mercredi 26 mars 2014

Chroniques : Les RIVALS + The OATH + DIRTY FONZY


Les RIVALS
S/T, LP, Digital
Casbah Rds – Mauvaise Foi Rds
Bien qu’ils aient tous été très bons, aucun des EPs de ce quatuor qui ont précédés ce BRILLANT premier album ne laissait penser qu’on allait se prendre une telle claque !
Les Rivals sont vraiment fait pour le format LP car leur musique est riche de beaucoup de facettes / instruments / inspirations / arrangements. Et que la durée leur permet de faire l’amalgame pour que la mayonnaise prenne.
Les ingrédients sont : Psy Garage, 60’s Pop, moderne Mod et même un peu de Brit Pop (entre Art Brut et le Blur de la période minettes, leur meilleure), du Paisley Underground, l’innocence de la scène revival Psyché Garage 80, et même de la Pop Baroque (Sagittarius, West Coast Pop Art Experimental Band…).
Bref de quoi faire bien autre chose « qu’un album de Garage de plus », et de quoi ne pas se retrouver confondu avec le tout venant de cette pseudo scène Psyché qui n’en finit plus.

Les Rivals sont GRANDS et GENEREUX et INVENTIFS et, surtout, EXCITANTS !

Ce premier album est une merveille comme il n’en sort que 3 ou 4 par an. Oui je sais on n’est seulement au mois de Mars ce qui est tôt, mais si ce disque était paru l’année dernière il aurait inévitablement été dans mon Top 10 !
Un vrai chanteur avec une belle voix, un vrai talent pour composer de vraies chansons, une interprétation fine et intense, tout les éléments sont réunis pour faire un disque inoubliable. Le genre à me redonner espoir dans l’être humain et à croire en l’Amour ! UN MUST !
[BT]
En concert : Samedi 19 Avril : Les RIVALS (Garage Punk Sixties) + PLUTONIUM BABY (Wild Garage Punk, Italy), au Mistral Palace, à Valence

The OATH
S/T, LP, CD, digital
Rise Above Rds
Très intriguant premier album pour ce groupe fondé par deux blondes : Linnea Olson la guitariste suédoise, et, Johanna Sadonis la chanteuse allemande. Malgré les qualités indéniables de ce disques je crains qu’elles n’échappent pas au syndrome qui frappe le plus souvent les groupes dans lesquels se trouvent de jolies filles : celui du mépris et de la condéscendance. Pourtant se serait une erreur de se limiter à la pochette de ce 1er LP pour se faire un avis. Car bien que pas parfait ce disque éponyme est remplit de charme !
D’abord son côté un peu bancal le rend très attachant et le distingue de la production actuelle si pleine de groupes compétents et un peu soporifique.
The Oath par moment fait penser au Maiden du tout début pas vraiment dans la musique mais dans l’état d’esprit : brut, et également tendant vers la sophistication !
Doom tempéré Hard Rock 70’s + un côté NWOBHM (façon Blitzkrieg/ Witchfinder General / Raven… pas les plus talentueux, mais qu’est-ce qu’on les as aimés), un poil de Stoner (celui de l’école Grand Funk Railroad), du Heavy Rock aussi et un petit côté Psychédélisme occulte… pas mal d’éléments mélangés pour aboutir à une musique qui n’est pas parfaite, sans doute parce qu’elle n’a pas l’ambition de l’être, mais qui EXISTE et qui devrait intéresser les vrais fans : ceux qui sont capable de chercher et d’écouter réellement la musique pour ce qu’elle est !
La section rythmique de The OATH est constituée par Simon Bouteloup (Kadavar, ex Aqua Nebula Oscillator) et Andrew Prestidge (Angel Witch / Winters) se qui situe le niveau ! Et s’est sortit chez Rise Above un label qui se trompe rarement dans ses choix, et ce premier disque de The OATH ne fait pas exception. A vous de juger !
[BT]


