mardi 29 novembre 2011

Chroniques:OK + Irène + The OUTSIDERS + DECEMBER PEALS

OK
1er  Ep
CD, Carton Records
Premier Ep ce qui est peut-être la distance idéale pour ce genre de formule, quelque part entre le minimalisme dû à la formation (2 batterie une guitare et des voix) et le côté un peu Indie bricolo. Pour commencer 5 titres ça le fait. Tout de suite je suis tombé sous le charme de la voix dès la chanson inaugurale qui est une sorte de folk, ni anti, ni tradi. Pop + Indie Rock qui doit plus aux 90’s (façon Chokebore /Girls againt Boys) qu’à se qui se pratique aujourd’hui, sans pour autant en ignorer les enseignements. Les gars ont un lourd cv et donc savent y faire, mais c’est très frais. Avec des structures justes tarabiscotées comme il faut. Le chant fait beaucoup pour la qualité de l’ensemble. Apportant à la mélodie de la chanson. Ou pas. Avec 2 batteries et une guitare la structuration rythmique est importante dans la musique de OK, mais jamais envahissante, et, grâce à des arrangements simples les chansons sont fascinantes.
[BT]
Dimanche 4 Décembre : BAXTER DURY (Pop Rock, Uk) + OK (Pop Indie), au Ciel à Grenoble, à 17H30
places à gagner : concours@campusgrenoble.org

IRENE
EP#1
CD, Carton Records
Du Jazz pour les fans d’Indie Rock, sans trop se rapprocher du jazz rock honni (heureusement). Une palette importante de sonorités jazzisantes / jazzifiantes est présentée sur les éclectiques 4 titres de ce mini album. Plutôt planant (quasi Math Jazz) sur 2 d’entre eux ; plutôt arrachés / déstructurés sur les 2 autres, dans une relecture Post Noise de l’héritage Free… si vous voyez ce que je veux dire ? Mais toujours plus proche du Jazz. Un mini album comme un amuse bouche qui ouvre bien l’appétit et fait se demander si le futur plat principal régalera aussi bien mes papilles ? Je ne sais pas encore, mais il me tarde de le goûter !
[BT]

DECEMBER PEALS
People have demons
CCD, Chorus of One / Cargo
Voix un rien trop au dessus des instruments, chanteur qui articule tou-tes-les-sy-lla-bes de ses paroles, musique un peu inconsistante… Le 1er titre débute par un riff AC/DCien modernisé, ensuite on navigue dans une sorte de Rock Heavy mâtiné de Hc Mélodique tendance FM. Ça peut faire penser à du Therapy en petite forme, avec aussi quelques inclinaisons vers Muse. Le tout avec une prod’ bien clean. Je ne connais pas leur 3 précédents albums, mais là c’est trop propre pour se la jouer Rock. Un disque moyen par un groupe milieu de gamme, avec cependant des titres accrocheurs qui pourraient rencontrer un certain type de succès, même si à mon avis ils sont trop le cul entre deux chaises pour vraiment y arriver… de l’importance de choisir son camp.
[BT]

The OUTSIDERS
CQ
CD, RPM International
2LP, Pseudonym Rds
C’est toujours bon signe quand on change d’avis à chaque écoute concernant le meilleur titre d’un album… C’est le cas concernant ce qui fut le dernier de ces hollandais, en 1968.
Un grand disque malade, foutraque, ambitieux, plein, maniériste, à la limite du Free Rock. Imaginez Captain Beefheart sans le côté chiant et bouffi (pas comme Captain Beefheart donc).
Psychédélique bien sûr, comme l’ont été les chefs d’œuvres précurseurs de cette année là. Tirant plus vers ‘SF Sorrow’ ou le Velvet que vers les Beatles. Bien que parfois les mélodies soient de la pure Pop ligne très claire.
Une œuvre vaste, se voulant gigantesque et rivalisant avec ses consœurs anglo-saxonne. Ayant en prime la fraîcheur d’un disque qui n’a pas encore été trop écouté & rabâché.
Mike Stax (qui signe les notes de cette réédition) considère cet album comme un chef d’œuvre. Je ne peux que partager cette sentence. Les 13 titres originaux sont agrémentés sur le CD de 6 live formidablement enregistrés. Le double LP regroupe les versions stéréo, mono, démos et des inédits.
[BT]

