J’ai bien conscience que la prolifération sur ce blog d’excellentes chroniques peut donner à croire que je ne suis pas difficile et que je m’emballe pour tout le monde.
Or il n’en est rien !
Cette impression provient du fait que vous n’avez aucune idée de la quantité de disques médiocres, insipides ou même ‘seulement moyens’ que je m’infuse chaque semaine… afin de séparer le bon grain de l’ivraie !!!
The JACK CADES
Solitary, LP, Digital
Beluga Records, Dangerhouse Skylab
J'avais été (https://voixdegaragegrenoble.blogspot.com/2023/06/chronique-kevin-k-buff-medways.html) très emballé par leurs albums au point de les chroniquer ici et (https://voixdegaragegrenoble.blogspot.com/2020/03/chronique-jack-cades-tav-falco.html) d'en diffuser plein dans l'émission depuis leur débuts !
Alors j'étais tout à la fois impatient et un peu dubitatif avant d'écouter cet album pour la 1ère fois !
4ème album pour le groupe constitué par le couple franco-britannique Mike & Elsa Whittaker, qui ont dégoté une nouvelle section rythmique et se sont adjoint un claviériste, ce qui à un peu modifié et élargi leur spectre musical !
Depuis des semaines que j’écoute cet album, je cherche à écrire une description qui soit meilleure que celle du communiqué des presse : « blends 80s new wave, 90s indie rock, and 60s garage into something that feels familiar but still new. » et je ne trouve pas mieux !
Ils/elle ont surtout introduit une grosse dose de magie, d’innocence et de fraîcheur dans leur musique !!!
En prenant le Garage Pop originel et en l’additionnant à certains éléments qui peuvent rappeler la Jangle Pop, et à quelques guitares façon C86, avec des relents quelque part entre The Chuch et The Chills on pourrait se croire revenu aux commencements de Sarah Rds et aux prémices de Creation Rds, avec une fragrance Psych Indie assez actuelle, mais avec une fragrance unique !
The Jack Cades posent ici un album UNIQUE super personnel et MARQUANT qui est un des jalon important de cette année 2026 !!!!
https://dangerhouse.fr/skylab.php
https://thejackcades.bandcamp.com/album/fade-in
[BT]
The ROUTES
Play, 10'', Digital
Ghost Highway Recordings
Poursuivant leur travail de remodelage de chansons des autres, cette fois-ci ils s'attaquent au Velvet Underground. Le principe c'est de ramener à eux plusieurs chansons du même groupe pour travailler sur le temps long pour montrer comment il re-démontent les compositions empruntées pour les réassembler à leur sauce.
Les mettre à sa pogne quoi !
Précédemment ça (https://voixdegaragegrenoble.blogspot.com/2023/11/chronique-celbate-rifles-celibate.html) fonctionnait formidablement bien !
Comme cette formule si bien, pourquoi ne pas continuer ?
Surtout si c'est toujours aussi bon ?
Sur ce superbe 25 cm The Routes s'offrent à revisiter en version Surf / Twang rien de moins que : “I’m Waiting For The Man”, “Femme Fatale”, “Venus in Furs”, “Run Run Run”, “All Tomorrow’s Parties”, “There She Goes Again”.
C'est gonflé, voire même couillu !
Mais le défi est relevé haut la main...
Parfois on reconnaît la chanson originelle, mais souvent pas moyen de retrouver sauf à être un inconditionnel du VU et ultra attentif à la façon dont tout ça a été réarrangé le titre de départ sans pour autant que cette re-modélisation n'ai complètement dénaturée la composition de départ !
Pas un mince exploit !
L'autre étant d'ainsi proposer un disque impeccable et délectable de bout en bout !
https://ghosthighwayrecordings.bandcamp.com/album/play
[BT]
AVON
Black On Sunshine, LP, Digital
Go Down Rds
Le seul point négatif de ce disque c’est sa pochette.
Ce dont on se fout un peu quand on écoute la musique qu’elle recouvre.
3ème album pour cet étonnant trio californien, puisque le 1er est sorti en 2016, le 2ème en 2018 et donc le nouveau… là maintenant.
Quand on dit Stoner pour qualifier le style d’un groupe le plus souvent on imagine 3 barbus enfumés et la musique qui va avec...
Mais pas ici !
Avon se situe du côté Fu Manchu / Truckfighters / ou le Torche de l’album « Harmonicraft » leur plus mélodieux, on pourrait poser ce « Black On Sunshine » (un titre très judicieusement choisi) à proximité du « Berlin » de Kadavar…
Du Stoner, certes, mais allégé, mais pas light si vous saisissez la nuance ?
Puissant et riche en mélodies qu’on pourrait penser piochées pour certaines dans la Power Pop du renouveau des 90’s, avec un son et une production claire et incisive qui auraient retenus les leçons de L’Indie Rock des 90’s et du Néo Metal (uniquement pour la mise en son), et aurait des accointances Grunge et High Energy Rock’n’Roll.