DIRTY FONZY
Riot in the pit,
Delete Your Favorite Rds
Il y a un truc que j’apprécie beaucoup avec les Dirty Fonzy (en plus de la musique) c’est que leurs albums ne se ressemblent pas !
Leur précédent avec ses titres courts percutants et rapides m’avait bien éclaté mais également un peu laissé sur ma faim. Sur ce nouveau LP je m’y retrouve bien ! Avec un parfait équilibre entre des titres Pop Punk / Hard Core Mélodique, (appelez ça comme vous voulez) qui dévalent la pente sur un tempo élevé, qui sont tempérés par des chansons plus Punk Rock 77 mid tempo parfois même limite ‘pausées’.
Bref la bonne alternance / le bon dosage / le bon rapport entre vitesse & puissance, et, mélodies. Un son simple, franc et percutant idéal pour mettre en valeur ces 13 chansons. Une superbe pochette et un excellent nom d’album, bref la cuvée 2014 des Dirty Fonzy est un super cru !!!!
[BT]


lundi 3 mars 2014

Chroniques:CANNIBAL MOSQUITOS+The ELECMATICS+SATELLITE JOKEY

CANNIBAL MOSQUITOS
Surfin love party - LP, CD
Dirty Witch Rds
Pour leur 2ème long player le trio réalise un concept album sur le sexe. Le sexe comme une allégorie de la Surf Music Instrumentale : c’est un peu toujours la même chose, mais quand c’est bien fait : QUEL PIED !
Leur 1er album montrait un groupe incroyablement doué pour jouer avec les conventions du genre et tirant son épingle du jeu avec brio, réalisant un disque complet se plaçant sur le dessus du panier.
Pour se « Surfin love party » ils se surpassent !
Parfois la Surf Music instru semble être le refuge de guitariste de Métal frustré et vainement technique, mais pas de ça chez les Cannibal Mosquitos. Ils savent jouer fin et délicat quand il faut, comme pour le sexe ils injectent de la fougue et de la passion quand c’est nécessaire !
Bref toujours très Rock et viril dans l’esprit les Cannibal Mosquitos ne débandent jamais tout au long de ces 13 titres.
[BT]
En concert : Jeudi 6 Mars : CANNIBAL MOSQUITOS (Surf) + DJ Gravedigger, au Trokson, à Lyon. Entrée libre
Et :
Vendredi 7 Mars : CANNIBAL MOSQUITOS (Surf), au Bistro des Tilleuls, à Annecy
Et :
Samedi 8 Mars : CANNIBAL MOSQUITOS (Surf), au Poulpe, à Reignier (74)
Et :
Dimanche 9 Mars : CANNIBAL MOSQUITOS (Surf), au Saint Antoine, à Mâcon

The ELECMATICS
Hypnos, LP
Alps Cretin, Urgence Disk, tail Crush, Crapoulet Rds
J’avais adoré le 1er EP de ce duo guitare/chant, batterie d’Annecy. Un premier essais où tout était réussit du son aux compos jusqu’au nom de leur propre label : Alps Cretin Rds. J’espérai donc beaucoup de la suite !
Qui s’avère être un album. Et là aussi : UNE REUSSITE !
Un son plus précis et puissant pour ces 11 titres, plus marqués Psychobilly et un poil moins Trash’O’Billy. En revanche ça charcle toujours autant !
C’est brut. Voir brutal parfois. On sent les influences Punk remonter (limite early GBH pour le côté abrasif des guitares), ou des trucs de Garage Punk très musclés à la Teengenerate / Gories / Supercharger.
Si vous avez aimé vous faire bousculer par les Demon Claw alors ce 1er album des Elecmatics va vous enchanter.
Surtout si vous n’êtes pas réfractaire au Psychobilly. Attention cependant les Elecmatics ne sont pas un groupe revivaliste qui reproduit à la lettre une formule inventée ils y a 50 ans. C’est un groupe contemporain qui puise à plusieurs univers pour créer sa propre musique (c.f. certains passages bruitistes qui n’auraient pas dépareillés chez les Chrome Cranks des débuts).
Bref : du solide, du super bon, de l’ultra efficace, et parfois de l’étonnant ! Vive les ELECMATICS !
[BT]
En concert : Vendredi 21 Mars : The ELECMATICS (duo garage/psycho), au Bistro des Tilleuls, à Annecy
Et :
Vendredi 28 Mars : The ELECMATICS (duo garage/psycho), à Urgences Discs, le magasin de disques de l’Usine, à Genève. 18h.
Et :
Vendredi 11 Avril : The ELECMATICS (duo garage/psycho), à l’Oasis bar Pub, à Chambéry
Et :
Vendredi 25 Avril : The ELECMATICS (duo garage/psycho), au Bar des Capucins, 69001 Lyon