jeudi 24 novembre 2011

chroniques : ICHLIEBELOVE + KITCHMEN + FLYING POOH

ICHLIEBELOVE
Life-enhancing solutions
CD, We Are Unique Rds / La Baleine
Ça n’est pas souvent qu’un album me captive dès la 1ère écoute. Mais là j’ai été submergé par le foisonnement de l’instrumentation, la respiration organique du son, la vérité de la voix et l’excellence des chansons. Premier album pour ce projet solo d’un activiste sévissant depuis longtemps. Mais ce qui peut faire craindre (de la part d’un français) à une œuvre très scolaire va très au delà des ses (ces ?) références. On cite beaucoup Primal Scream, Spiritualized et Boo Radleys à propos de ce disque, mais je vous confirme qu’on peut être gravement sous le charme de cette musique sans aimer aucun de ces groupes ! Loin de sonner passéiste, sans tomber dans le revivalisme shoegaze actuel (même si la musique de Ichliebelove en emprunte la complexité des sonorités) cet album est de son temps. A mort !
Imaginez les Tindersticks avec leur luxuriance actuelle qui auraient virés Psyché / Noise… Ichliebelove c’est un malstrom sonore organisé, avec notamment une utilisation totalement surprenante de cuivres (un peu à la ILikeTrains) qui produit une musique unique et peut même aller jusqu’à des Pop songs ensoleillées, mais (reste à la place de est?) est le plus souvent dans la profondeur de votre âme.
[BT]

KITCHMEN
What’s cooking
CD, LP, Arsenic et Champagne / La Baleine
CV chargé pour les membres de ce nouveau quatuor (Fredovitch entre autre du King Khan & the Shrines, Frandol ex Roadrunners, le batteur des Repeaters et le bassiste de Herr Broken) pour un succulent 1er album réussit de bout en bout : du nom du groupe à la pochette très colorée, comme la musique : Garage Rock avec orgue onctueux + des éléments d’une Power Pop onctueuse et classieuse, avec aussi des fragrances sonores proches du Freakbeat mélangées avec l’élasticité du Rhythm & Blues. Parfaitement construit cet album avec l’instru au milieu (et la seule reprise, signée Morricone) permet de relancer la machine sur une nouvelle vague de chansons ultra accrocheuses. Mélodies inattaquables, voix formidables et chœurs généreux, arrangements efficaces par leur simplicité… Pas un point faible. Pas un temps faible. Ça m’a rappelé les early Little Searchers vitaminés. Un album dont on sera encore fier dans 10 ans en pendant au début de la décennie comme une bonne période pour le Rock.
[BT]

FLYING POOH
Never slow down
CD, Pamela Pooh Rds / MVS Distribution
Voilà un groupe qui n’appartient à aucune scène ou sous genre, et avec ce 4ème album Flying Pooh poursuit son chemin singulier ! Enregistré chez eux par leur équipe on a l’impression que le groupe se tient délibérément loin d’un quelconque buzz, afin de pouvoir faire SON truc. Pourtant sur la qualité de cet album ils seraient légitimes pour faire un gros buzz. Flying Pooh, c’est du Rock un peu Indie, un peu Pop. C’est la capacité d’écrire de vraies bonnes chansons entre tradition et modernité de celles qui font immédiatement bouger vos genoux (et qui le font encore, passés 6 mois – et ça c’est devenu très rare) ou siffler sous la douche. Le tout avec, donc, la capacité à les faire sortir des sentiers battus, notamment parce que ces titres ont une grosse capacité ‘cinématographique’. Un album avec une tendance horrorifico-chic (donc rien à voir avec du Metal), cohérent et jubilatoire. Un disque dont l’ambition et les arrangements ne font pas perdre la dynamique, et dont je me répète depuis un paquet de mois sans lassitude.
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lundi 14 novembre 2011

