ma platine, alors quand une amie m’a annoncée qu’un nouvel album de The Feeling Of Love était en route j’étais bien joyeux. Quand en plus il s’est avéré qu’ils allaient jouer à côté de chez moi je ne contenais plus ma joie !!!

En ouverture les Owen Temple Quartet, pour une sorte de pré vernissage de leur 2ème album à sortir sur le formidable Casbah Rds… Enfin je vois ce quartet sur scène ! Leur Rock sombre et intense évoque Nick Cave et les Movie Star Junkies, avec plein d’idées dans chaque chanson, ce qui fait que c’est un des rares groupes dont je trouve certains titres trop courts. On en redemande ! Vivement le disque.

Les quatre (batterie, orgue, basse et / ou guitare, guitare et chant, et un peu de chœurs ici ou là) Feeling Of Love n’ont pas l’air de faire des choses très compliqués sur scène mais il y a une magie qui ressort de l’ensemble. Une musique unique qui n’appartient qu’à eux. Un dosage particulier qui fait dire : ça c’est Feeling Of Love.
Les mélodies du Garage sixties se mélange à une pointe de Kraut, pas mal de Psyché (mais sans le côté précieux / prétentieux / m’as-tu vu de le scène de Frisco) et d’un peu de ce qu’on a aimé au début des 90’s. Sur scène sans esbroufe la sauce prend, tient en haleine, fait bouger les corps et les âmes. Des chansons s’imposent comme d’évidents tubes. Et les Feeling Of Love comme un groupe MERVEILLEUX !!!!
[BT]

Samedi 20 Avril : Les 10 ans de Rock à la Casbah, avec : OWEN TEMPLE QUARTET (Rock Garage, vernissage de leur 2ème album) + The COWBONES (Garage Noisy) + DJs, au Mistral Palace, à Valence

mardi 26 février 2013

Chroniques : FRAMIX + SOL HESS & the Sympatik's


Framix
Stuck In a cruel world
Underdog Rds
3ème album pour se projet drivé en solo depuis la fin des 90’s (apparemment officiant jusque là dans un croisement ambiant / reggae). Gros virage musical, là on plonge en plein syncrétisme rétro. Amalgame fort réussit de Rocksteady, musique hawaiienne, R’n’R fifties, et de soul, dans une ambiance vintage parfaitement recrée. Sorte de B.O d’un film imaginaire dans l’esprit d’American Graffiti, soit l’innocence perdue des fifties revue par la fin des 70’s, revisité par les années 2010… Pas d’une grande originalité mais assez symptomatique de notre époque. Et d’une parfaite efficacité : formidablement écrit, interprété, arrangé, mixé ! Plaisant à écouter en dépit de son côté hétéroclite. Une sorte de coq à l’âne permanent une chanson empruntant à un héritage, puis la suivante à un autre, etc. Mais sans que ça sente le revivaliste appliqué. Un disque qui glisse tout seul dans vos oreilles !!!
[BT]

Sol Hess and the Sympatik’s
Hanadasan
LP, CD,
Comme préambule je tiens à déclarer que j’aime énormément ce 1er album. Je précise ceci car je vais utiliser quelques qualificatifs pour le décrire que, d’aucun, peuvent croire être synonymes de défauts.
Cet album est un mélange d’influences et de styles qui aboutit à une musique très évidente, qui s’identifie uniquement comme celle de Sol Hess and the Sympatik’s !
Additionnant des éléments Indie Pop actuels à des réminiscences 80 (New / Cold Wave), avec une touche 90’s, un peu de Post Rock, d’Anti Folk, voir même de Touching Pop. Un petit côté Devendra Banhart mais pas chiant. Une sorte de pendant masculin à Kate Bush revisité par Mogway (sans le côté soporifique).
Un album luxuriant, un peu précieux, voir même pompier (et ça, pour moi, ça peut être un compliment), avec des titres différents les uns des autres. Mais quand même très homogène. Il y a deux tubes immédiats qui ouvrent l’album, puis des chansons plus mélancoliques mais belles. Une révélation !
[BT]