SATELLITE JOKEY
Stars, CDr, Digital
Another Records
A la 1ère écoute je m’étais dis : « c’est quoi ce truc ? » car cet album sort du conformisme / carriériste de l’Indie actuelle, de ses productions standardisées ‘tout confort’ et pasteurisées. Avec beaucoup de fraîcheur, d’innocence, voir d’ingénuité Satellite Jokey bouscule les formats et l’auditeur sans sombrer dans l’abscond, l’inécoutable / l’inutile, et moi  : j’aime ça !
La plupart des titres s’enchaînent mais ils sont tellement différents les uns des autres que c’est très judicieux. Dans le même temps les Satellite Jokey sont capable de faire cesser une chanson brutalement juste parce que c’est parfait ainsi.
Parfois dans une même chanson cohabitent une basse avec ‘effets dub’ et des cymbales limites free jazz. D’autres fois leur Indie Pop synthétique peut rappeler les années 80, pas comme une référence nostalgique mais comme si les 80’s c’était hier et, donc, encore pertinent aujourd’hui.
Ils/elle sont aussi capable de pondre un hit imparable « Your black cloud » tout en fraîcheur et guitares Dream Pop / Shoegaze. Une bombe !
Et puis avec leur batterie d’effets ils osent aller jusqu’au criard et c’est désormais tellement rare. Alors parfois leurs excès les poussent un poil trop loin. Mais ça contribue là encore au charme de cet album.
Car se disque se remarque d’abord par la qualité de ses titres, mais aussi parce qu’il sort des sentiers rebattus grâce à ses mélanges et ses choix de productions gonflés !
[BT]
En concert :
Samedi 8 Mars : SATELLITE JOCKEY (Noise-Punk / Indie Pop) + BERNADETTE 3 (Post Rock Post Hip-Hop), à la Boulangerie du Prado, 69 rue Sébastien Gryphe, 69007 Lyon. Gratuit.
Et :
Mardi 11 Mars : SATELLITE JOCKEY (Noise-Punk / Indie Pop) + BERNADETTE 3 (Post Rock Post Hip-Hop), au Ninkasi Kao, à Lyon. Gratuit.
Et :
Mercredi 26 Mars : SATELLITE JOCKEY (Noise-Punk / Indie Pop) + MOUNT ANALOGUE (Pop Psyché) + The PIROUETTES (Pop Electro), au Brise Glace, à Annecy. Gratuit.



mardi 25 février 2014

Chroniques:The SKEPTICS+BABY WOODROSE+The TAIKONAUTS

The SKEPTICS
Black, Lonely and blue, LP, Digital
Groovie Rds
Dès la pochette noire et blanche avec son gros grain de photo l’univers des Skeptics se révèle un peu à vous : rugueux, sâle, apre. Une impression tempérée par le bleu ciel du vinyle marbré de blanc qui est à l’intérieur.
Musicalement les Skeptics flotent entre ceux 2 poles. D’une part leur Garage Punk est bien rapeux, fort et cradingue. Alors que d’autre part ils (elle) font la part belle à des idées qui apportent beaucoup aux 8 chansons ici présentent. Car les Skeptics sont subtilent dans la rugosité. Et le son fait par Lo’Spider dans son hantre du Swampland studio est exactement ce qu’il faut à cette musique. Ici pas d’aspartame pour les hypsters, mais du Garage Punk qui flirte avec le Trash / Budget Rock. Unpetit côté Billy Childish (mais discrètement, les Skeptics ne sont aucunement des copieurs). Une pincée de Sixties (même remarque que dans la parenthèse précédente). Des amplis qui crachent et de la Fuzz qui arrache, mais avec tempérance et équilibre.
Une forte personnalité forgée sur la route à travers l’Europe, qui pond des bonnes grosses chansons, pour ce que je qualifierais de : PUTAIN DE BON ALBUM !!!!
[BT]
à ne surtout pas manquer en concerts : Jeudi 27 Février : The SKEPTICS (Garage Punk) + SUGAR KID (One Man Rockabilly Band), au Trokson, à Lyon. Entrée gratuite.
Et : Vendredi 28 Février : The SKEPTICS (Garage Punk) + KAMERADSCHAFT (Post Punk / Garage), au Centre d’Art Bastille, au sommet de la Bastille, à Grenoble. 19h30.
Et :
Samedi 1er Mars : The SKEPTICS (Garage Punk) + The STATCHES (Rock), à La Taverne de la République, 44 Rue de Carouge, à Genève