Chroniques:Sinner Sinners+Picore+Guttercats

SINNER SINNERS
Cardinal sins
CD, UFO Rds / MVS Distribution
Le couple franco-hollandaise  partiellement exilé à L.A. (le Rock aussi est maintenant mondialisé) sort son 1er album avec l’aide de membres des Morlocks et des Elderberries.
De prime abord j’ai trouvé ça très plat, jusqu’à ce que je me rappelle comment ça s’écoute le Rock : FORT ! Et là, ça tarte !
Dans un registre Heavy Garage pas loin des Lords Of Altamont (dont ils partagent aussi l’intérêt pour le tatouage) Sinner Sinners creuse son sillon. Utilisant l’orgue comme une deuxième guitare et grâce au complément primordial que la voix féminine apporte au chant masculin leur musique révèle vite un charme très « addictif ». L’album est juste rempli de putain de bonnes chansons de Rock et c’est tellement bien comme ça !
[BT]
Mercredi 16 Novembre : SINNER SINNERS (Garage Rock) + The EASY-ACES (High Energy R’n’R), à l’Ampérage, à Grenoble
places à gagner, envoyez un mail à : concours@campusgrenoble.org

PICORE
 
Assyrian vertigo
2CD, ou 2LP, Jarring Effects / L’Autre Distribution
Musique sombre, profonde et intense ; Picore évolue sur ce nouvel album dans un registre Noisy planante progressive / digressive où les vagues proches du Drone sont parfois rejointes par des percus quasi tribales (avec l’arrivée dans le groupe d’un vrai batteur).
Une symphonie bruitiste où les mouvements s’affrontent, lymphatiques ou allegro, avec toutes les nuances de la gamme entre les deux.
Une œuvre ambitieuse qui n’a pas été insensible à certains compositeurs de musique contemporaine.
Concept-album autour de cette civilisation disparue et presque fantasmée l’album est donc une œuvre globale (dans sa version digipack il contient un 2ème CD de remix où l’on note la présence du génial Scorn, Dälek, Von Magnet, Hint, Aucan…).
Enfin un groupe qui fait une utilisation brillante et intelligente du français (sur certains titres seulement, la musique étant principalement instrumentale). Un voyage mental, sonore, sonique, parfois visuel qui fait aussi travailler vos émotions et votre imaginaire.
[BT]

Vendredi 18 Novembre : SCORN (LE dieu de la Drum & Bass ultra sombre) + PICORE (Noise ambiant), au Sonic, à Lyon

GUTTERCATS
Black Sorrow
CD, Wishing Well Rds / MVS Distribution
Ce qu’il y a de bien avec ce disque c’est qu’on ne peut pas donner qu’un nom pour en qualifier la musique. Glam Rock semi acoustique avec une bonne touche de french style façon Dogs, au service de superbes et ambitieuses chansons voilà ce qui est ici disponible. L’utilisation prépondérante de la guitare acoustique et la forte présence du piano donnent à ce 2ème album une beauté mélancolique et vénéneuse. Attention pourtant, beaucoup de guitares acoustiques ne signifie pas folk neurasthénique, nous sommes bien ici en présence d’un Rock éternel et hors du temps.
Le cœur de l’album bat très fort avec ses petits airs à la Quireboys / Sean Tyla où s’enchaînent des mini hits (mais de maxi chansons). Le chant est impeccable et le song writing exemplaire. Après un premier album avec les Milkmen, Guttercat revient et il fait plus que confirmer les bonnes dispositions entrevues à ce moment là. A l’heure où s’approchent les bilans de fin d’année on peut déjà se dire que 2011 aura été un grand cru pour le Rock.
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lundi 7 novembre 2011

