vendredi 1 mai 2020

Chronique : LOVE COFFIN + MAINE IN HAVANA + NIKKI HILL


The LOVE COFFIN
Second skin, LP, Digital
Bad Afro Rds
J’ai déjà dis tout le bien que je pensais de leur 1er album (http://voixdegaragegrenoble.blogspot.com/2018/10/chronique-brian-henri-hooper-love.html) je ne m’attendais pas un tel foisonnement sonore. Le groupe déploie une palette de sons qu’ils assemblent de façon très puissante, dense, luxuriante, et belle !
Manifestement en enfilant ce Second Skin les Love Coffin ont passé un palier, apportant une incroyable densité émotionnelle à leur musique, en même temps qu’une grande diversité sonore !
En fait cet album est une sorte de plongée dans une vision fantasmée des 80’s revisitée 2020… Post post modern ? Sans doute, mais pas seulement ! Car ça se combine avec la liberté d’esprit des plus intéressants des groupes de la toute fin des années 70, et du commencement des 90’s…
Si ils sont allé chercher Guy Fixen pour co-produire (en compagnie de leur guitariste) cet album c’est probablement parce qu’il a bosser avec Stereolab, Pixies, Slowdive… (et cette collaboration s’avère fructueuse tant la matière sonore de cet album est dense, profonde et belle) mais ça ne semble pas bloquer le groupe ni lui mettre des barrières.
On sent bien aussi chez les Love Coffin le côté sunglasses after Dark ! Avec bien ancré au fond de leur adn le Velvet ou le Gun Club… mais c’est revu avec des couches de jangle guitars qui sont ‘trahie’ (brillamment) par des effets assez inattendus !
On peut penser ici à certains paysages sonores… (Tucson, Birmingham, Sydney, Londres, New York, L.A., Berlin…) mais rien ne semble factice ou coller comme une pièce rapporté.
Ce travail sur la matière sonore n’est de plus pas le même sur tous les titres et s’adapte aux chansons ! Et quelles chansons !
Car la réussite de cet album c’est l’adéquation entre les compos, l’interprétation, la voix et le son ! Avec un boulot incroyablement minutieux qui cependant ne sonne pas clinique. Et qui en dépit de ces éléments centrifuges l’album est un ensemble homogène qui est UNE œuvre : celle des Love Coffin !
[BT]
MAINE IN HAVANA
S/t, LP, CD, Digital
Mad / Pias
Au niveau de l’ambiance sombre tirant vers le western crépusculaire et de la grosse voix dark & habitée, Maine In Havana me rappel l’univers des trop méconnu The Raymen (http://www.theraymen.com/ si vous ne connaissez pas je vous invite vivement à utiliser utilement votre temps pour y mettre les 2 oreilles et ce qui vous reste entre). Cependant le quintet de Montpellier est pleinement un groupe de notre temps, et son chanteur est capable de moduler sa voix pour être autre chose qu’une caricature de plus de Cash/Cave (Johnny/Nick) !
Chansons de marins bourrés, Chain gang songs, Swamp Rock, Garage ténébreux, ambiance : fantasme Southern Gothic !
Tout y passe folk des laissés pour compte, Country de weirdos, et musique de cocktail de fin de nuit. Cependant Maine In Havana tiennent jusqu’à voir le soleil !
Maine In Havana est capable de faire varier ses tempi, moods et sonorités (basse ou contrebasse ça change tout), les claviers sont forts présents mais pas envahissants et ont le son qu’on aime (Hammond, Rhodes…) et la guitare sans être envahissante tisse sa toile avec discrétion mais ne perd jamais le fil.
Beaucoup de mélancolie, mais aussi quelques moments forts solaire !
On peut penser à Tom Waits, mais avec une grande musicalité qui me rappel un peu Mercury Rev.
Les 10 compositions sont fort gaillardes et rassasiantes et se révèlent gentiment au fil des écoutes ! Du bien bel ouvrage messieurs dames !!!!
[BT]
P.S. : sortie physique le 26 septembre 2020
NIKKI HILL
Feline Roots,
Hound Gawd! Rds
Belle maison que ce label berlinois, Hound Gwad! Rds, dont le catalogue recèle d’un joli paquet de succulents disques (Candy Snatchers, Pat Todd & The Rankoutsidersn Cutthroat Brothers, Rod Hamdallah, The Morlocks, Jim Jones…), dont j’ai régulièrement parlé ici et dans l’émission.
Initialement sorti fin 2018 sur l’excellent label de Chicago Bloodshot Rds, la demoiselle voit 2 excellente maison de disques se pencher sur son album, et cette sortie européenne peut laisser espérer une tournée par ici (quand ce sera possible). Ce dont on ne peut que se réjouir !
Avec Nikki Hill ils mettent la main sur un album de Soul surpuissante, qui ravira ceux qui trouvent que ces dernières années la ‘Revival Soul’ s’était affreusement aseptisée. Avec ça très belle voix à la Lisa Kekaula (en un rien moins hurleuse), ici on est pas loin du génial 1er album de Now Time Delegation. Bref Nikki Hill penche du côté qu’on préfère : celui de la musique qui à de l’âme et un maximum de sève !!!
Avec une vraie personnalité, un côté bien roots, une grande force d’interprétation et des chansons qui s’écoutent et se réécoutent avec joie et bonheur !
[BT]

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