BABY WOODROSE
Kicking ass & taking names, A collection of Rare B-sides 2001-2013, LP, CD, Digital
Bad Afro Rds
Je suis vraiment très fan de Baby Woodrose depuis leur 1er album, j’avoue que la voix de Lorenzo Woodrose mélangé à leurs grosses fragrances Psyché à toujours fait effet sur moi ! Je ne possède pas tous leurs albums mais pas loin. Alors évidement cette compil de titres rares c’est un peu un fantasme de fan.
14 titres en 37 mn donc clairement ça n’est pas le versant trip Heavy Guitar Psyché de Baby Woodrose qu’on retrouve là ! Plutôt des chansons rythmés et avec de la moelle. Le côté Psy Garage quoi. Mais pas que. Comme le prouve la très réussie cover du « That’s how strong my love is », et pourtant ça n’est pas facile de passer après Otis ! D’ailleurs c’est bien la marque de fabrique de Baby Woodrose que de prendre des chansons des autres et de toujours essayer d’en tirer quelque chose qui colle à leur personnalité. Une personnalité que le groupe et son leader / mentor ont eut le temps de peaufiner depuis leur démarrage (en trombe) en 2001. Eux ne font pas parti des suiveurs de la vague psyché (est-ce le sens du titre vindicatif de cette compil ?) mais sont parmi les vrais devanciers !
Avec cet assemblage de titres hétéroclites le trio danois prouve qu’il est toujours unique et performant quelque soient les conditions !
P.S. : Baby Woodrose annonce déjà son nouveau single pour Avril 2014. Ils lâchent pas l’affaire. Nous non plus !
[BT]

The TAIKONAUTS
Mysteriis Alienis Mundi, LP, CD, Digital
Dirty Witch / Productions Impossible Rds
2ème album pour ce quatuor toulousain de Surf Music instrumentale. J’avais été subjugué par leur 1er sortit en 2010 j’ai mis plus de temps à m’emparer de celui-ci. Car la recette étant sensiblement la même l’effet de surprise ne joue plus. Mais comme cette recette est très bonne le plat qu’elle propose est réellement TRES BON alors pourquoi bouder son plaisir.
Héritiers de la Surf Music instru classique des late 50’s / early 60’s (et de tous ceux qui ont maintenu cette tradition en vie depuis) les Taikonauts dynamitent le genre (avec amour) en rajoutant à leurs titres tout un tas d’extraits de dialogues de films de série B à Z.
Ce qui n’est pas vraiment nouveau certes, mais les Taikonauts n’utilisent pas ces bruitages / extraits / bandes annonces pour faire la transition entre deux morceaux mais comme éléments structurants de leurs compositions. Ce qui aboutit à un album qui ressemble joliment à la B.O. d’un film imaginaire. Une sorte de super-production où les acteurs parlent anglais / français / espagnols / japonais, remplit de savants fous, d’apprentis dictateurs, de Cowboy de l’espace… Avec même un hommage (sous forme de Flamenco Surf ?) à Pulp Fiction.
Twang / Staccato / Reverb’ toutes les figures du genre sont bien là ! Revisitées / revitalisées par la fougue et l’envie des Taikonauts de produire un véritable album conçu en tant qu’une œuvre unique (alors qu’à mon goût ce genre souffre de trop de disques qui ne sont que l’empilement de clichés et de démonstrations stériles). Un album pensé, réalisé avec talent, magnifiquement présenté avec une production de grand luxe !

[BT]

mardi 18 février 2014

Chroniques : Maria Goretti Quartet + No Guts No Glory

Maria Goretti Quartet
14 :02, LP, CD, Digital
Tandori Rds / Love Mazout  Rds / Rockerill Records / Hovercraft Rds
Encore un de ces groupes actuels que tu ne peux pas ranger dans une seule case. Un peu de Post Math Rock, un peu de Hard Core Noisy 90, un peu de Punk dansant façon Brooklyn. Et même parfois des moments assez Indie Rock. Ce 2ème album pourrait sonner comme un gloubiboulga, mais ça n’est pas le cas !
Comme son nom le laisse subodorer ça n’est pas le disque le plus aisé à saisir de  prime abord. Mais les auditeurs patients seront récompensés car voici un album riche et subtil, mais  également : puissant. Passée les premières fois chaque écoute vous rend plus à même d’apprécier les différents éléments, ainsi que le tout. Et ça n’est pas un mince exploit. Un album avec beaucoup d’intérêt et de charme ! Et je sais pourquoi : ils sont franco-belges. Un bon mélange !
[BT]