Nous voici en présence d’un album palpitant et accrocheur dont il est difficile de se défaire de son emprise !
https://godownrecords.bandcamp.com/album/black-on-sunshine
[BT]
IGUANA DEATH CULT
Guns Out, LP, K7, Digital
Greenway Rds
Je dois dire que quand j’ai reçu le lien promo du 4ème album de ce quintet batave j’ai été intrigué, de prime abord, par son patronyme et par sa pochette.
Puis immédiatement impacté par sa musique !
Nous voici (re)plongé dans la liberté musicale des 90’s !
Entre Indie Rock et Art Pop Iguana Death Cult pioche des éléments disparates : on pourrait aller jusqu’à Fugazi / Chockebore… d’un côté et quelques racines plus Psych Garage early 2000...
Il y a un versant foutraque qui peut faire penser à un Fantômas débarrassé de son attitude de branleur, car il semble qu’il y a une méthode dans la folie des Iguana Death Cult et elle s’appelle : chansons !
Car en dépit de l’impression de compositions déconstruites, les néerlandais proposent vraiment des titres mémorables et très attachants !
Avec une certaine morgue ‘à l’anglaise’ qui pourrait rappeler Art Brut, avec une petite touche de Post Punk plus ou moins dansable, et une vraie attitude Punk qui dit toujours : « on en à rien à battre des normes on fera comme on veut ! »
C’est frais, avec une production intéressante, une instrumentation et des tempi variés au sein de titres ramassés pour ne jamais lasser !
Ce qui explique le plaisir toujours renouvelé en dépôt (ou à cause?) de sa bizarrerie, qu’on a à remettre le disque sur la platine !!!
https://iguanadeathcult.bandcamp.com/album/guns-out
[BT]
En concert :
Jeudi 4 Juin : IGUANA DEATH CULT (Indie Psych Garage, Pays Bas) + AFTER GEOGRAPHY (Pop Power), au Brise-Glace, à Annecy
https://www.facebook.com/events/2374234903044643
https://aftergeography.bandcamp.com/album/a-hundred-mixed-emotions
https://iguanadeathcult.bandcamp.com/album/guns-out
Chronique à lire ici : https://voixdegaragegrenoble.blogspot.com/2025/10/chronique-tribute-aux-flashcubes-vroom.html
JAMES ROBERT BAKER
Diables blancs, 288 pages, 20,90 euros
Monsieur Toussaint L’Ouverture
Je remercie l’ami Sylvain Ansoux d’avoir mis la couverture de ce livre son son Facebook, je remercie la bibliothèque de Bonneville (le 7.4 en force) de l’avoir mis en présentoir.
Je remercie surtout Monsieur Toussaint l’Ouverture pour son splendide travail d’éditeur ! Car voici un véritable page turner, qui vous fait le même effet qu’une décharge de Speed !
Peut-être un chouilla un peu en dessous des louanges critiques qu’il déclenche, mais à peine un peu de dessous !
Car il y avait bien longtemps que je n’avais pas été autant pris par une lecture (pourtant je suis sur un très bon trend au niveau de mes choix de bouquins en ce moment) : pas moyen de fermer l'œil avant d’en avoir achevé la lecture !
Une grande fluidité stylistique, une bonne structure narrative des personnages bien campés mais pas exempts de clichés (comme nous tous ?), un rythme qui ne faiblit jamais et une histoire qui avance sans cesse, vous accroche immédiatement à la lecture frénétique de ce roman qui parfois charge un peu la mule, mais ça n’est même pas un défaut : cela fait parti de son charme !
Le côté vrai/fausse confession, true-crime… on connaît déjà, mais ici c’est brillamment exécuté !
Le gars est pas mal perché
le personnage qui raconte
et l’auteur qui est derrière
Par moment j’en viens à me demander s’il ne s’agit pas d’une supercherie par un écrivain actuel qui aurait créé cet ‘auteur culte des 80’s & 90’s’… mais j’ai du mal à croire que notre époque actuelle soit encore capable de produire des gens d’un tel talent ! Mais quelqu’un d’assez malin (et cynique) pour réaliser un coup ?
En fait peu importe que James Robert Baker ait vraiment existé (allez vérifier sur grogle si ça vous tente) ou s’il est le fait d’une manipulation littéraire.
Puisqu’il est mort depuis longtemps et que son œuvre est quasi inconnue ici, on peut la décrire comme ‘culte’, rejouer l’Artiste Maudit, projeter dessus nos préoccupations / névroses actuelles et fantasmer l’écrivain…
et en vous racontant tout ça je suis raccord avec un des nombreux aspects du livre qui est conté du point de vu d’un écrivain qui a fait beaucoup de pognon en racontant une histoire vraie, un de ces meurtres sanglants qui fascine tant, puis à écrit un « VRAI » grand roman qui bien sûr ne s’est pas vendu, et cherche donc à refaire un gros coup (de pognon) !
Ce qui fait croire que ce livre date véritablement des années 90, ce ne sont pas les nombreuses références pop culturelles disséminées dans ses pages, mais le fait que la littérature y est vu comme un fait culturel important.
C’était le bon temps !
Mais peu importe tout ceci :
Voici un VRAI BON ROMAN
comme on en lit que tous les 4 o u 5 ans
et vous ne devriez pas passer à côté !
Vraiment pas !!!
https://www.monsieurtoussaintlouverture.com/produit/diables-blancs
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