mercredi 13 février 2013

Chronik:PETE ROSS & SAPPHIRE+ERIK TRUFFAZ+Chuck Klosterman


Pete Ross & The Sapphire
Rollin on down the lane
LP, CD, Beast Rds
Le Cowboy baladin australo-italien s'est accoquiné avec une bassiste néo zélandaise pour accoucher de ce 3ème album. Le tout produit par le frenchy (but chic!) Dimi Dero. La chanson d'ouverture sent son Nick Cave mélancolique ; on trouve sur cet album une reprise de Townes Van Zandt et une de Tom Waits ce qui situe l'univers musicale. Et aussi son niveau, car s'attaquer à de tels sommets n'est pas à la porté du premier rocker venu. D'autant plus que leurs compositions sont tout simplement au même niveau que celles de ces maîtres. Ce qui donne un album constant dans sa densité, sa qualité, son intensité émotionnelle ! Je suis capable d'écouter la chanson 'Corinne' 10 fois par jour pendant des semaines tant c'est une gigantesque réussite !!! Et pourtant elle n'écrase pas les autres c'est vous dire le niveau de cet album.
Le travail de composition est remarquable, mais, le travail sur le son, la tessiture, l’est tout autant ! La richesse (dans la simplicité) des arrangements est tout simplement jubilatoire & sexy.
J'ai été pas mal déstabilisé par sa première écoute (car il est assez différent des deux albums 'solo' de Pete Ross, même si il y a indéniablement une continuité, finalement), mais dès la troisième je me suis fait engloutir par cet océan de beauté et d'émotions. Avec un album comme cela on est sûr de passer 2013 au chaud, et de se régaler encore et encore de son écoute.
[BT]
Samedi 23 Mars : PETE ROSS & SAPPHIRE (Indie Folk, Nouvelle Zélande / Australie), au Mistral Palace, à Valence


Dimanche 24 Mars : PETE ROSS & SAPPHIRE (Indie Folk, Nouvelle Zélande / Australie), au Brin de Zinc, à Chambéry / Barberaz

Fargo Rock City- Confession d'un fan de Heavy Metal en zone rurale
(Rivages Rouge, 280 pages, 20 euros)
Sur son titre (qui pourrait être celui de mon autobiographie) et quelques bonnes critiques j'ai emprunté ce livre à la médiathèque.
Et la première partie m'a bien agacée. Non pas parce que l'auteur ne parle pas vraiment de Heavy Metal mais bien de Hair Metal (son pendant américain à succès des années 80), car si j'ai été un vrai Heavy Metal kid dans la première moitié des années 80 (Maiden et Scorpions étaient mes groupes préférés, le Scorpions d'avant les balades) je n'avais aucune crédibilité chez les vrais (de vrais) fans de Metal parce que j'avais (et j'ai toujours) un gros faible pour Poison, Cinderella, Quiet Rio, Quireboys, Bon Jovi, David Lee Roth... Ce qui m'a agacé ça n'est pas non plus le fait que la traduction a été bâclée et confiée à quelqu'un qui n'y connait rien (non CC Devil n'est pas le chanteur de Poison, d'ailleurs le nom du chanteur de ce groupe est donné dans le paragraphe suivant ; non l'équipe de basquet de Philadelphie ne s'appelle pas les 76 Premiers ; et non on ne peut pas traduire Monster Truck par Camion Monstrueux... et là je vous la fait court). Ce sont des erreurs et contre sens inexcusables (mais bon les éditeurs semblent voir tous fait l'impasse sur le secrétariat de rédaction) dans un livre de sous-culture studies ! Je ne sais pas si la littérature sur le Rock se vend bien, mais au vu du nombre des sorties c'est devenu un vrai marché ! Et donc on pourrait espérer que sur se segment les éditeurs fassent appel à des traducteurs qui s'y connaissent aussi en Rock (au cas ou, j'en connais).
Ce qui m'a déplu dans la 1ère partie de ce livre c'est que son but est VAIN : essayer d'expliquer que le Glam Metal des années 80 est un mouvement culturel important (c'est à dire pour l'auteur de justifier de l'intérêt de sa vie, de son adolescence et de son âge adulte puisque s’est maintenant son métier d'écrire dessus). Si je comprends bien cette tentative / tentation (et le Heavy Metal Kid que j'étais dans les 80's serait vraiment totalement d'accord avec ce livre) je me dis juste : quelle perte de temps !!! Outre que c'est lourdingue et chiant (pas étonnant de la part d'un gars qui faisait partit de l'équipe de débats et discours de son lycée), on se retrouve juste avec un empilement d'arguments peu convainquant pour défendre le Hair Metal. Parce que si vous n'aimez pas ça il n'y a rien qui puisse être porté au crédit de se style. ET C'EST TRES BIEN COMME ça !!!! Du moins c'est ce que je pense. Parce que franchement rien ne justifie Warrant, rien, jamais. Récemment j'ai racheté le premier album de Faster Pussycat, et ça non plus rien ne peut le justifier.
Le Hair Metal c'était vraiment une musique de gros crétins. Mais quel pied on a prit avec ! Est-ce que gloser sur sa pertinence culturelle rend cette musique plus intelligente ? I don't think so.
Ce livre ne devient intéressant qu'à partir du moment où l'auteur se met à faire une liste de ses albums préférés, à parler de sa vie et de l'implication de la musique dedans. Et surtout quand il replace tout ça (en quelques brèves phrases) dans le contexte des années fric. A ce moment là Mötley Crüe sortaient l'album 'Girls girls girls' alors qu'en fait ce qu'ils voulaient c'était 'Du  blé, du blé du blé' (en se disant qu'avec ils se paieraient 'Du cul, du cul, du cul'). Le Hair Metal à initié le temps du bling bling, avant d'être dégagé de ce marché par les mastodontes du Rap U$.
On à droit à quelques phrases bien senties, une certaine petite philosophie de la vie : "l'alcool est le plus grand des niveleurs. Les alcoolos riches ou pauvres, tombent tous ivres morts de la même façon" (p 108 / 109). Voilà ce n’est pas un grand livre sur le Rock, ni même sur une expérience de fan... mais la 2ème partie est assez attachante (enfin pour moi en tant que Heavy Metal Kid) pour avoir été impatient de rentrer en poursuivre la lecture, et attristé au moment de la finir. Et puis il y a un truc sur lequel le gars à bien raison : on s’est bien marré avant l’arrivée du Grunge !
[BT]