No Guts No Glory
Yes we have party skills,
Delete Your Favorite Rds
Ce quintet fait partie de la remuante scène valentinoise (de Valence, dans la Drôme), ils sévissent depuis 2004 et sortent là leur 3ème album (en co-prod franco-russo-belge). Comme tous les groupes de ce coin ils jouent aussi dans d’autres projets et ils ont beaucoup tourné en Europe et dans les Pays de l’Est.
Cependant ils ont trouvé assez de temps pour composer et enregistrer 14 chansons qui enchanteront les fans de Hc Mélodique / Pop Punk / Punk à roulettes.
Beaucoup moins lassant que la majorité des albums du genre grâce à l’adjonction d’éléments qui viennent du Punk 77, de la Power Pop (très Power), voir d’une filiation ‘anglaise’ genre MC4 / Leatherface.
Des morceaux conçu comme des hymnes fait pour être reprit par le public dans le snake pit (et qui régalent aussi un max sur l’album), ainsi que des titres plus courts et percutants qui avoinent sévère. Et aussi de vraies chansons.
Bref un disque savamment construit, et palpitant sur tout le trajet.
La face A de cet album est formidable.
La face B tue sa mère !
Avec cette 3ème œuvre No Guts No Glory élève son niveau jusqu’à tutoyer Hüsker Dü.
Impressionnant !
[BT]
En concert : Samedi 22 Février : NOT SCIENTISTS (Punk Rock) + NO GUTS NO GLORY (Pop Punk) + BAD CHICKENS (Punk Rock) + ROMANS CITY FUCKERS (Punk’n’Roll), à La Cordonnerie, à Romans Sur Isère
http://lacordonnerie.blogspirit.com/                                                                                                         
https://www.facebook.com/notscientists?fref=ts



lundi 10 février 2014

Chroniques:The LIMINANAS+YVY+NOT SCIENTISTS

The LIMINANAS
Costa Blanca, LP, CD, Digital
Trouble In Mind Rds
La formule rapide définie ce duo mixte de Perpignan (et leurs nombreux accompagnateurs) comme : la rencontré du Velvet Underground et du Gainsbourg sixties, est vraie. Mais trop réductrice !
Avec ce 3ème album les Liminanas perfectionnent, modifient un peu et surtout bonifient encore leur formule unique. Dès leurs débuts ils sont arrivés avec une musique immédiatement identifiable comme du Liminanas et pas autre chose. Moi je les ai découvert avec leur album précédent que j’ai tellement aimé que j’étais persuadé d’être déçu par celui-ci. A tel point que je ne l’ai pas acheté à sa sortie. Comme j’avais tord !
Effectivement ce Costa Blanca est différent, un peu déstabilisent. Mais dès la 2ème écoute l’envoûtement marche à plein et je me suis fais totalement avalé par l’univers un brin mystérieux des Liminanas.
Pop 60’s / weird yéyé / Psychédélisme malade, beau et inventif pour cet album marqué par l’idée du voyage / du trip, et par la Méditerranée (l’Italie, l’Espagne, le Maroc…).
Moi qui n’aime pas quand ça chante en français je suis hyper convaincu. A tel point que pour la 1ère fois de ma vie j’ai utilisé le coupon de téléchargement qui est avec le vinyle pour me faire un CD afin de pouvoir l’écouter même quand je suis loin de ma chaîne hi-fi.
Production soyeuse et vénéneuse, chansons programmatiques « Votre côté yéyé m’emmerde », fulgurances soniques, ruptures, mélodies, chansons… il y a tout ce qu’il faut sur cet album qui est une sorte de méga fantasme pour tous les amoureux du Rock d’ici qui fait la nique à ce qui se fait ailleurs.
Elégance, intelligence, innocence, talent !!! ENORME TALENT !!!
[BT]
En concert : Samedi 15 Février : The LIMINANAS (Pop Sixties / Garage Rock) + MAGNETIX (Garage Noisy), au Clacson, à Oullins (69)