KLEVELAND + HIPBONE SLIM & the KNEETREMBLERS

KLEVELAND
Harder
CD, SAOL/H’Art/Zebralution/Fnac
Dommage que la pochette soit si quelconque (d’autant que le livret est lui abondant et soigné) elle ne donne pas envie de poser cet album pour la 1ère fois dans le lecteur. Et en plus cette 1ère écoute semble assez peu intéressante. La 2ème révélant quelques bonnes chansons, les suivantes faisant découvrir un BON album de Rock musclé (remercier les Supersuckers dans le livret n’est pas un hasard). Depuis cet été que je me tartine régulièrement ce disque je dirai même que je suis accro à ce putain de bon album.
Kleveland est un trio avec guitariste chanteuse, c’est là son 2ème album et il ravira les fans des Donnas qui sont restés sur leur faim avec les dernières prod des filles. Car la Heavy Power Pop de Kleveland est magnifiquement taillée dans les mélodies et peut plaire aussi bien aux amateurs de Crucified Barbara qu’à ceux des Muffs (et ça n’est pas un mince compliment de ma part tant je considère ‘Blonder and Blonder’ comme un des 5 meilleurs albums des 90’s).
10 chansons qui tiennent beaucoup grâce à la voix de la chanteuse Stéphanie Smith se trimballe une de ces voix Rock de bon aloi à l’aise dans tous les registres et qui satisfera les oreilles les plus exigeantes en la matière.
Juste un putain de bon album de Rock. Ça peut paraître peu mais finalement c’est un ‘exploit’ qui n’est pas si souvent réalisé !
[BT]

HIPBONE SLIM & the KNEETREMBLERS
Square guitar
CD, Dirty Water Rds
Ce trio anglais au CV très impressionnant ne cache pas ici son amour pour Bo Diddley (le nom de l’album déjà…). Mais dans cet excellent et très fin album on trouve aussi des références à Jerry Lee Lewis (le piano bien sûr), Link Wray (la twang guitare), Dion (le chant) ou aux Wailers (le saxo), et l’ensemble tient parfaitement grâce à la forte personnalité du groupe qui est loin d’être un revivaliste de plus. Alors que la scène Rockabilly actuelle fait un peu bailler par son côté trop clean et aseptisé Hipbone Slim et sa bande propose là la juste épaisseur et la profondeur qu’il faut pour cet hommage aux early 50’s (voir late 40’s).
Moi qui habituellement suis réfractaire aux albums longs je me régale des 18 titres ici présents tant la matière est riche, diverse, excitante et toujours foutrement bien composée et arrangée. Le dernier tiers de cet album qui est un enchaînement de chansons incroyablement brillantes. Et le reste ne dépareille pas !
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lundi 31 octobre 2011

chroniques : concert BRAND NEW HATE / ADJUSTERS + DAVID LODGE

29.10.11- The ADJUSTERS! + Brand New Hate + The Laughing Chapel. Mistral Palace, Valence
Le Mistral Palace (une vraie salle dédiée au Rock, avec une équipe, une programmation et des conditions qui font envies à beaucoup de rockers du pays) affichait presque complet pour cette superbe affiche qui rend hommage à un style trop mésestimé en France : la POWER POP.
On attaque tout de suite dans le dur avec The Laughing Chapel, jeune quintet valentinois qui donnait là son premier concert, alors que la chanteuse les avait rejoints il y a 15 jours seulement. Et la claque fut d’autant plus forte qu’inattendue ! Très en place sur les 5 titres interprétés, quelque part entre les Dickies, Argy Bargy (pour le côté chant féminin/masculin assez viril pour être repris au stade) et avec des traces de Post Hard Core’n’Roll, mais sans les longueurs… Il faut qu’ils enregistrent quelque chose très vite se serait dommage de laisser retomber le soufflé.
Ensuite on attaque le gros de la soirée, après ce super hors d’œuvre, deux groupes réunis par Pop The Balloon Rds (http://www.poptheballoon-records.fr) qui a sortit un single FOR MI DABLE de chacun d’eux !
Brand New Hate : la classe des London Cowboys avec l’énergie des Backyard Babies (avant qu’ils deviennent un groupe de HR bas de gamme), la fascination pour les poupées de New York qui va bien. Et juste les chansons des Brand New Hate, et ça, c’est terrible ! Le pied ! Si seulement tous les groupes français tenaient aussi bien une scène on serait parfaitement lotit par ici. J’adore leur premier album, mais sur scène avec l’énergie qu’ils y amènent ça transcende. Ils parlent de retourner en studio début 2012, ça fera une année qui commence bien.
The Adjusters ont les couilles de monter chaque soir sur scène après le ‘C’mon feel the noize’ de Slade sans être ridicule. Le quintet à l’arrogance des anglais mais à se niveau là c’est de l’art. Avec l’insouciance de leurs 20 ans ils survitaminent leur Power Pop avec la Volonté des early Girlschool. Paient leur tribu aux Ramones, donnent une version brouillonne mais tellement fraîche de T Rex et ravissent le chaud public. Le freluquet derrière sa batterie finit par l’assommer définitivement à force de la cogner, le chanteur tient tout le monde dans le creux de sa main, et les guitaristes ferraillent comme si demain ne viendrait jamais.
Même les plus blasés ou ceux qui comme moi en attendaient beaucoup ont été bien secoués par cette puissante soirée !
[BT]