Erik Truffaz Quartet
El tiempo de la revolución
CD, Blue Note
Eric Truffaz est une des rares ‘stars’ de la scène Jazz actuelle. Il essaye dans son travail de maintenir le jazz dans le registre des musiques vivantes, pour qu’il ne soit pas une ‘musique de répertoire’ dédiée aux virtuoses stériles qui sortent des écoles de musique… J’aime un certain nombre de ces albums (parce que je n’ai pas suivis toute sa carrière et collaborations). Sur cet album le 1er morceau déstabilise avec son côté Tindersticks. Finalement rien de très surprenant, même dans la bio qui accompagne cet album du quartet, celui-ci est présenté comme un groupe de Pop instrumentale. Mais sortit sur le uber référent la bel Blue Note. Batterie, contrebasse, orgue et trompette (post Miles Davis) + du chant sur 3 titres, pour une musique aux confins du Funk 70’s, du tropicalisme, de la Pop orchestrale des 60’s, du Cool, du groove 90’s, de la musique de film… Ce 10ème album ne déroge pas à la ‘tradition’ du quartet qui amène une certaine idée du Jazz dans la musique de notre temps. Un temps qui est à la nostalgie. Un album riche, classieux, smooth qui se déguste langoureusement emmitouflé dans un gros pull mœlleux en attendant le retour de sa chérie. Un album complexe qui vous fait naviguer dans un panel d’émotions qui vont de l’exaltation à la mélancolie, avec un bonheur et un ravissement qui place ce disque dans la catégorie assez peu usité des albums qui ne sont pas assez long !
[BT]

mercredi 6 février 2013

Kronik:MAMA ROSIN+GOD DAMN+IRèNE+ABUS DANGEREUX 125


Mama Rosin
Bye bye bayou
LP, CD, Moi J'Connais Rds
Enregistré à New York par Matt Verta-Ray, produit et mixé par Jon Spencer ce 4ème véritable album du trio genevo-grenoblois tourne un peu le dos à son univers originel (comme le signifient la pochette et le titre). Un peu seulement car on reconnaît toujours les influences cajun & zydeco, mais elles sont là amalgamées à une sorte d'Indie Garage Rock bricolo du meilleur aloi, et qui contrairement à d'autres ne lorgne pas vers la hype.
Les morceaux semblent être le résultat de collisions entre ces différents univers ce qui aboutit à une musique encore plus personnelle. Qui tire vraiment vers la chanson. Le son et la production sont une réussite très marquants. Le son est vaste, ample, respirant, attirant. La production est claire mais très riche avec un travail considérable sur les tessitures des (nombreux, comme toujours chez les Mama Rosin) instruments qui nourrissent ces chansons. Je suis très fans des nombreux (LP, 10'', 7'') précédents, je me demandais ce que la rencontre avec Spencer & Verta-Ray allait donner, j'ai la réponse : UN GRAND DISQUE !
[BT]
Jeudi 14 Février : MAMA ROSIN (Cajun génial), à La Bobine, à Grenoble
émission spéciale d’une heure d’entretient avec Mama rosin à écouter ici : http://www.campusgrenoble.org/podcasts/?p=episode&name=2013-01-28_emissionmamarosin.mp3