YVY
Modern Barn Dance Music, LP, Digital
Bang Bang Rds
Stanley Roadrunner avec son nouveau groupe paye toujours son écot à la figure de Billy Childish comme durant son passé chargé (The Squares / Thundercrack) mais le tout dans un style assez Indie actuel. Un peu comme si lui, et, ce qui est en vogue actuellement avaient fait la moitié du chemin pour se rencontrer. Cette fidélité s’avérant payante, tant ces sources d’inspirations ont fini par beaucoup irriguer le Rock contemporain.
Ce qui les distingue définitivement de la musique pour hipster c’est le son de cet album : BRUT. Limite brutal (comme dans « Y a pas à dire, c’est du brutal »). Pas un son fabriqué pour passer sur des grosses radios commerciales ou être intégré à des jeux vidéo… LE VRAI TRUC, quoi !
La formule de YVY est aussi pour beaucoup dans ce sentiment de vérité : Guitare/chant + guitare baryton/chant + batterie/chant ; enregistrement dans le studio perso du taulier, sur des guitares et amplis qu’il a fabriqué.
Ça sonne donc un peu rêche mais sans écorcher l’oreille, ça la nettoie de tous les trucs pasteurisé qu’on doit s’enfiler. La présence de King Automatic (orgue/piano) sur certains titres est un brillant apport ! A chaque écoute de ce disque mes chansons favorites changent. Elles sont au nombre de 10 et constituent un vrai album cohérent et excitant dans son intégralité. L’enchaînement des 3 dernières a un gros goût de reviens-y qui fait souvent craquer pour le rejouer !
[BT]

NOT SCIENTISTS
Leave stickers on our graves, CD, vinyl
Delete Your Favorite Rds
Ce quatuor constitué de 2 ex UncommonMenFromMars et de 2 Not Guts No Glory sort là sont premier 6 titres. Si les voix rappellent forcément les défunts Unco, les différences entre les 2 groupes sont nombreuses et flagrantes !
Tout d’abord un son et un prod’ simple, naturel et respirant. Entre le clacissisme du punk 77 et les standards contemporains, elle se laisse oublier pour laisser la place aux compos. 6 chansons en 17 mn ça n’amuse pas le terrain, sans pour autant blinder à fond. Le bon équilibre : dans les tempos, comme dans la balance entre les mélodies des guitares, les voix, et la rythmique.
Ce 1er EP / mini album est d’un impact immédiat et son intérêt se poursuit au long des nombreuses réécoutes car ses chansons sont tellement réussies qu’elles donnent l’envie de le rejouer encore et encore. ça fait penser aux Buzzcocks, pas forcément dans la musique, mais surtout dans la facilité à pondre des mini hits tellement simples et marquants. Tout le disque parait incroyablement naturel, comme faisant partit de notre Histoire commune.
Sobriété, efficacité !
Six chansons qui distillent de la joie et de l’envie !
IMPARABLE !!!
[BT]

En concert :
Jeudi 13 Février : NOT SCIENTISTS (Punk Rock), à Urgence Discs, le magasin de disque de l’usine, à Genève. Showcase à 18H. Prix libre.
Et :
Samedi 22 Février : NOT SCIENTISTS (Punk Rock) + NO GUTS NO GLORY (Pop Punk) + BAD CHICKENS (Punk Rock) + ROMANS CITY FUCKERS (Punk’n’Roll), à La Cordonnerie, à Romans Sur Isère
http://lacordonnerie.blogspirit.com/                                                                               
https://www.facebook.com/notscientists?fref=ts
Et :
Vendredi 28 Février : NOT SCIENTISTS (Punk Rock) + HI-LITES (Rock), au Laboratoire / MJC de Vienne (38)
Et :
Samedi 1er Mars : NOT SCIENTISTS (Punk Rock / HC Melodik) + 95C (Punk Rock), au Poulpe, à Reignier (74)


lundi 3 février 2014

Chroniques : The BARBARELLATONES + The SICK ROSE + COOPER

The BARBARELLATONES
Fake english accents, CD, Digital
Autoproduction
Bien que très très fan de ce groupe californien j'ai été décontenancé de prime abord par ce nouvel album. Notamment par ses choix de production. La rythmique a un son assez 'cheap' en tout cas dépouillé. De plus la plupart des chansons sont des mid tempos ce qui semble à la 1ère écoute donner un disque sans relief. Alors que bien évidement il n'en est rien !
Seulement avec ces 19 titres d'un seul coup nous sommes bien là en présence d'un double album très complexe. Et j'ose le mot : UNIQUE.
Bien qu'utilisant un grand nombre de références iconiques (Vincent Price, Dr Frank-N-further, Velvet Underground, Sacher-Masoch...) les Barbarellatones arrivent cependant à composer et jouer une œuvre qu'on ne peut qualifier que comme LA LEUR !
Eux définissent leur musique comme du GothaBilly twang ! Ou le batard né d'une nuit de sexe et de drogue entre Bowie et les Cramps. Ce qu'il faut en retenir c'est que le sexe, et dans une moindre mesure, la drogue, sont des sujets très largement aborder dans les textes de Robbie Quine (le chanteur qui a composé seul les 19 chansons de cet album) qui recèle aussi pas mal d'ironie narquoise.
Quoiqu'on en dise voici un disque très gonflé, dans cette période d'ultra fast consommation de la musique, les Barbarellatones proposent un album long et complexe qui nécessite de nombreuses écoutes attentives pour y comprendre quelque chose. Les arrangements ont la profondeur et la complexité de ceux du Welcome to my Nightmare.
Sur cet album, par exemple une chanson faisant explicitement référence au Rocky Horror Picture Show sur une musique qu'on pourrait croire échappée du premier Alan Vega, s'enchaine avec un titre basé sur une mélodie inspirée par la musique hawaiienne mais rapatriée à Los Angeles et remplie de voix féminines...
Est-ce qu'il existe encore des fans de MUSIQUES capables de s'immerger beaucoup, souvent et complètement pour comprendre toute la substance de cette œuvre ?
La seule référence qui me vient pour qualifier la singularité de la démarche, de la musique et de l'univers des Barbarellatones se sont les Television Personnalities. Un truc pour des Die Hard Fans. Car quand on attrape le virus Barbarellatones, c'est à la vie à la mort ! Et un album comme celui-là est une récompense !
[BT]