DAVID LODGE
L’auteur ! L’auteur !
(Rivages, 414 pages)

Bien qu’ayant été un étudiant en Histoire j’ai une certaine aversion pour les romans historiques tant il me semble que leurs auteurs nous font payer leurs longues heures de recherche par d’assommantes descriptions de la forme des couverts ou du motif du tissu des rideaux, le tout dans un style compassé (présent et futur – Desproges’ rules) emplit de vocabulaire désuet pour se donner un genre.
Parenthèse (dorée) dans l’œuvre de David Lodge ‘L’auteur ! L’auteur !’ est une biographie (à peine) romancée d’Henri James, couvrant la période de ses tentatives pour devenir un auteur de théâtre, puis son retour à la littérature. Démarrant par la mort de Henri James pour revenir 20 ans avant, on pourrait craindre une démonstration de mæstria littéraire. Il n’en est rien. Lodge se glisse dans les pantoufles de James, dans sa tête et dans son cœur, en restant aussi lourd qu’une bulle de champagne, mais avec profondeur. En parlant des affres de la création, des déceptions, des auteurs, de la vie comme elle est. De James dans son temps et de ses amis.  Lodge reste à la hauteur de son personnage et ne nous écrase pas de son savoir ou de son talent. Pas d’esbroufe.
Du bonheur.
Si tout ce que je lis pouvait être du même niveau…
Oui quel bonheur. Un livre qui donne envie de lire. D’autres romans de Lodge, et pour moi, de découvrir Henri James.
[BT]


mardi 25 octobre 2011

Kronik:The PACK A.D.+BABY WOODROSE+FIFTYNINERS

The PACK A.D.
Unpersons
CD, Cornflake Zoo / Platinium Rds
Putain 4ème album pour ce duo de canadienne, guitare batterie évoluant dans le genre Indie Garage Rock à la White Stripes / Black Keys, et je n’en ai jamais entendu parlé. Mais je suis sous le charme dès la première écoute de cette machine à tubes. Les titres courts et hyper catchy s’enchaînent s’en est effrayant. J’imagine aisément que certains pourraient cartonner sur les gros réseaux musicaux de la planète comme le ‘7 nation army’… dont l’ombre plane fortement ici. C’est ce vieux renard de Jim Diamond qui leur a fait le son pour ça ! Sans être putassier cet album est clairement radio compatible (si j’étais le boss de leur label je sais quel titre je sortirai en premier single… la question est : est-ce que ce label à la surface pour permettre à The Pack A.D. de passer le palier immense qui sépare un beau succès dans le milieu Rock et la rencontre du grand public).
Un gros sens mélodique et leur capacité à trouver des hook efficaces sort cet album des limites du genre guitare/batterie. La variété rythmique, des influences diverses, une deuxième face plus mélodieuse et l’utilisation de petits arrangements rendent tout ça excitant à écouter !
Un album qui met très en train le matin. Et tout au long de la journée !
[BT]
Mercredi 23 Novembre : The PACK A.D (Indie Garage, Vancouver) + The ROCKANDYS (Psyché) + Modern Folk (Folk), à l'ampérage, à Grenoble

Samedi 3 Décembre : The PACK A.D. (Indie Garage, Vancouver), à Kraspek Music, 20 Montée Saint Sébastien, à Lyon