God Damn
Back to grindstone
UFO Rds
Petite évolution chez ce quintet qui sort là son 2ème album. Le 1er était une solide réussite dans le genre, et celui-ci ne déçoit pas ! Bien mieux que ça même.
Musicalement ces God Damn sont quelque par entre Stoner Metal/Doom école Orange Goblin, et, Heavy Thrash Metal rappelant un poil Corrosion Of Conformity période "Blind". Avec une touche early Metallica notamment parce que le chant rappel le jeune James Hertfield. Mais les God Damn ne sonnent jamais passéiste ou fasciné par le milieu des 80's ! En intégrant quelques éléments qui viennent du HC et, d'autres du Heavy 70's, le groupe conçoit une musique typiquement actuelle et diablement BONNE. Ce qui dans un style qui ne supporte pas la médiocrité et la demie mesure, est déjà UNE BELLE REUSSITE !
[BT]

IRèNE
Nek
CD, Coax Rds / Carton Rds
Jusque là Carton Rds a fait preuve de beaucoup de discernement dans ses sorties, donc c’est un label sur lequel je garde un œil. D’ailleurs le 1er EP de IRèNE qu’ils avaient édité en 2011 était une grosse réussite. Mais rien en comparaison de ce 1er album. Le groupe sort le jazz de son carcan passéiste pour enfin en faire une musique du 21ème siècle. Martyrisant le genre à coup de Rock, de bruitisme, de ruptures, de Noise, de bruits, pour créer une musique hyper intense, contemporaine, qui ne doit rien à personne, où à pas grand monde. On peut se dire que cet album aurait peut être chez Tzadik, mais il n’a (heureusement) pas le côté cérébralo-chiant souvent inhérent aux artistes de ce label. IRèNE garde une puissance héritée de sa culture Rock bruyante mais sans une seconde penser jazz rock. Ni free jazz. Pas beaucoup de gens sont capable de créer un style bien unique, IRèNE a pût le faire !
[BT]

Abus Dangereux
Face 125
44 pages A4 imprimées + le CD sampler
C'est plus facile pour moi de parler de ce numéro, parce qu'à par une poignée de chroniques je n'ai rien fais dessus. Normalement je suis relativement insensible à la photographie, mais quand les rédacteurs en chef ont dévoilés la couverture de ce n°125 je me suis dis : très beau. Et ceci bien que cette photo soit déjà connue par ailleurs, mais présentée et traitée différemment le résultat est formidable. Bon je suis aussi normalement insensible à Wovenhand (déjà 16 Horsepower m'ennuyait au delà de ce que je pourrais dire), mais le titre présent sur le CD sampler qui accompagne (comme à chaque fois) ce numéro m'a donné envie de me précipiter sur le nouvel album du gars (d'autant qu'il semble enfin avoir arrêté son côté prêchi prêcha qui me cassait bien les couilles). Un autre titre du sampler m'a donné envie d'écouter le 2ème album de Teenage Renegade alors que je garde un souvenir mitigé du premier !
Au sommaire de 125ème numéro : FU MANCHU (great), Monochrome Set (toujours formidable), The Oubliette (Matt Verta-Ray & madame, le 10'' qu'ils ont enfin édité est une des grandes saveurs de la fin 2012), le Brian Jonestown Massacre (enfin Anton Newcombe fidèle à lui même), Troy Von Balthazar, Soulsavers, les extraordinaires KITCHENMEN, une longue interview avec le boss de Kicking Rds (D.O.A, Hellbats, Cooper, Teenage Renegade...) et de http://kickingradio.com, les chouchous de la presse Electric Electric, un papier sur les problèmes de 'voisinage' du Subsonic à Montpellier (il y a une pétition à signer ici : http://www.petitionpublique.fr/?pi=LOLAPROD).
Des découvertes : Flip Grater, Hyphen Hyphen, Troublejuice (2 groupes qui m’ont bien intéressés, et dont je vais écouter les disques respectifs, alors que sans ça je serai passé à côté), Russian Red, Rotomagus, The Swamp (interview et titre sur le sampler bien motivant pour trouver leur album : d’autant que des frenchies qui enregistre à New York forcément ça intrigue).
Sans oublier des contrendus de concerts, festivals, des news, des chroniques de livres, DVD, et bien sûr de disques.
J'ai indiqués en gras les groupes qui sont aussi sur le CD sampler.
Voilà : un numéro qui est beau et intéressant. Comme toujours! Et ça fait du bien d'ouvrir sa boite aux lettres, de sortir Abus Dangereux de son enveloppe et de se dire déjà avant de commencer à le compulser que forcément on va faire des découvertes au fil de ces pages...
Chaque numéro ne vaut que 5 euros, mon conseil étant quand même de vous abonner !
[BT]