The SICK ROSE
Blastin' out... plus, 2CD
Area Pirata
La vache c'est pas facile de parler d'un double CD comme celui-là ! Tant il y a à dire pour vous en faire saisir toutes les qualités !
Pour fêter les 30 ans des Sick Rose Area Pirata Rds réédite leur album de 2006. Celui-ci ayant été produit par rien moins que Don Mariani. Voici une formidable œuvre de Power Pop, bien Pop avec évidement une fragrance australo-perthienne. 11 CHANSONS qui après 3 écoutes vont vous accompagner sous la douche, en bagnole, à l'usine, voir même dans des moments plus intimes. Une vraie régalade. Elles feront la joie de tous ceux qui font des émissions de radio, des compils, mixtapes, podcast du genre. Mais elles font aussi (et même surtout) un superbe album !
Sur le 2ème CD on retrouve 18 titres (et même des titres 'cachés') des early days des Sick Rose : de leur 1er EP de 1986 jusqu'à leur album 'Renaissance' de 1992. Un groupe qui à revécu plusieurs fois, sous plusieurs incarnations. Avec des débuts Garage Sixties Revival cryptic avec orgue comme j'adore. Puis une évolution Rolling Stones/ MC5 (des albums studios mâtiné de Barracudas / Dream Syndicate. Puis donc leur période actuelle qui les place en haut de la scène Power Pop européenne actuelle. En tout cas les Sick Rose ont toujours été constant dans leur capacité à composer des chansons simples, évidentes, et diablement accrocheuses. Avec un jeu de guitare fin et élégant. Un chanteur qui est juste à la bonne place. Et un joli choix de reprises dont ils savent faire quelque chose à leur main. Le double CD idéal pour vous réchauffer le cœur pendant les frimas de l'hiver, et pour siroter un Martini Bianco sous le parasol pendant l'été. Une sorte de rêve pour les fans e Rock au sens le meilleur : celui de l'élégance intemporelle !
[BT]

COOPER
S/T
LP, CD, Kicking Records
C’est déjà le 6ème album pour ce groupe hollandais, le 2ème à sortir sur Kicking Rds. Un disque enregistré par le chanteur / guitariste (et mixé par rien de moins que Bill Stevenson connu pour son travail avec Black Flag, All, Decendents…), qui a donné à son groupe un son clair et aéré, léger (mais pas petit zizi) qui passe bien en radio (je l’ai fait plein de fois déjà), sur votre Hi-Fi, dans l’ordi, la bagnole ou le baladeur. Et si je sais que ça marche partout c’est que cet album je l’ai beaucoup beaucoup beaucoup écouté !
Un vrai régal qui va éclater le bide et les oreilles de tous ceux qui se régalent de Power Pop musclée. Cooper vient de la scène Hard Core Mélodique mais n’en a jamais trimballé les clichés musicaux. Là ce qui marque surtout c’est le travail sur les mélodies et sur les vocaux. Doublement des voix et plein de chœurs viennent soutenir le chant, et ça rend chaque chanson très catchy ! Comme du Lemonheads ou du Buzzcocks pour l’efficacité et la capacité à écrire des mini hits. Mais avec une vraie personnalité !
COOPER = la meilleure définition possible du terme Pop Punk !
Un ALBUM un vrai ! Passionnant de bout en bout et soigné en tout (regardez déjà la pochette pour comprendre ce que je veux dire). C’est vraiment ce genre de disque qui me fait continuer à allé chez mon disquaire : tant que sortiront des disques qui me donnent autant de bonheur je lâcherai pas l’affaire !
[BT]
En concert : Mercredi 12 Février : COOPER (Pop Punk / Power Pop master, Pays Bas) + T.T TWISTERZ (Stoner Grunge), au Trokson, à Lyon. Entrée libre !