BABY WOODROSE
Love comes down
LP / CD, Bad Afro Rds
Retour dans les eaux Garage Punk (pour cette réédition de l’album ‘perdu’ de 2006) après les superbes incartades psyché du dernier sortit. Une prod’ et des titres dynamiques. Un son touffu et généreux qui plaira aux fans de le première heure. Plus des passages un poil psyché dans certaines chansons pour ravir ceux de la 2ème époque du groupe (ou de Dragon Tears puisque ce sont les même). Pas mal de voix ‘aiguës’ pour soutenir le chant principal. Ainsi commence cet album puis viennent quelques chansons plus ‘envapées’, contournées, posées avec une orchestration assez planante. Puis Baby Woodrose fait la synthèse de ces/ses 2 tendances dans une direction prioritairement faite de titres courts, rythmés et percutants. 14 chansons terribles pour un album encore très réussit de Baby Woodrose. Qui jusque là n’avait jamais déçu malgré un niveau d’attentes à chaque fois plus élevé. Sûrement que les die hard fans se crêperont le chignon pour savoir ci celui-ci est meilleur ou pas que leur préféré. Car une fois de plus on atteint des sommets. Seules les années diront si cet album est leur meilleur, ou si juste il égale le meilleur.
[BT]

FIFTYNINERS
Psychorama
CD, Twelve Records
Premier véritable album pour ce trio italien, après une démo en 2005 et un 10’’ en 2007. Et quelle réussite ! Venant du Rockabilly les Fiftyniners (avec un nom aussi cliché, quoi d’autre ?) amène le style vers autre chose. Un côté ‘à la Tom Waits’ (période Black Rider), un peu d’Indie moderniste, mais rassurez-vous presque rien, enfin sûrement trop pour ne pas faire grincer des dents aux puristes, ce qui pour moi est toujours un très bon signe.
D’une grande richesse musicale (ils sont capable de mettre du banjo par-dessus une slide boogie dans le même morceau), avec un très gros travail au niveau des voix : chœurs, contre point… Instrumentaux, chanson en italien (un titre très ‘arrabiati’), on ne s’ennuie jamais, et cet album de 13 morceaux n’a AUCUN temps faible tant il est plein de superbes chansons.
[BT]


François KERSAUDY
Winston Churchill
Editions Tallandier
(564p + les annexes, 23 euros)
Au moment où les éditions Tallandier publient une nouvelle traduction des ‘Mémoires de guerre’ de tonton Winston, on ressort cette biographie. Hagiographie serait plus près de la réalité. L’auteur à quelques formules dont il est très fier, il s’en gargarise, et nous les ressert encore et encore. Je n’avais pas lu de bio depuis deux décennies (*), mais celle-ci ne donne pas envie de me pencher sur cette passion actuelle des librairies. Je ne voudrais pas tirer de conclusion hâtive à partir d’un seul exemple, mais comme ce livre à obtenu en 2001 le Grand Prix d’Histoire de la Société des Gens de Lettres il est manifestement représentatif de ‘ce qui se fait’.
Souvent léger, dans tous les sens du terme, Kersaudy ne rend pas justice à son sujet. Et manque de modestie. En effet un personnage aussi ‘bigger than life’ que Winston Churchill n’a pas besoin qu’un biographe lui passe de la pommade posthume. Comme tous ceux qui ont exercés une fonction de haut gouvernement il a fait des choix terribles qui ont eut des conséquences désastreuses pour ses contemporains. Churchill a exercés durant les deux conflits mondiaux donc ses mains sont rouges. Mais peut-on faire autrement pour gagner une guerre ? De là à passer sur son rôle dans un crime de guerre comme le bombardement de Dresde  en une simple phrase comme dans ce bouquin… Je ne crois pas que le personnage ait besoin de ça. L’homme est fait de parts d’ombres et les balayer sous le tapis c’est forcément raté son sujet !
Ça se lit vite (mais là c’est un défaut) et bien. Mais bon…
Ceci est une biographie grand public sans plus d’intérêt que cela.
[BT]

(*) À l’exception très notable de : « Ces extravagantes soeurs Mitford : Une famille dans la tourmente de l'Histoire » (eh oui encore mon anglophilie galopante), chez J’Ai Lu. Par Annick Le Floc'hmoan un écrivain qui ne se pense pas plus important que son sujet.