mardi 28 janvier 2014

Chroniques:WILDMEN + REVEILLE + ROLL IT


WILDMEN
S/t, LP, Digital
Shit Music For Shit People Rds
Depuis que j'ai découvert ce duo 'italien' par hasard j'ai toujours gardé une oreille sur leurs productions, dont la qualité n'a jamais faiblie. Et ça n'est pas ce 1er album qui va les faire retomber. Pour définir la musique de ce duo guitare/batterie leur label dit 'Raw Garage Pop'. Difficile d'être plus clair & proche de la réalité. Cet album est une sorte d'usine à chansons très catchy. Des petites et courtes chansons, mais ultra efficace par leur feinte simplicité. Si quelqu'un d'extérieur à notre monde essayait de se faire une idée de ce qu'est la scène Garage contemporaine, avec les Wildmen il ne tomberait pas loin du sommet.
La production du Outside Inside studio est claire mais puissante notamment dans la mise en valeur des différents sons de guitares. Et de la voix. Le chanteur n'est pas exceptionnel il ne fait pas d'esbroufe, mais il impose sa personnalité. Pas mal de rythmes trépidants mais pas monolithiques. Pas mal de OOh OOh et de Ah Ah Ah rendent chaque chanson judicieusement accrocheuse. Un discret hommage à la filiation Kinks / Billy Childish. Et surtout pas de moments faibles. Au contraire un album mémorable en intégralité. De la joie en barre !
[BT]

REVEILLE
Broken machines, LP, CD, Digital
Clapping Music / La Baleine -  Believe
Voici un joliment réussit album, très Indie Pop bricolo. Deuxième album pour ce trio drivé par François Virot (entre autre de Clara Clara, que je ne connais pas, mais maintenant j’ai envie de découvrir). Un son assez simple au service de compos qui ne conservent que la quintessence des chansons. Non pas des ébauches ou seulement le squelette mais ce qui en fait la sève et l'unicité. Pas d'esbroufe. Ce qui n'empêche pas une certaine complexité dans le song writing. Une sorte de juste équilibre !
Un côté Indie US 90 plutôt marqué mais sans aucune redite. Ni côté passéiste. Car la musique de Reveille est aussi dans l’air du temps (c'est-à-dire qu’elle puise dans pas mal de choses différentes en même temps pour faire émerger SA personnalité).
La musique de Reveille tient beaucoup sur la beauté de ses 2 voix, masculine et féminine, qui assurent alternativement le chant lead et apportent chacune une personnalité et une diversité aux chansons ! Même si c’est la voix de François Virot qui tient le chant le plus souvent, une belle voix, comme rarement chez un homme.
Pas de gras sur ce disque, et surtout : rien à jeter.
[BT]

ROLL IT
The Orphaned Country, CD
Autoproduction
2ème EP pour ce quatuor rennais (encore qu'avec 6 titres on tire plus vers le mini album). Apparemment leur 1er était plutôt Folk Rock, là on est plus dans un croisement entre Indie et Rock du terroir (mais genre Sud swampy comme terroir). Les 2 guitaristes chanteurs assurent le chant lead à tour de rôle ce qui donne une personnalité et un charme différent à chaque chansons.
Musicalement le cœur de Roll It balance entre tradition et modernité ce qui là aussi fait partie du charme du disque.
Qui, de plus, sonne très homogène. Avec une bonne prod' qui sait être vaste et respirante, mais sans esbroufe donnant de l'ampleur aux chansons qui sont d'un format assez long, s'étirant judicieusement, car elles ont assez de substance pour cela !
Difficile de donner une seule référence pour qualifier la musique de Roll It. Tant mieux. Disons des Left Lane Cruiser moins frénétiques mélangé à du cabaret berlinois, rencontrant un 16 Horsepower qui n'aurait pas perdu ses couilles, avec une très légère touche de Rock heroic (comme chez le premier Arcade Fire) et le tout baigné dans le Mississippi (celui mythifié qui a alimenté les Bad Seeds).
Une musique qui porte, et envahie la tête, les oreilles, et, peut-être même l'âme.
[BT]