mardi 18 octobre 2011

Chroniques : The TYPES+MAYBESHEWILL+concert

The TYPES
Chicks & tricks
LP, Copase Disques / Cargo Germany
La Russie serait-elle le nouvel Eldorado en matière de Garage Punk ? En tout cas cet album indique qu’il faut garder les deux oreilles orientées vers l’Est.
Garage Punk Sixties avec farfisa, fuzz, relents Beat, et, parfois R&B. Donc des chansons qui sont dans le respect de la métrique plus que dans la sauvagerie (même si le duel guitare / orgue est souvent sanglant). On entend aussi parfois des sons hérités de la Surf. The Types comme le nom le laisse penser jouent avec les clichés du genre, mais comme la pochette le montre ils y apportent une touche perso qui rend cet album très excitant.
13 titres et pas une reprise ! Produit par Jorge Explosion & Mike Mariconda aux Circo Perotti Vintage Studios, soit LE ticket pour une prod’ précise et onctueuse qui ne sombre pas dans les excès, mettant en valeur l’instrumentation qui subtilement sert d’écrin à ces superbes compos. Pas une œuvre majeure, plutôt un disque qui rend neuneu les amateurs du genre. Et on se retrouve à poser sur la platine juste pour le plaisir de s’agiter avec joie en l’écoutant ! Un disque qui en outre contient son quotta de superbes petites chansons qui restent pour toujours quelque part en vous et ressurgiront avec bonheur à chaque réécoute. Pas de moment faibles, comme le prouve la chanson ‘Baby R’n’R’ qui commence de façon assez insignifiante mais qui est transformée par son refrain très accrocheur ! Bref un VRAI album pour les fans.
[BT]

MAYBESHEWILL
I was here for a moment the I was gone
CD, Function Rds
Pour ce troisième album le groupe s’est enfin décidé à aller en studio et à faire mastériser son disque par un ‘gros pro’: résultat une production ciselée qui met en valeur les ‘tubes’. Notamment ‘Red paper lanterns’ qui est un instant hit qui fera danser les pitshfork addict et les fans de The Chap.
Bien que Maybeshewill propose une musique qui est aussi autre chose qu’une machine à tube. D’abord il n’y à pas de chant. Et ces instrumentaux planants font pas mal penser à une version réactualisée du Mercury Rev post ‘Desert song’ avec cette belle surenchère un peu maniériste d’arrangements, que perso j’adore. Le tout plus rythmé et avec des influences Post Rock sans le côté lénifiant. Quelques tics bien actuels cependant et une production clinquante pourraient en détourner certains, se serait un tort car cet album est une BELLE réussite qui malgré son ambition n’est jamais prétentieux.
[BT]


Un chronique vite fait sur le concert d’hier : Samedi 15 octobre au Planetalis, place Robert Schumann, derrière la gare de Grenoble, un bar toujours aussi ‘improbable’ (pour être aimable).  Mais il faut se contenter de ça à Grenoble, il ne faudra d’ailleurs pas manquer : Mercredi 26 Octobre : MIKE WATT (légende, ex Minutemen, Stooges) + PAPIER TIGRE (Excellent Indie Rock avec des couilles) +  June Ashes (Rock indie à découvrir), au bar le Planetalis, place Robert Schumann, derrière la gare de Grenoble

Ça commence fort par les CROCODILE TEARS jeune quatuor grenoblois (c’était leur 2ème vrai concert), un putain de Rock solide, bien carré avec un batteur qui tient la maison, des guitares qui ferraillent puissamment et un chanteur qui assure déjà ! Pour vous situer musicalement le concert fini en force avec deux excellentes versions de ‘I got erection’ de TurboNegro, et ‘Godzilla’ du Blüe Öyster Cult (des gens de goût donc). Si les petites souries ne les mangent pas ils devraient s’ajouter à la liste des très bons groupes du cru.

Maria Goretti Quartet trio belges qui joue un puissant Space Rock (le batteur est impressionnant)… j’avoue que les longues invectives entre le groupe et leurs potes dans le public m’ont fait sortir assez vite de ce concert. Ça joue fort, technique, pour aller où, je n’ai toujours pas trouvé…

SEXY REXY avec tout le retard accumulé le duo italien n’a pût jouer que très peu de temps… Dommage moi j’ai adoré leur Psyché Noise Kraut bien barré avec l’injection de plein plein de bruits suraigus dans tout ça… Bizarre, mais assez fascinant. Le fait que le duo soit un peu dépassé par la quantité de pédales d’effets qu’ils utilisent ça rend le résultat un peu limite, bricolé, et pas totalement maîtrisé mais attachant.